ACTE CINQUIÈME
Et les oiseaux ont fui vers le ciel étoile.
Plus vite encor tout mon bonheur s'en est allé.
Les folles se détouruent en pleurant.
Ne vous éloignez pas, enfants ! Cette couronne
Que tant d'ambition et de haine environne,
Je veux que ce soit vous qui me l'ôtiez du front.
Pendant que les folles lui retirent le petit diadème. .
Quand je ne l'aurai plus, qu'est-ce qu'ils en feront?
Elle leur prend la couronne des mains, elle la regarde.
Pour un homme, elle est bien trop petite et trop frêle. Hélas ! qu'elle est jolie. Elle me faisait belle. La lueur des joyaux, c'est mon nom figuré : Fiammette!
Elle la leur fait admirer.
Sous la perle et le rubis pourpré Chaque ramille d'or si frêle qu'elle bouge S'étoile d'une fleur qui serait blanche et rouge.
Elle baise la couronne.
Je l'aimais !
En ce moment, des voix, point trop lointaines, entrent par la fenêtre.
LES VOIX
Vers rineonnu qui nous invite
On ne sait où, Est-ce le vent qui va plus vite
Ou l'oiseau fou ?
i:W LA RKINE FIAMMKTTE
OULANDA
Ecoutez! Qa'est-ce donc qu'on entend?
LES VOIX
Plus vite que la brise folle
Et l'oiseau fou, C'est notre rêve qui s'envole
On ne sait où !
VIOLA, près de la fenêtre.
Ce sont des zingari qui passent en chantant Dans les haillons de leur misère ensoleillée!
ORLAXDA,
se levant.
Fais-leur signe !
Viola obéit.
Je veux, perle à perle effeuillée, Leur donner ma couronne, à ces bohémiens...
Elle reste à la même place, à demi tournée vers la fenêtre.
Tenez, dans vos hasards moins tristes que les miens, Puissiez-vous, sans savoir même qui vous l'envoie, A mon bonheur perdu devoir un peu de joie.
Elle brise et jette une à une par la fenêtre, en parlant, les étoiles-tleurs du diadème.
Prenez! Prenez! Voici mon renom triomphant, — Et mon orgueil de reine, — et mes rires d'enfant, — Les musiques," — les vers dont notre âme est charmée, — Et le ravissement d'aimer et d'être aimée, —