CHAPITRE m
CONSEIL AMERICAIN DKS COSIMISSAlItKS POCR LKS MISSIO.NS ÉTRANGÈRES.
Après la société des Frères Moraves, le conseil américain des commissaires pour les missions étrangères est le plus ancien de tous nos conseils ou comités de missions. Il n'en est pas qui aietil un aussi grand nombre de missionnaires et qui disposent d'autant de fonds. Il est soutenu par des éi^flises de dénominations
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diverses, inaiscjui s'accordenlau fond, et sur lu doc- Irineeli^urla discipline ; savoir environ 1,500 églises congrégalionnelles, à peu près autant d'églises presbytériennes, et environ 700 églises réformées hollandaises et allemandes; mais de celles-ci beaucoup moins que des autres. Ces églises se trouvent essentiellement dans les Etals de la Nouvelle-Angleterre, dans ceux du centre et de l'ouest. Ce sont donc près de 3,500 congrégations cl une population de 2,000,000 d'àmesque représente ce conseil. Nous avons à en faire connaître d'abord l'origine et l'organisation ; puis nous dirons quelques mots de son histoire.
En 1809, plusieurs jeunes gens qui faisaient leurs études au séminaire théologique d'Andover, Massachusets, résolurent de fonder une mission étrangère. Encouragés par leurs professeurs, ils soumirent la chose. à l'Association générale des ministres congrégationalisles du Massachusels, réunis pour leur session annuelle, en juin 1810. C'étaient MM. Mdls, Judson, Newell et Notl. Voici dans quels termes ils s'exprimèrent :
« Les soussignés, membres du collège théologique, recommandent respectueusement à l'atlenlion de leurs révérends pères , réunis en Association générale à Bradford , l'exposé suivant, et les questions qui s'y rattachent.
* Ils exposent donc que, depuis longtemps, ils se sentent appelés à entreprendre une mission chez les païens; qu'ils ont sérieusement pesé les difficultés de l'entreprise, et qu'après avoir beaucoup prié, ils re-
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gardent comme leur devoir d'y consacrer leur vie, où qu'il plaise à Dieu de les envoyer.
» Sur quoi, ils se permettent de demander à l'Association, si elle estime qu'ils doivent renoncer à cette œuvre, comme à une chimère et aune impossibilité ; et dans le cas opposé , s'ils dirigeront leurs pas vers le monde oriental ou vers le monde occidental? Ils demandent encore, s'il leur serait permis d'espérer la protection et les secours d'une société américaine, ou s'ils doivent se placer sous la direction d'une société européenne? Ils désirent enfin desavoir ce qu'ils auraient à faire avant de prendre un engagement définitif?
» Les soussignés, sentant leur jeunesse et leur inexpérience, s'adressent à ceux qui sont leurs pères dans l'église, et sollicitent respectueusement leurs conseils, leurs directions et leurs prières. »
Le 29 juin, l'Association élut un conseil de commissaires pour les missions étrangères et le composa de neuf personnes. A sa premièreséance, tenue au mois de septembre, le conseil s'intitula du nom de Conseil américain, pour montrer qu'il était prêt k agir au nom de tout chrétien d'Amérique qui lui confierait ses dons. Cependant, il remit le soin des affaires courantes à un comité, dit Prudential Committee, dont les membres résident à Boston ou dans le voisinage. Plus lard, on jugea nécessaire de donner à la société une existence légale, afin que le conseil pût ménager plus sûrement ses intérêts, et l'on obtint de la législature du Massachusets un acte d'incorporation. Moyennant celle
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l'ormiililé, le conseil est admis devaiil lous les tribunaux de l'Union, et déjà plus d'une fois il s'est fait allouer des lep;s que lui contestaient d'avides héritiers. Par la constitution de la société, un tiers au moins du conseil doit être de laïques, et un autre tiers d'ecclésiastiques ; tous les membres du conseil sont nommés au scrutin. L'acte dincorporiilion porte que le but de la société est de propager l'Evangile en pavs païens, par l'envoi de missionnaires et par la distribution des Saintes-Ecritures ; il l'autorise à posséder une fortune immobili(''re suffîsanle pour assurer son crédit dans le monde commerçant, et à recevoir, pour les dépenses annuelles, lous les fonds qu'elle peut recueillir par contributions volontaires.
Le nombre des membres qui composent la corporation est d'environ 175, hommes pieux répartis entre dix-neuf Etats et occupant les uns et les autres une position sociale honorable. C'est le corps des curateurs, celui sur qui pèse la responsabilité financière. Mais il existe à côté d'eux une masse de membres honoraires, dont le nombre s'élève maintenant à plus de 3,500. Sont membres honoraires, les laïques qui font un don de 100 dollars et les ecclésiastiques qui en font un de 50. Ils ont le droit de voler dans les assemblées annuelles, mais non pas s'il s'agit d'un changement à la constitution de la société. Il est enfin une troisième classe de membres qu'on appelle les membres correspondants; ce sont des étrangers élus au scrutin. Outre le président et le secrétaire des assemblées annuelles, la société a trois secrétaires chargés