‹ La religion aux États-Unis d'Amérique (volume 2)Chapitre 13 sur 167 · CHAI». VI. CARACTÈRK DE I.A PRÉDICATION · texte numérisé non relu

CHAI». VI. CARACTÈRK DE I.A PRÉDICATION

par une lecture assidue des Sainles-Ecrilures et des meilleurs commet] laires, elle cœur plein d'amour pour Dieu el pour les âmes, quoiqu'il n'ait pas fréquenté les jardins d'une académie, ni étudié les finesses de l'art oratoire. Plus de 20,000 localités, en Amérique, doivent aux travaux de tels hommes le bon ordre, le tranquillité, le bonheur qu'on y voit régner, aussi bien que l'humble et sincère piété qui réchauffe tant de cœurs et embellit tant de foyers. C'est à leurs travaux encore qu'on peut attribuer l'esprit conservateur qui caractérise nos campagnes; car personne n'a mieux su qu'eux inculquer les doctrines qui produisent l'obéissance aux lois et le respect pour les magistrats. Jamais ils ne furent plus utiles que les deux dernières années, où ils eurent à lutter contre les principes anarchiques des soi-disant réformateurs, religieux et politiques. Aussi n'y a-t-il personne qui soit plus cordialement haï de ces démagogues, dont heureusement les projets rencontrent toujours moins d'amis et de défenseurs. «Rien,» dit le journal la Providence, dans son numéro de juillet 1842, «rien n'a plus irrité les ennemis des lois et du bon ordre que la noble contenance du clergé, qui s'est unanimement élevé contre leurs doctrines révolutionnaires. »

Mais je dois traiter de la prédication sous un point de vue plus élevé et tout à la fois plus important, je veux dire son efficacité pour le salut des âmes.

Ce qui, d'abord, caractérise la prédication américaine, CGsl là. simplkilé. Nos ministres instruits adop-

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Uiiil géiiéraloiiit'iil la l'oniic ordinaire des sermons. Le grand l)ul (ju'ils se proposent est de préseiiler le vrai sens d'un lexle, el non de produire de l'effet par des vues neuves, plus ou moins reeherchées, ou comme on dit, philosophiques. Quant à la forme du style, on préfère aux ornements de la rhétoricjue , un lancfage tout naturel et môme familier. Ceux de nos prédicateurs qui tiennent le plus à la clarté, emploient les expressions d'origine saxonne plutôt que celles dont l'élymologie est latine, ces dernières étant moins bien comprises par le peuple. En général on vise à la force plus qu'à la beauté. Môme simplicité dans le débit; rien d"étudié ni de théâtral. Ce n'est pas exclure l'animation ou la véhémence; inais la manière est toujours telle que l'attention de l'auditeur se porte sur ce qu'il entend et non sur celui qui parle. C'est donc la vérité toute nue qui fait son chemin dans les cœurs. A l'exception des méthodistes, qui ont probablement hérité cette mauvaise habitude de leurs premiers évoques, Coke et Asbury, nous ne connaissons guère aux Etats-Unis ce qu'on pourrait appeler le chant britannique^ mais, en général, chacun prêche du ton dont il parle.

Tout cela réuni donne à la prédication américaine un caractère particulièrement 5é;'r<>i<^. Grâces à Dieu, nos minisires, en général, sont des hommes convertis. On voit qu'ils sentent l'importance infinie de leurs enseignements. «Nous croyons; c'est pourquoi nous parlons, » C'est la foi qui anime leur zèle et qui inspire leurs discours. Ils comprennent ce qu'il y a

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