‹ La ReligionChapitre 12 sur 66 · INTRODUCTION. XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXVII

^<ïSophie primitive. « Elle survit à la disparition presque totale d'un grand argument en sa faveur, la réalité cbjective des âmes apparitionnelles^ des fantômes vus dans les rêves et les visions. L'âme est dépouillée âésormais de sa substance éthérée ; elle est devenue une entité, « l'ombre d'une ombre ». Désavouée, écartée par la psychologie expérimentale, « l'âme n'a plus de place que dans la métaphysique, et sa fonction consiste à fournir un côté intellectuel à la doctrine religieuse de la vie future. »

« Malgré d'aussi profonds changements, la conception de l'âme, en ce qui tient le plus à sa nature, ne s'est pas modifiée depuis la philosophie du penseur sauvage jusqu'à celle du professeur moderne en théologie ou théodicée. L'âme, depuis l'origine, a continué d'être définie comme une entité animante, séparable et survivante, véhicule de l'existence personnelle. La théorie de l'âme est une des parties essentielles du système animiste, qui unit par une chaîne ininterrompue le sauvage adorateur de fétiches au spiritua- Kste civilisé. Les divisions qui ont partagé en sectes intolérantes et hostiles les grandes religions du monde ne semblent, pour la plupart, que superficielles, si on les compare à ce schisme, le plus profond de tous, qui sépare l'animisme du matérialisme. »

L'animisme est bien le point de départ et le lien de

toutes les aberrations mythiques et mystiques ; il n'explique pas seulement le culte des morts et le culte des ancêtres ; le fantôme et le double n'émanent pas

seulement des hommes ; ils appartiennent à chaqu être, à chaque chose, à chaque phénomène, et, analogie, à chaque idée ou terme général : toutes 1 classes d'esprits, de génies» de dieux et d'êtres allé goriques ressortissent donc à Tanimisme.

Cependant, si pénétrante que soit cette théorie certains faits lui échappent et semblent se réfugi dans l'ombre de quelque période antérieure au régim animiste. Ces faits, partout cités, sont et demeurent^^ communs à l'homme et à l'animal ; ils rattachent 1 genre humain à la série zoologique , et révèlent dan la sensation môme les germes premiers du sentimen religieux .

Le gorille mord le bâton qui Fa blessé, l'arme qa lui a traversé la poitrine. Le chien aussi montre l dents à la canne levée sur lui, puis arrive à se fami liariser avec elle, à la saluer de jappements joyeux^-^ Le même animal, et d'autres, hurlent, dit-on, à l lune, aux éclipses. Ils connaissent les endroits où est advenue quelque mésaventure, et les évitent ave soin.

L'Indien du Brésil mord la pierre qui l'a heurté, flèche qui l'a meurtri. Les parents d'un Kuki tué la chute d'un arbre doivent le venger sur son meur^ trier, abattre et dépecer le végétal malfaisant ; ains^ le poète Horace maudissait l'arbre qui avait faUlî Vé^ craser. Les Prytanes condamnaient à l'exil et jetaient hors du territoire de l'Attique les objets inanimés qi^ — sans intervention humaine — avaient causé i*

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