I. LÀ VIE DES MORTS
^jjk^ombre ; le fantôme. Le double on &me durant le sommeil et la maladie. — Pro«
V ^pt^éa primitifs pour rappeler, remplacer, écarter ou enfermer les âmes des
morts. — Malignité des âmes dont le corps est privé d'honneurs funèbres, des âmes de suioidés, de sorciers, de captifs torturés. — Les Esprits, vampires et
V revenants. — Antiquité de la croyance à la vie d'outre-tombe, à l'immortalité Kr de r&me. — Nature corporelle et subtile de l'àme. — Diverses théories des ^>^iMBngefl et des civilisés sur le nombre des âmes que peut renfermer le corps
''wrljâ. — La transmigration. — L'incarnation des ancêtres dans leurs deseen» ^ dantB. — La métempsycose en tant que sanction morale.
j^^Uanthropisnae est la tendance de l'homme à douer tous les ' "^ês, objets et phénomènes ambiants d'intentions et de facultés ►gués aux siennes. Cette tendance, contre-coup immédiat Ha sensation non contrôlée^ est si forte et si durable, qu^elle iduit encore^ chez l'enfant et chez l'adulte, par des actions j des paroles inconsidérées. Nous rudoyons l'objet qui nous Çene ou qlîi nous blesse ; nous injurions ou bénissons le vent et la pluie ; nous attribuons aux choses la volonté de nous nuire ou de nous servir. Tel est l'anthropisme, qui, à lui seul, eût suffi à créer les mythes et les cultes. L'animisme est venu par surcroît. L'animisme a débuté par l'interprétation forcément erronée de deux ou trois faits d'expérience : l'ombre portée par tous les corps éclairés, l'image réfléchie par (toutes les surfaces polies, les réponses de l'écho, les rumeurs de la forêt, le souffle du vent, enfin, et par-dessus tout, les figures évoquées par le rêve ou l'hallucination, simulacres de vivants et de morts, fantômes d'animaux, reflets de la nature entière. Ces visions paraissent indépendantes des réalités qu'elles représentent. L'homme voit
en songe un autre lui-même accomplir des actes impossibles, éprouver des peines ou des plaisirs inconnus. Il voit ses compagnons ou ses ancêtres participer à des scènes changeantes et nouvelles» vivre ou revivre d'une vie spontanée qui diffère et se rapproche cependant de Fezistence «rdioaire. Si de pareilles sensations ont exercé sur la conduite privée et publique, sur les événements, sur la marche de Thistoire une influence considérable, à grand*peine atténuée par la raison et par la science, combien n'ont-elles pas frappé des sauvages ignorants et inquiets ! D*ezpéiieac«s i|uotidiennes et concoidantes, rhouune a dft €oi»chire ta dédeubtemcaide la perscume durant h somstiU à Texistence d'an doubk attaché au corps à certaines henres, ■fldft £i^aUd da liberté, peu ou point gèsé par la destroctioi»^ de TenTeloppe dianieiie.
Lajnoit,,étanténdemiDeatla séparation dn double et du corps,^ a pour cause Tabsenee prolongée «u le défttrt de ce double ou^ âme matérielle ; accidents qui, à plus forte raison^ rendent:::^
€omf4e de tontes ks Bnladies, de la léthargie^ de Tévanouisse
■ent, de la loàie, dei'îmbécillitë.
Les FidjieDs et les Amtratiens dii Sud disent d'un homiiie^=^ sans coanaissance, qn'il est sans tae» trilya marraba. Les- ▲IgenkÎBt pensent que tonte maladie provient d'un dérangement de l'embre; peur eipMquer les eatalepeies prolongées, ils supfwsent q«e l'esprit fogîtif, parti poiur le peys des âmes, a wnement essayé d'y «ntner. L'â»e voyage pendant le sonneil; aussi les Tagaàs des Flntippines se gardent-ils d'éveiller le dermenr en sursamt ; râne effrayée pourrait s'éloigner pour toujours; il faut Im faûseer le temps de revenir. 11 arriverait alors ce que Pline et Lucîett racontent du nalheoreux Herraotime. L'ime de cet inlértnaé avait entreprs une excursion un peu trop lointaine ; quand elie se décide à revenir, elle ne retrouve pins le corps. La fèiMne d'Hermotirae l'avait fait pieusement incinérer. Les sorciers de TOrégon s*efforcent de retenir on de iaire rentrer Tâme dans la tète du malade. Les magiciens Karens courent de dreite et de gauche pour saisir l'âme fugitives,
LA TIK. Bit MêRTS. 171
qifilsaejOBj^ésevtent o«HNe impipaii De mèoie les duh mans et les lamas des ToQgoiuea 6t des Yakost» evoicîseiit te ioriheiid;ti leurs oonftBnticgmt^hÊAewà^ ils ra^urt le oMlide es iespfatt beaom haÉits, i'^BtMUBSt lie m tréasn; ils rafpel«> test à Fime iee peUus:tqu'eli» eactinvail êiy par soile de ses viifflheMdicn, «tie venait à penire une-teneuffe ai UeA munie. I^cadanl-ee temps, les parants &ntteteaff de la iMitte, appariant -tante im^àmtfu $(m non» te«i cemina Isa Troyeas dé
Uâaee pactie, .on peut essayer de te lemplacer, aTant que la ^DOPt soit igséméàitkk. An ihttinteod, par exempte, tes Angar asraera eaqaJmaDSy se ^ttstent de saroir sidistitner aux diaparoca œlles d'on «nfint, d'm renne ou.d!*nn lierre. A r,aft conrt à une tombe récente, on guette Tùme qai »ltî|9S! enoare ao^essnsde la séfnteure, on la bappe au pasige,.eft l'emprisonne adroKeaaent daaa nn ëonnet el on la porta
jèm liée an matede exfdrant.
Ce n'est pas taqours, c*ast mène rarement de sa plrâe '%oloBtd; <fne l'âme quitte te eoi^ks. Om bien une btessore ^avOy te coup de dent' d^n timie «« d^ iien^ a rendu le ^eorps inhaèîteble, 4>n bien ose antre âme, un démon, s'y est âasiBiié;^ Daasle premter cas, il ai'y a lîen à fa^; dans le se- «ond^^ nsw cenjutafiott pnisaaafte, un eaorcîsme bien appliqué peut diaaser Tintrus; ou encore, ai quelque malinteHtîonné^ un éarciar, très souvent une ifteiNe femme^ a jeté m sert et attiré l'esprit maavais, une |»Tempte exécution est parfois efficace. Cbmt les Cafres, on a recours au prêtre, au derin; celui-ci a bientôt fait de désigner le coupable. Saisi par la foule, le malheoareux est sommé d^afouer son si^Uège, et, sMl nie, il périt dans les tortures les pins rafOnées. S'il se décide à avoner, en signalant son repentir par une offrande suffisante au prêtre et an che4 â en est quitte pour quelque expiation. On ne tarde pas à trouTer dans la case du mahde nn chiffon snspect, une botte d'herbes néfastes que l'on détruit en cérémonie ; et le moribond guérit, ou succombe. Gbes les Battas, quand le sorcier
reconnaît que la maladie est due à rinimitié d'un mort^ on offre à celui-ci une fête pour obtenir son pardon.
Enfin, malgré toutes les précautions, tous les artifices^ la mort est venue, Tàme est lâchée. Sauve qui peut! c'est le premier mouvement. Au vieux Calabar, on abandonne pour deux ans la maison mortuaire ; les Hottentots, les Yakoutes, les Kharens, la laissent tomber ou la détruisent; les Tchouvaches s*enfuienty en jetant derrière eux des pierres rougies au feu, les Brandebourgeois un seau d'eau. Ailleurs, on essaye d'expulser l'âme. Pour qu'elle s'échappe en liberté, les Chinois percent le toit, les Européens ouvrent la porte ou une croisée. « Ya-fen dans la mer, » lui crient les Polynésiens. Les vieilles du Groenland emportent le cadavre par la fenêtre et, armées d'un tison ardent, elles disent à l'esprit : « Vous n'avez plus rien à faire ici! n Les Peaux-Rouges chassent â coups de bâton l'âme du prisonnier qu*ils viennent de torturer. Les Siamois crèvent le mur et font trois fois en courant le tour de la maison pour dépister le fantôme. Aussitôt après la mort, les Papous de la Nouvelle-Guinée ornent de fleurs et de feuillage les maisons et les bateaux, espérant que leur joie écartera l'âme en peine.
Au contraire certaines peuplades tâchent de l'arrêter, de Temprisonner, de la fixer, soit dans la tombe, soit dans tout autre habitacle. Les Mariannais, après avoir parfumé le cadavre, le promenaient de maison en maison chez tous ses parents, pour que l'âme ou anti pût choisir sa nouvelle demeure; ou bien ils la suppliaient de s'établir dans une corbeille placée au chevet du mort; les prêtres croyaient la retenir dans un panier rempli de crânes.
Les Papouas vont dans la forêt, en poussant des hurlements, couper un petit morceau de bois qu'ils remettent à un artistesorcier; celui-ci façonne une figurine humaine d'environ un pied de haut qu'on nomme Korrowar ou Korwar, Et pendant plusieurs nuits, à grand renfort de cris, de chants, de tambours et de danses, on invite Tâme à entrer dans le Korwar. Le prêtre est averti du succès de l'opération par une sorte d'attaque qui le