CHAIR ENFANT
Il aurait pu venir dans la maturité de l'âge, au moins dans l'adolescence, au moins dans la jeunesse; mais non : « Vous trouverez un enfant enveloppé « de langes. » Le Verbe s'est fait enfant d'un an, enfant d'un jour, enfant d'une heure; moins que cela, il a voulu se développer pendant neuf mois dans le sein de sa Mère, cette prison sainte et horrible; et la plénitude de sa raison dont il jouissait ne servait qu'à lui faire mieux sentir L'infirmité et l'humiliation de son état. « Le Verbe s'est fait chair, chair faible. « chair impuissante, chair impropre à tout, excepté « à la souffrance. » (S. bern., Serm. 3 de Xativ.)
Ici, toutes les grandeurs du Verbe paraissent anéanties : son éternité, il vient de naître ; son immensité, il est renfermé dans un berceau ; son empire universel, il est dans la plus absolue dépendance ; son immutabilité, il va grandissant, avec l'âge ; sa sagesse, il ne bégaye pas encore ; sa puissance, il n'a pas la force de se remuer ; sa majesté, deux pauvres personnages composent sa cour ; sa bonté, au lieu de donner, il faut qu'il reçoive tout, jusqu'à une goutte de lait.
Troisième anéantissement. Le Verbe s'est fait