VIII
(6) VII, 10 et 31.
(7) VIII, 7, p. 31 4. Cfr. ia 26» des Lettres attribuées à Apollonius.
(8) Esaïe, I, 11. Voyez Vie d'ApolL, I, 31 ; V, 25.
(9) Voyez le fragment du traité d'Apollonius Sur les Sacrifices ^ repro* duit par Porphyre et cilé par Eusèbe, Prœp^ ci\, IV, 13 (éd. Teubner, U p. 177).
autels il demande aux dieux «< de faire que la justice règne, qaeles lois soient respectées, que les sages restent pauvres, que les autres s'enrichissent, mais par des voies honnêtes (1). » On dirait un écho affaibli de Toraison dominicale : « que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite ; déli>Te-nous du mal » ; toutefois avec l'humilité chrétienne en moins. Car, en vrai païen, il réclame aux dieux ce qui lui est dû (2) : Texaucement des prières mesure le degré de justice du fidèle. Ce n'est pas ici qu'il y a plus de joie au ciel pour un pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes.
Tel dieu, telle morale. Aux dieux justes et purs il faut des adorateurs justes et purs, détachés de la matière et de son influence pernicieuse. Son activité tout entière est la vivante illustration de ce principe. Il pratique lui-même tout le pre- «mier le genre de vie spirituelle qu'il prêche aux autres. Justice et humanité, telle pourrait être sa de\îse. Et celte justice, il ne la veut pas seulement extérieure ; elle ne doit pas être QDe simple abstention du mal ; elle doit être sincère et intime pour satif aire le témoin caché auquel rien n'échappe, la conscience, amie de Tinnocent, vengeresse qui poursuit le coupable jusqu'à lui ôter tout repos (3). Cette humanité, il uq la veut pas théorique (4); elle doit être active, prévenante (5); elle est démocratique^ ouverte à l'esclave, soucieuse du bien du peuple et courageuse envers les puissances sociales (6). Elle est désintéressée (7); car aucune ambition politique ne l'inspire; Apollonius éprouve bien plutôt une répugnance excessive pour les charges de la vie publique (8). Elle est pacifique, jusqu'à recommander d'acheter la paix aux envahisseurs barbares plutôt que de verser le sang humain sur les
(i) IV, 40. Cfr. d'autres exemples de prières, I, 31 et 34.
(2) Ibidem; cfr. I, 11.
(3) Voyez les beaux développements sur la conscience : VU» 14 (p. 268 à 269). Cfr. III. 24 à 25 ; I, 35; VI, 3 el21.
(4) Voyez les accusations contre le stoïcien Eupbrate qui dément par sa conduite les principes qu^il enseigne comme philosophe : V, 38*