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CULTB DES ANCÊTRES. SS

mcètres se contentent le plus souvent d'offrandes en papier loré qu'on brûle sur leur autel, devant les tablettes de bois où leurs noms sont inscrits. Jadis c'était un enfant, le petit-fils, qui représentait les aïeux et recevait Toffrande en leur nom ; l'usage est tombé en désuétude, mais c'est toujours l'ainé de la famille qui officie. Enfin les morts demeurent si vivants et si présents que les hauts faits, les vertus ou les crimes de leurs descendants remontent jusqu'à eux, les couvrant de gloire ou d'ignominie. Des documents authentiques les avertissent de leur déchéance ou de leur avancement dans la hiérarchie honoraire. L'empereur, en sa qualité de fils du Ciel, a juridiction sur eux; et les titres qui leur sont conférés sur la terre les réjouissent dans l'autre monde ; bien plus, les pères et mères, durant leur vie, partagent, en une certaine mesure, les dignités acquises par leurs enfants. M. de Harlez a récemment analysé des règlements militaires de l'empereur Kia-King, composés et promulgués au commencement de ce siècle, et oii on peut lire des articles tels que ceux-ci :

« Lorsqu'on accorde un titre, de vie ou posthume, à un père ou à un grand-père en considération de ses enfants ou petitsenfants, si la fonction de ces enfants était élevée et celle de leur parent inférieure, on conférera à celui-ci un titre en rapport ivec le rang du fils.

« Les officiers morts de leurs blessures recevront une élévation de titre^ à laquelle un de leurs fils succédera.

c S'il s'agit d'une femme pour qui l'on demande un titre en Maison des mérites de son fils, et que le mari de cette femme ait ^té aussi officier, on accordera à celle-ci le titre du grade moindre. » Ainsi, la mère d'un général de division, ou son aïeule

iéfunte, prendrait le nom de générale de brigade^ et celle d'un

capitaine deviendrait lieutenante.

« A un mort dont le grand-père ou le père vit encore, on ne

conférera pas de nouveau titre plus élevé. Si l'on donne un titre

à une mère, on devra conférer le même à sa grand'mère, h sa

mère propre, à sa mère adoptive*

« Si répouse principale est morte sans titre, et que Ton doive titrer une épouse secondaire^ on devra donner un titre posthume à la première. »

Sans doute, ces avancements des morts tendent à devenir de simples formalités et convenances ; mais nul doute qu'ils n'aient été et qu'ils ne soient encore vivement appréciés par les vivants. Au-dessus de tous ces ancêtres, hommes et femmes, qui guettent le courrier quotidien pour lire les listes de promotion , siègent les ancêtres des dynasties et les personnages illustres que l'empereur a donnés pour patrons aux villes^ aux provinces, le guerrier Kuang-Ti, le Mars mongol, que la dynastie mandchoue a proclamé officiellement dieu de la guerre^ enGn les grands inventeurs^ et Gonfuçius, qui, dans toutes les universités, reçoit des offrandes de fruits et de légumes.

Au Japon, comme en Chine, la religion que l'on peut appeler nationale^ le Sintoïsme, consiste dans le culte des mânes, des ombres, des Kamis innombrables — huit millions au moins — qui tourbillonnent, volent, courent, rampent partout dans le monde et président aux moindres incidents de la vie. Ce culte, dont les sectateurs sont nommés Sin-Siu, était à Torigine purement domestique. Peu à peu il s'est constitué un clergé béré(Utaire do Zay-Siu ou Kannmiy conservateurs de rites, marchands de papier et d'amulettes. Des temples, Miya ou Yctsiro, se sont élevés au penchant des collines, dans quelque site champêtre ou sylvestre. De simples portiques en bois équarri précèdent et annoncent ces demeures modestes, construites en bois poli et entourées d'enceintes également en bois. Le culte des Kamis se réduit à des conjurations et prières nommées Haray, et à des pantomimes ou processions théâtrales, dites Matzuri.

Les Chaldéens, Assyriens, Arabes antéislamiques, ont honoré leurs chefs morts et leurs ancêtres. Sans parler des rois fabuleux Xissuthros, Bélus, Nemrod, Assur, et des dieux choisis pour pères par tous les Sardanapale et les Nabuchodonosor, nous citerons ces inscriptions de ï'Yémen où M. Lenormant a déchiffré des listes d'ancêtres adorés sur le même rang que les dieux.

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