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INTRODUCTION. XXV

Aeux catégories de phénomènes biologiques : d'abord, te qui constitue la différence entre un corps vivant et un corps mort, la cause de la veille, du sommeil, de la catalepsie, de la maladie, de la mort; ensuite, la nature de ces formes humaines qui apparaissent en rêve et dans les visions... De là cette induction qu'il y a dans chaque homme une vie et un fantôme. La vie rend le corps apte à sentir, à penser, à agir ; le fantôme est son image, un second lui-même... Tous deux appartiennent au corps ; pourquoi n'appartiendraientîlspas aussi l'un à l'autre?... Vapeur, nuage, ombre, maîtresse indépendante de la conscience et de la volonté de son possesseur corporel, présent ou passé, Tâme-fantôme peut laisser le corps loin derrière elle et se transporter rapidement de place en place ; généralement impalpable, mais susceptible aussi de manifestations physiques, elle apparaît, dans la veille ou dans le sommeil, comme un fantôme séparé du corps, mais en ayant gardé l'apparence ; après la mort de ce corps, elle continue d'exister et d'apparaître, et elle a la faculté de pénétrer, de dominer et d'agir dans le corps d'autres hommes, d'animaux et même au sein d'objets inanimés. »

Les noms donnés à l'âme dans toutes les langues et chez tous les peuples, ombre, souffle, image, cœur, vie, les quatre âmes des Égyptiens, les trois d'Âristote et des scolastiques, les revenants de nos campagnes, prouvent amplement l'antiquité et la ténacité de cette conception. La persistance de la vie dans le fantôme

XXVI LA KËLLQiON.

implique une vie future et l'immortalité de Pâme — idées puériles qu'on nous présente — officiellement — comme le plus noble effort du génie humain, humble legs, au contraire, de l'illusion la plus enfantine comme la plus antique .

L'immatérialité de l'âme, thèse purement métaphysique imaginée par Anaxagore et Platon, n'est que le précipité ultime de l'âme-vapeur, de l'âme-souffle, de l'âme-fantôme- Elle est d'ailleurs si incompréhensible, qu'elle est perpétuellement contredite par la religion, par la poésie et le langage. Parlerons-nous des âmes sauvages qui mangent et boivent l'offrande, des âmes homériques humant le sang des brebis noires, des âmes corporelles de Tertullien, des âmes à doigts qui jouent de la cithare dans les paradis, de celles qui crient dans les chaudières infernales ou pleurent en voltigeant sur la lande, sous les forêts, sur les montagnes désertes ?

« L'animisme des sauvages se maintient pour luimême et par lui-même ; il contient l'explication de sa propre origine. » Le sauvage croit aux âmes parce qu'il en voit en songe ; il en donne aux animaux et par suite aux choses, parce que leurs mouvements et leurs rapports avec lui-même lui semblent les effets d'une volonté analogue à la sienne. Aujourd'hui encore les groupes instinctifs agissent comme s'ils croyaient aux âmes et aux spectres des objets inanimés. Et la doctrine de l'âme humaine, dernier refuge de l'animisme, n'est qu'un débris inconsistant de la fruste phi-

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