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viiieiil pas veiulue, sans troubler les nouveaux venus dans leurs demeures el sans èlic troublés eux-mômes dans les leurs. Mais qu'attendre de l'honrime déchu, malgré ce que l'Evangile fait pour le relever ? A mesure que s'accrut le nombre des colons, ils désirèrent de nouveaux territoires, el les indigènes ne firent pas difficulté de les leur vendre, aussi longtemps du moins qu'ils n'aperçurent pasleslimitesdes domaines qui leur restaient. C'est ainsi que les blancs poussèrent les hommes de couleur toujours plus à l'ouest. D'un autre côté, ceux-ci trompèrent cruellemenU'espérance qu'on avait entretenue de les voir adopter les mœurs el les coutumes de la civilisation. Enveloppés d'une peau d'animal ou d'une grande pièce de coton jetée sur leurs épaules, ils faisaient de fréquentes visites aux Européens de leur voisinage. Après avoir musé quelque temps autour des habitations el reçu les présents qu'on leur offrait, ils retournaient à leurs misérables cahuttes, sans éprouver le moindre désir d'échanger leur triste existence contre les douceurs delà vie civilisée. Rien ne pouvait les dégoûter de leurs habitudes d'enfance, ni leur faire aimer les travaux et l'activité de l'industrie.
Les colons ne négligèrent aucune occasion d'engager leurs voisins à essayer de mœurs plus humaines. Il ne se faisait guère de traité avec eux, où l'on ne stipulât eu leur faveur la remise d'objets utiles, tels, par exemple, que des instruments d'agriculture. Mais hélas ! on les payait aussi en eau-de-vie, ce poison qu'on envisagea si longtemps comme d'une absolue
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nécessité. Après cela, nos gouverneurs coloniaux ne manquèrent jamais d'exhorter fortement les chefs indiens et leurs conseils à quitter la vie sauvage ; mais ce furent paroles perdues. Le peu qu'on obtint de leur pari, est dû aux raissionaires que leur envoyèrent essentiellement les églises des colonies. Ils réussirent, en plusieurs cas, à donner aux Indiens parmi lesquels ils travaillaient, une teinture de civilisation ; et c'est à cela que ces tribus sont redevables de leur existence actuelle. Car il est avéré que celles où le christianisme ne put s'infiltrer quelque peu, et où l'agriculture et les arts ne firent nuls progrès, ont complètement disparu, soit par la destruction de tous les individus dont elles se composaient, soit par leur fusion avec d'autres tribus non civilisées.
L'on eût obtenu sans doute de meilleurs résultats, si l'esprit missionnaire des premiers colons se fût reproduit chez les nouveaux arrivants. Mais ce fut la cupidité seule, hélas! qui détermina bon nombre d'Européens à gagner les rivages de l'Amérique, et tout moyen de s'enrichir leur parut bon. Puis, chez les descendants mêmes des premiers colons, nous avons dit comment les cruautés commises par les Indiens en de trop fréquentes guerres, ne purent que refroidir le zèle qu'ils avaient d'abord montré pour la prospérité de cette race malheureuse.
Au nombre des circonstances défavorables, il ne faut pas négliger de noter les chartes royales dont j'ai parlé dans mon premier livre. On sait en quels termes elles conféraient aux colons des droits absolus sur
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l'immense territoire qui se déployait devant eux. Se fondant là-dessus, ils purent se croire autorisés à s'en emparer par toutes les voies imaginables. De là vint qu'à la longue les pauvres Indiens n'eurent plus un seul endroit où ils fussent en repos. A l'exception du résidu des populations indiennes, à moitié christianisées etcivilisées, qui occupenlcertains districts de la Nouvelle-Angleterre etdel'Etat deNew-York, il ne s'en trouve plus nulle part dans les Elats Atlantiques. On a beaucoup blâmé la marche suivie depuis quelques années par le gouvernement des Etats-Unis ; mais si l'on avait adopté plus tôt celle marche pleine de sagesse, si les tribus que les chartes royales dépossédaient eussent été recueillies dans un vaste et bon territoire en dehors des limites coloniales, je ne doute pas qu'on n'eût vu d'heureux effets produits par les faibles efforts que jusqu'ici l'on a tentés en vain, dans le but de les civiliser. Mais encore où auraiton trouvé jadis, en dehors des limites tracées par les chartes, un territoire assez vaste pour contenir toutes les tribus indiennes? L'acquisition de la Louisiane vint combler cette lacune; et , mus par une véritable philanlhropie , des hommes aussi bienveillanls qu'en eût jamais l'Amérique, ne tardèrent pas à voir le parti qu'on pouvait tirer de cet événement, et attirèrent sur ce sujet l'atlenlion de l'autorité. C'est en conséquence de cela qu'on amis à part toute la contrée qui s'étend entre les Elats actuels d'Arkansas et de Missouri jusqu'au grand désert américain , contrée vaste et en plusieurs lieux fertile , où le gouverne-
menl est parvenu à concentrer plus de vingt tribus, ou restes de tribus recueillies des Etats et territoires organisés. Bientôt il y aura là une population indienne de 100,000 âmes, sur un territoire qui a de 5 à 600 milles du nord au sud, et environ 200 milles de l'est à l'ouest. Avec ces tribus sont partis leurs missionnaires.
Sans doute qu'il doit y avoir eu pour des peuplades ainsi transportées loin de leurs demeures et des tombeaux de leurs ancêtres, un temps de souffrances et de pénibles travaux; comme, au reste , cela se voit pour toute colonie qui s'enfonce dans un pays vierge encore ; mais, à l'heure qu'il est, les premières difficultés sont vaincues, et peu à peu les Indiens se forment à leur nouvelle position. Avec le temps, ils auront quelques terrains défrichés , ils se construiront de bonnes cabanes, leurs eaux feront tourner des roues de moulins, et les principaux arts de la civilisation s'introduiront parmi eux. On voit déjà poindre quelque chose de cela, et le moment viendra, j'espère, oh les habitants du territoire indien accepteront l'ofTre que, peu de temps après la révolution, le congrès fit aux Ghérokis , d'envoyer une députalion à la législature nationale, de faire ainsi partie intégrante des Etals-Unis et de se soumettre aux luis de la république.
Parmi les reproches qu'on adresse à notre gouvernement , il n'en est pas de plus vifs que ceux qui ont pour objet sa conduite envers les Ghérokis de la Géorgie et les Séminoles de la Floride, Quoique j'aie déjà
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louché quelque pari le premier de ces points, je me vois forcé d'y revenir.
En vertu de la charte qui l'ut octroyée à OG;lethorpc et à ses amis , la Géorgie réclamait , au-delà de ses limites actuelles, les vastes contrées où se sont formés les Etats d'Alabama et du Mississipi. Elle consentit néanmoins à céder ce territoire, pourvu que le gouvernement central acquît les droits des Indiens qui résidaient à l'intérieur, et qu'on les transportât autre part. C'est ce qui se fit sans peine pour la tribu des Criks. Mais les Cherokis, sourds à toutes les propositions du gouvernement général, refusèrent absolument de vendre leurs terres. Là-dessus, la Géorgie résolut la prise de possession, déclarant que, dès ce moment, elle étendrait sa juridiction sur les Indiens et sur ceux qui vivaient au milieu d'eux. Cette mesure occasionna la retraite de tous les missionnaires, sauf deux, qui, ayant refusé de prêter serment aux autorités géorgiennes , furent jetés en prison. Ils en appelèrent à la cour suprême de la Confédération ; et celleci ordonna leur élargissement. Cependant le fonctionnaire public , chargé dans chaque Etat de pourvoir à l'exécution des sentences de la cour suprême , demanda vainement la libération des prisonniers. Le gouverneur de la Géorgie s'y opposait formellement. Rapport fait à la cour suprême, le grand-juge allait demander au président des Etals-Unis d'employer la force, lorsque la législature de la Géorgie , bien convaincue que le président n'hésiterait pas, coupa court à celte affaire en supprimant, sous de frivoles pré-
textes, la prison d'Etat, et c'est ainsi que les missionnaires recouvrèrent leur liberté si longtemps opprimée.'En attendant, le gouvernement central protégeait réellement les Indiens, et malgré tout ce qu'ils eurent à souffrir de la part de leurs voisins, ils demeurèrent encore plusieurs années dans leurs domaines; enfin ils les vendirent aux Etats-Unis pour le prix de 5,000,000 de dollars, outre leurs frais de transport et uno année d'entretien dans leur nouveau territoire. On ne voit pas en vérité que la marctie du gouvernement soit si fort à blâmer. Il a cru sincèrement que, pour les Indiens eux-mêmes, il valait mieux les faire quitter une contrée où il était impossible qu'ils jouissent d'aucun repos, et les établir en des lieux où il est facile de garantir leurs droits; or on les garantira, j'en suis sûr.
Quant aux Séminoles de la Floride, j'avouerai sans difficulté que le gouvernement ne se conduisit pas ici avec la dernière sagesse. Onm'accordera d'un autre côté que l'acquisition de cette étroite et longue péninsule n'élaitpas indifférente pour les Etats-Unis, bien que les dix-neuf-vingtièmes du sol ne se prêtent à aucune culture. Sur cette bande de terre erraient trois à quatre mille Indiens dont les déprédations devenaient de plus en plus odieuses aux habitants du voisinage. On traita donc avec eux par l'intermédiaire de chefs que le gouvernement avait lieu de croire suffisamment accrédités. Mais les Indiens refusèrent de tenir leurs engagements, et de là naquit la guerre dont ces malheureuses tribus furent les victimes. Que le gou-
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vern(3nu3iit d'ailleurs ail été trompé par ses agents, c'est ce (jui est fort probable, mais je ne saurais croire à l'iniquité de ses intentions.
Atout prendre donc, il me paraît, que, dans ses transactions avec les Indiens, le gouvernement national voulut sincèrement ce qui était juste. Son influence actuelle sur les tribus réunies à l'ouest leur est extrêmement salutaire. Lorsqu'il s'élève entre elles de ces contestations qui jadis ne se terminaient pas sans effusion de sang, ou plutôt qui ne se terminaient jamais, les agents du pouvoir emploient leurs bons offices, et, par la persuasion seule, ils parviennent à les apaiser. Mais les préventions contre le gouvernement américain sont si fortes, qu'on va jusqu'à lui reprocher le rhum et les autres liqueurs spiritueuses que des hommes dépravés vendent aux Indiens des frontières; et pourtant je ne pense pas qu'aucun gouvernement eût su faire mieux que le nôtre pour arrêter cet odieux trafic. Non content de l'interdire, il a pris encore des mesures pour le réprimer, et ce n'a pas été complètement en vain . Mais quel est, sur la terre, le gouvernement qui pourrait garder une immense ligne de frontières comme celles des Etats-Unis, et encore des frontières qui sont une suite presque non interrompue de vastes forêts? L'Angleterre et la France ne parviennent pas à prémunir contre la fraude les quelques cent lieues qui forment leurs côtes maritimes, et l'on voudrait que nous fissions ce qui leur est impossible ! Cependant nous comptons sur un remède plus efficace, c'est la formation de sociétés de tempérance
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parmi les Indiens, et la promulgation de lois sévères contre tout misérable, blanc on cuivré, qui sera piis faisant le commerce des liqueurs spiritueuses.
Pour conclure, je dirai que, durant ces vingt-cinq dernières années, le gouvernement des Etats-Unis a donné aux missions indiennes un appui indirect trèsconsidérable, en accordant une allocation annuelle de 10,000 dollars pour rétablissement d'écoles, de forges et d'ateliers divers. C'est en général par le canal des sociétés de missions qu'on fait passer cette somme aux Indiens; c'est-à-dire donc par le canal des missionnaires, qui, pour la plupart, coiuiaissent mieux que personne les besoins des peuplades au milieu desquelles ils vivent. Aussi le ministre de la guerre, l'honorable Jobn C. Spencer, a-l-il reconnu hautement l'emploi judicieux qui se fait de cet argent et le bien qu'on opère de la sorte. Dernièrementencore, une commission du congrès qui avait à examiner cet objet, a rendu un témoignage semblable à nos missioiuiaires. 11 uj'esl agréable de relever un fait qui prouve l'intérêt plein de bienveillance que le gouvernement prend aux institutions chrétiennes dont le but est de civiliser les Indiens en les amenant à la loi.*
C'est en quoi, grâce à Dieu, ces peuplades, si longtemps malheureuses, font d'étonnants progrès. Par exemple , à côté des écoles dirigées par les mission-
* Ce qui montre d'ailleurs la sollicitude du gouvernemeni américain pour les tribus indiennes, c'est le soin qu'il prend de leur envoyer des vaccinatcurs, afin de les préserver de la pefitevéiole.
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iiaires, il existe, parliculi(>remeiU cliez les Cherokisel les Choslas, îles écoles ioiidées et entretenues par les gouvernements de ces tribus; il en est môme qui sont d'institution privée, e'est-k-dirc que les pères de famille en font tous les frais. Du reste, on trouve chez les Indiens bon nombre d'individus assez instruits pour desservir ces écoles.
Le gouvernement des Choslas fait entre autres, pour l'éducation de la jeunesse, des dépenses qui doivent couvrir de honte bien des nations plus avancées qu'eux dans la civilisation. En novembre 1842, leur conseil national a institué trois académies pour les garçons et quatre pour les iilles. Il a assigné à l'entretien des premièresla somme de 18,500 dollars, et aux secondes celle de 7,800 dollars , faisant un total de 26,300 dollars destinés à l'instruction publique. Il y a quelques années que ces hommes étaient de grossiers sauvages dont pas un ne savait lire. Or, qui devons-nous envisager, après Dieu, comme les auteurs de celle admirable métamorphose? Disons-le avec reconnaissance: ce sont les missionnaires, et des missionnaires qui appartiennent tous à l'église protestante.
Quant aux Cherokis, un grand nombre d'entre eux savent lire, grâce à l'alphabet inventé par un des leurs. L'invention d'un alphabet est un fait extraordinaire. Il y a 2000 ans que le monde n'avait rien vu de pareil. Maintenant donc celte nation , sauvage naguère , possède trois imprimeries , et son gouvernement vient d'en créer une quatrième pour la publication d'une gazette en cherokis.
CHAP. III. CONSEIL AMÉUICAhV DES MISSIONS. 379
Dans le lerriloire appartenant aux Etals-Unis les missions indiennes comptent actuellement
50 stations.
50 missionnaires.
40 aide-missionnaires, au moins.
5,000 communiants environ.
Le nombre des écoles et des écoliers est également considérable.
C'est par anticipation que nous dormons ces chiffres, puisque nous ne voulions parler ici que des premières missions parmi les Indiens. En faisant la revue des sociétés des missions des Etats-Unis, nous dirons ce que chacune d'elles a tenté depuis 1815 pour introduire le christianisme au milieu d'eux.