CHAP. III. CONSEIL AMÉRICAIN DES MISSIONS. 3S
comme le colon dans une forêl vierge. Or, tout en confessant que celle première mission n'eut pas de résultats sensibles, on ne peut douter qu'elle n'ait considérablement déblayé le terrain. Les Mahraltes ont entendu la doctrine du salut, et il serait maintenant plus facile de les conquérir à l'Evangile qu'il ne le fut il y a trente ans.
Lorsque nous commençâmes, en 1816, une mission chez les Tamuls du nord de l'île Ceylan et du sud de l'Inde , nos missionnaires les trouvèrent quelque peu préparés , à Ceylan par les Portugais et par les Hollandais, et sur le continent parles travaux du célèbre Schwartz et de ses associés. Aussi les résultais y furent-ils, grâces à Dieu , plus évidents que chez les Mahrattes. On y adopta de bonne heure des mesures propres à former des évangélistes indigènes, et les succès qu'on obtint contribuèrent pour beaucoup à l'adoption du plan général dont nous parlerons tout à l'heure.- Parmi les séminaires d'indigènes, il n'en est pas de plus prospère que celui qui se rattache à notre mission de Ceylan. On y compte 160 élèves, tous logés dans l'établissement, et il en est 100 que l'on estime vraiment convertis. Il y a aussi un pensionnat qui réunit 100 jeunes filles, et d'où sortent, pour les aides-missionnaires des femmes à la fois instruites et pieuses. Ajoutez à cela des écoles gratuites oii l'on voit 3,000 élèves, pépinières naturelles des séminaires et des congrégations chrétiennes. En 1834, cette mission planta un de ses rameaux k Madura, sur le continent, et un autre, en 1836, à Madras, dans le II. 25
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but spécial de donner une grande extension à l'impression des livres en langue lamule.
La première mission que le conseil envoya dans l'Asie orientale, fut celle de Chine, en 1830. Un négociant pieux de la ville de New- York donna sur celle contrée tous les renseignements qu'on pouvait désirer. 11 insista fortement pour qu'on mît la main à l'œuvre ; et, se chargeant lui-même de transporter deux missionnaires à Canton , il prit encore l'engagement de les défrayer pendant deux années. Plus tard , un de ces missionnaires visita Siam et y prépara une mission. Il alla de même à Singapore et dans les Indes hollandaises. La mission de Singapore n'a pas répondu à ce qu'on en attendait, et pour le moment on l'a presque abandonnée. Celle des Indes hollandaises a lutlé jusqu'ici contre mille entraves, que lui oppose le gouvernement colonial. Quant à la mission de Siam, malgré de très-beaux commencements, elle ne présente pas le bel avenir des missions qui ont pour théâtre les contrées où règne le gouvernement britannique.
L'Asie occidentale nous offre aussi plusieurs entreprises fort intéressantes. A ces missions se lie celle qui commença chez les Grecs, en 1829. Elle dut son existence aux sympathies du monde chrétien tout entier pour les Hellènes luttant contre les Turcs. Le docteur King, qui s'y consacra le premier, appartenait à la mission de Palestine; car c'est la Terre-Sainte qui, de toutes les portions de l'Asie occidentale , avait d'abord attiré l'attention du conseil américain. L'an 1821, messieurs Fiske et Parsons donnèrent les premiers coups