Schloetzer, Remarques sur Nestor, t. i
2. Lettre de M. Kiréevski au comte Komarovsky, sur la civilisation en Europe et ses rapports avec la civilisation russe.
3. Clerus Moscovite ac nobilitas universim rudis , neque novi ex clero aliqucm , quam unicum Epiphanium chioviensem monachum , erudiîum hominem, qui gr<ecas latinasque Utteras non modice coluit , et ex nobilitate Theodorum Michailowiîz Ertisceu , supremum aul<e czare£ prafectum, sane {hune Hollandi mercatores vocant Jesuitani , siquidem suavis est et modestus in omni actione) virum capacem , qui à dominicano jam subdiacono, latinum idioma adeo edoctus fuerat y ut discursum quemcunque intelligeret , lingua sua responsa recta daret, siquidem exercitium lingu£ necdum perfecte possidebat. (S. Glavinich.)
xij Préambule.
renaître l'amour des lettres. Il fit traduire en russe un abrégé de diverses sciences; il rassembla en un seul corps tous les us et coutumes des différentes provinces de son empire; il fit imprimer à Moscou le premier catéchisme qui ait paru en langue vulgaire ; il donna une grande extension aux livres d'église , qui ne laissèrent pas de préparer beaucoup de gens au goût de la lecture et de l'instruction.
Ce fut sous son régne que naquit l'art dramatique en Russie. — Le premier drame slavon fut représenté vers 1645 parles séminaristes de Kief, sous les yeux de leur métropolite Pierre Mohila. Ces séminaristes alloient, durant leurs vacances , visiter les grandes cités russes; ils y représentoient leurs pièces, et l'élite de la société y trouvoit autant de charme que le menu peuple. Le clergé lui-même non seulement ne s'opposa pas à ce qu'on mît en action les événemens rapportés dans l'histoire sainte, mais encore l'autorisa , et à l'église, au milieu du service divin , l'histoire des trois enfants jetés dans les flammes étoit dramatiquement célébrée dans ce qu'on appeloit la pièce du Four, pour laquelle on simuloit un four ardent devant l'autel. En 1671, le tzar Alexis fit monter un ballet mêlé de chœurs. La représentation eut lieu devant toute la cour émerveillée; des danseurs, des musiciens, avoient été amenés de fort loin tout exprès ; un prologue à la louange du tzar, péniblement appris, récité, bien entendu, par Orphée en personne, avant qu'il vînt danser entre deux pyramides mouvantes, fit tant d'honneur au poète que la meilleure production théâtrale n'en eût été nullement déparée. En 1676, des étrangers
Préambule. xiij
égayoient le tzar en représentant devant lui Comment la princesse royale Judith trancha de sa main la tête au roi Holopherne, et Comment Artaxerces pendit Aman. Mais les œuvres pour lesquelles on avoit le plus d'estime étoient les drames du moine Siméon de Polotsk, grandement soupçonné de catholicisme, qui, joués d'abord dans les couvents de Moscou, le furent aussi à la cour ( ' ). Plus tard la fille de ce bon tzar Alexis, la tzarevna Sophie, plus calomniée que coupable, jouoit elle-même le Médecin malgré lui au Kremlin, et écrivoit des tragédies qu'elle destinoit à la scène.
Ainsi ce n'est pas à un titre seulement que l'époque qui a précédé Pierre 1er est des plus intéressantes à observer. La Relation de l'ambassade du comte de Carlisle en peint naïvement les mœurs , parfois avec sarcasme; mais la Russie n'en est plus à redouter l'épigramme, et c'est précisément parce que le narrateur ne la ménage pas dans son récit qu'on peut l'en croire lorsqu'il dit en la terminant : « A dire le vrai, la cour du tzar de Moscovie est si belle , si magnifique et si bien réglée , que je puis dire franchement qu'entre tous les princes chrétiens c'est lui qui l'emporte en gloire et en magnificence (2). »
1 . L'authenticité de ces détails peut être contrôlée dans un travail sur le Genre de vie des Russes, depuis i^S'i jusqu'à 1689, par Orlof, d'où je les ai tirés, et surtout dans la première partie des admirables études sur la régence de la tzarevna Sophie, de M. Stchebalski , insérées dans le Messager russe de 1856.
xiv Préambule.
Cette Relation, qu'un juge excellent a récemment signalée comme une des œuvres les plus importantes qui aient trait à la Russie f '), peut servir à indiquer combien elle a avancé depuis le XVI le siècle, et, en même temps, combien il lui reste de progrès à faire, car ce qu'elle nous révèle quelquefois , touchant sa dévotion par exemple, semble n'être tracé que d'hier. î!ecture agréable, elle peut être consultée avec profit au point de vue historique, et j'espère que mon amour patriotique ne m'aura pas trop égaré en l'intercalant dans une série de sérieuses études pour lesquelles je ne présume peut-être pas trop de l'aménité et de l'hospitalité françoises en réclamant impartialité et indulgence.
Après avoir signalé l'importance du règne du père de Pierre 1er, il me reste à déterminer celle de cette œuvre qui s'y rapporte. — Je venois d'élaborer péniblement un catalogue de ses différentes éditions , qui toutes sont rares, lorsque M. le baron Korf a eu la bonté de me faire communiquer son travail. Comme il
I . Le baron Korf, membre du conseil de l'empire, a publié dans les Annales de la patrie de i8j j une excellente monographie de la Relation de Carliste, que nous ne saurions louer assez à notre gré , et dans laquelle , comme on va le voir, nous avons largement puisé.
Préambule. xv
est impossible de traiter ce sujet avec plus d'autorité et d'agrément que le directeur de la Bibliothèque Impériale de Saint-Pétersbourg, il ne me reste plus qu'à traduire ses observations, et j'avoue que je le fais avec un grand sentiment de joie.
« Les bibliographes les plus renommés, dit-il, mentionnent les éditions suivantes de CarlisU :
Une édition angloise, Londres, 1669.
— françoise, Amsterdam, 1672, in-12.
— — — lyoOj in-i2.
— allemande, Francfort et Leipzig, 1700, in-12.
Meiners (2) :
Une édition françoise, Amsterdam, 1672. Il ajoute que, n'ayant pas sous les yeux ni la ire édit. angloise, ni la ire édit. françoise, il ne sauroit en indiquer les dates.
Boucher de la Richarderie (j) :
Une édition angloise, Londres, 1659, in-8.
— françoise, Rouen, Namp, 1672, in-12.
1. Verzeichniss von altem und neuern Land-und Reisebeschreibungen. Halle, 1784-1785, n, 261 und 2109.
2. Vergleichung des alteren und neueren Russlands. Leipzig, 1798, bd. I, 26.
}. Bibliothèque universelle des voyages. Paris, 1808, i,
xvj Préambule.
Beckmann ("; :
Une édition angloise, de 1659, qu'il cite d'après Boucher.
Une édition angloise, de 1669, qu'il cite d'après Stuck.
Une édition Françoise, Amsterdam, J. Blaeu, 1670, in-i2.
Une édition françoise, Amsterdam, 1672, in-12.
— — — l'joo, in-12.
— allemande, Francfort et Leipzig, 1701.
Beckmann avoue que, de toutes ces éditions, il n'a vu que celle d'Amsterdam de 1672.
Watt (2) :
Une édition angloise, Londres, 1669.
La Biographie universelle {4) indique l'édition angloise précitée , les éditions françoises et l'allemande dont parle Beckmann.
Brunet{i):
L'édition angloise de Watt.
Une édition françoise, Rouen, Maurry, 1670, in-12.
1. Litteratur der aelteren Reisebeschreibungen. Gœttingen, 1809, 2 , 20J.