‹ La ReligionChapitre 4 sur 66 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

tique, Évhémérisme spencérien), fabulas mânes. » Mais deux points demeurent inexpliqués : « le culte des astres, connu sous le nom de sabéisme; le culte, peut-être non moins ancien, de certains objets terrestres et matériels appelés fétiches chez les peuples africains, et que, pour cette raison, j'appellerai fétichisme. »

II fera également usage de cette expression % en parlant de toute autre nation quelconque chez qui les objets du culte sont des animaux ou des êtres inanimés ; même en parlant de certains peuples pour qui les objets de cette espèce sont moins des dieux proprement dits que des choses douées d'une vertu divine, des oracles, des amulettes et des talismans préservatifs..., accessoires d'une religion générale ré-' pandue fort au loin sur toute la terre, qui doit être examinée à part.

« Le fétichisme doit sa naissance aux temps où les peuples ont été de purs sauvages... A rexception de la race choisie, il n'y a aucune nation qui n'ait été dans cet état. Une partie des nations y sont restées jusqu'à ce jour (les vieux usages, surtout lorsqu'ils ont pris une teinture sacrée, subsistent encore longtemps après qu'on en a senti l'abus) ; les autres, après y avoir passé, en sont sorties plus tôt ou plus tard, par l'exemple, l'éducation et l'exercice de leurs facultés.

« Pour savoir ce qui se pratiquait chez celles-ci, il n'y a qu'à voir ce qui se passe actuellement chez

celles-là. » Le fétichisme des modernes est identique an fétichisme des anciens, a Les mômes actions ont les mêmes principes ; ces peuples avaient là-dessus la même façon de penser, puisqu'ils ont eu la même façon d'agir, qui en est une conséquence... Ce n'est pas dans les possibilités, c'est dans l'homme même qu'il faut étudier l'homme. Il ne s'agit pas d'imaginer ce qu'il aurait pu ou dû faire, mais de regarder ce qu'il fait.

« Les croyances des sauvages et des païens étant des opinions purement humaines, le principe et l'explication en doivent être cherchés dans les afiTections mêmes de l'humanité, où ils ne sont pas difficiles à rencontrer » : crainte (fétichisme), admiration (sabéisme), reconnaissance, raisonnement.

« On sait le penchant naturel qu'a l'homme à concevoir les êtres semblables à lui-même et à supposer dans les choses extérieures les qualités qu'il ressent en lui..., les mêmes afiTections d'amour, de haine, de jalousie, de vengeance... L'habitude de personnifier soit des êtres physiques, goit toute espèce d'êtres moraux, est une métaphore naturelle à Thomme civilisé ou sauvage... 11 y avait dans certains êtres matériels une puissance, un génie quelconque, un fétiche, un manitou. » A plus forte raison pouvait-on croire « les astres animés par des génies » . « Les matelots » //Je même « les joueurs t)), « les moins capables de us les hommes d'une méditation sérieuse, sont en ême temps les plus superstitieux. » Mais « il n'y a

Page 1