DISCUSSION
Notre première observation montre un cas de nouvelle syphilis survenue trente-quatre ans après une première soignée par le mercure.
On assiste à l'apparition de la réaction qui négative le 24 octobre est nettement positive le 4novembre.
La lésion constaté était bien, d’après nous, un chancre. Nous avons dit plus haut qu'il ne faut pas attacher une irop grande importance à un Wassermann négatif, cependant une lésion qui aurait été syphilide chancriforme terliaire avait bien des chances de s’accompagner d’une séro-réaction positive sans attendre les délais habituels accompagnant le chancre.
Une syphilis assez en activité pour donner pareilles induration et ulcération aurait eu également la force, il nous semble, de se manifester par la fixation du complément.
Cette lésion pour laquelle le malade est venu consulter n’était pas syphilitique, dira-t:on, etla réactivaüon par le traitement spécifique a pu donner le second Wassermann ?
Nous répondrons : qu’eût été cette lésion de la rainure s’accompagnant d'induralion nette et cédant justement au traitement par le bismuth comme l’eut fait un véritable chancre ?
Cet homme, on devait le considérer comme guéri de sa première syphilis car il n’a pas eu de manifeslations depuis 35 ans.
Bien plus : ses deux enfants sont bien portants, de même que sa seconde femme. L'observation ne nous dit pas de quel lit sont les enfants, mais la première femme est morte de tuberculose ; encore aurait-elle été syphilitique au surplus, que la preuve des enfant et de la seconde femme nous suffit.
Reste la première syphilis, en 1887.
Quel intérêt le malade aurait-il à s’accuser d'une vérole imaginaire. Ce n’est pas là la mentalité habi-
tuelle. D'ailleurs, un médecin, un infirmier pourrait en guise de mystification décrire des lésions syphilitiques imaginaires, pas un employé des postes,
Nous avouons qu’un traitement de cinq semaines aux pilules mercurielles nous paraît un peu précaire pour guérir une sypbilis. |
Cet heureux résultat un peu inattendu ne prévaut pas contre les arguments tirés des deux mariages et des deux conceptions indemnes de tares.
La seconde observation a trait à un homme réinfecté moins de deux ans après la première contaminalion,;mais soigné par le néo.
Le chancre clinique y est avec légère induration, l’adénite est typique d’après les termes mêmes ins-