‹ La religion à Rome sous les SévèresChapitre 13 sur 41 · VUI · texte numérisé non relu

VUI

(ou au Soleil invincible et à Apollon), à la Lune, à Diane, à la Fortune, à Mars, à la Victoire, à la Paix (1). i> Ailleurs la liste des dieux honorés est moins longue, mais présente des combinaisons bizarres, comme celle-ci : « à Jupiter Optimus Maximus et aux Nymphes, » par un corps de cavaliers fourrageurs (2). Ailleurs encore les dieux sont associés pour des raisons d'ordre purement extérieur. Ainsi les Gaulois, habitués à adorer un dieu à la roue qu'ils identifiaient avec Jupiter^ associent dans leurs inscriptions la déesse Fortune à Jupiter, parce qu'elle a également l'emblème de la roue (3).

En étudiant les inscriptions, on remarque une différence très sensible entre le syncrétisme tel qu'il se manifeste chez les adorateurs des dieux orientaux et le syncrétisme appliqué aux dieux de la Grèce et de Rome. Le premier aboutit à Tidentification des dieux; ce sont simplement des dénominations différentes qui désignent un même dieu ou un même couple de dieux. Aussi les inscriptions où les dieux orientaux sont invoqués de concert avec d'autres dieux sont-elles relativement rares. Lorsqu'il y a plusieurs noms, ils expriment autant de synonymes du nom principal. Le syncrétisme appliqué aux dieux de la Grèce et de Rome, tend au contraire à un polydémonisme panthéistique vague, mal défini, où la personnalité du dieu devient flottante. Chaque dieu y est plutôt considéré comme une forme particulière, une face distincte de la divinité absolue. Aussi n'y a-t-il dans ces conditions rien de plus naturel que d'honorer un grand nombre de dieux à la fois ; on rend ainsi un culte à la divinité en la saisissant sous le plus grand nombre d'aspects bienfaisants. Où nous disons aujourd'hui : Au Dieu souverain, qui règne dans les cieux, qui répand la lumière et qui distribue la sagesse, au Dieu qui dispense la guerre et la paix » etc., — le païen syncrétiste disait : « à Jupiter Optimus Maximus, à Junon, à Apollon (ou à Sol), à Minerve, à Mars (ou au Génie de la Victoire), à Pax, » etc.

Pour simplifier les choses il y a des inscriptions adressées à

(1) Orelli, 1270.

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