CL I., VIII
(3) Voyez H. Gaidoz, Le dieu gaulois du soleil et le symbolisme de la roue {Rev, Archéol.y mars-avril 1885), p. 194 : J. 0. M, et Fortunw reduci, inscription de Dijon {Bulletin épigr, de la Gaule, I, p. 58).
toute une catégorie de dieux, par exemple aux dieux militaires (1) ou aux déesses marines (2) ; mais bien plus souvent encore elles sont destinées à tous les dieux et à toutes les déesses (3). C'était logique ; on était sûr de ne pas oublier une seule face ou une seule fonction de la divinité. On en vint même à représenter tous les attributs des divers dieux autour d'une figure unique. Ce sont les Panthea qui furent recherchés comme amulettes (4). Suivant les inspirations individuelles tantôt un dieu tantôt un autre servit de centre à cet amalgame d'emblèmes variés. Il y eut même des dévots qui donnèrent la préférence à Priape (5). Poussé jusque-là, le syncrétisme gréco-romain ne se distingue plus guère du syncrétisme dans les cultes orientaux, puisqu'il fînit par prendre tantôt un dieu tantôt l'autre pour le dieu suprême dont les autres ne sont que les doublures (6).
Les dieux eux-mêmes encouragent par leur exemple les combinaisons et les confusions du syncrétisme. Us s'offrent l'hospitalité dans leurs temples respectifs; ils s'entresoutiennent. Déjà dans une antiquité plus reculée les dieux étrangers, proscrits par les villes grecques, avaient mainte fois trouvé un asile auprès d'autres dieux dont le culte était autorisé (7). Au m" siècle de notre ère ce n'est plus par nécessité, c'est par goût que leurs adorateurs les associent. Les dieux les plus distincts par leur origine sont adorés dans le même temple, par exemple Apollon et Sirona, Mercure et Rosmerta, Isis et la Grande Mère (8). Tantôt ils forment une cour divine destinée à rehausser la gloire de la divinité principale, comme dans ce
(1) C. I. L., III, 6224 : Dis militaribus Genio Virtuti Aquilœ sanctœ Signisque Leg. I liai,, etc.
(2) VII, 319 : Beahus matribus tramarinis et numini imp, Alexandri Aug. et Jul, Mammeœ, etc.
(3) C. I. L., III, 1061 (J. 0. M. et Consessui Deorum Dearumque) ; III, 3418, 3899 (Diis Deabusque omnibus Genio loci), 3903; VIII, 8710 [j, 0. M. Ceterisque Dis Deabusque), 9233; VI, 224 {Herculi invicto et Dlbus (sic) omnibus Deabtisque), etc.
(4) Cfr. Marquardt, Rom. Staatsv,, III, p. 106; C. L L., VI, 100.