C. J. L., VI
(6) Ausone, £pt^r., 30.
(7) Voyez Foucart, Des Ass, rel. chez les Grecs, p. 131 .
(8) Oreili, 2407, 5909 \C.LL,, V, 4007.
— no —
temple d'HiérapoIis en Syrie où non seulement des milliers de statues de rois et de prêtres, mais encore de nombreuses représentations de divinités authentiques ornent le sanctuaire (4). Tantôt ils prescrivent simplement à leurs fidèles de rendre hommage à un autre dieu. Ainsi la sainte Déesse Céleste de Carthage ordonne à l'un de ses adorateurs d*élever un autel à Mercure (2). Jupiter de Doliché, un Baal, fait offrir un autel de marbre à la sainte Junon (3) ; et les dit montenses, c'est-à-dire les dieux des sept collines de Rome, ordonnent à un prêtre de Silvain et à quelques dévots mithriastes d*élever un monument k Jupiter fulgurator (4). Aussi les prêtres ne se gênent-ils pas pour servir plusieurs dieux à la fois. Sans doute un pareil cumul n'était pas nouveau chez les Romains (5) ; mais il nous frappe davantage^ lorsque nous le voyons pratiquer envers des dieux qui avaient chacun la prétention d'être le dieu suprême (6). A notre point de vue monothéiste chrétien nous avons de la peine à comprendre comment on peut servir deux maîtres à la fois ; pour le païen syncrétisle c'était la chose du monde la plus naturelle. Les deux maîtres, en dernière analyse, n'en formaient plus qu'un.
Nous ne connaissons que très imparfaitement l'enseignement des mystères, célébrés pour les seuls initiés dans la plupart des cultes en vogue au m* siècle. Mais la seule chose que nous puissions affirmer avec certitude, c'est que cet enseignement était éminemment syncrétiste. Il suffit de considérer comment les initiés parlent de leurs dieux, ce qu'un Aristide enseigne au sujet de Sérapis, un Apulée au sujet d'Isis, ce que renferment les fragments d'hymnes orphiques parvenus
(1) Lucien, De Dea Syra^ 35 à 40.