‹ La religion aux États-Unis d'Amérique (volume 2)Chapitre 15 sur 167 · CHAP. VI. CARACTÈRE DR LA PRÉHICATION · texte numérisé non relu

CHAP. VI. CARACTÈRE DR LA PRÉHICATION

conviendra, je pense, que, de toutes les branches de la philosophie, celle-ci est vraiment la plus-utile en religion. Toute spéculation d'ailleurs doit céder le pas à la révélation divine.*

Un autre trait qui caractérise notre prédication , c'est qu'elle a quelque chose de très-direct, et ceci est vrai de tous nos ministres évangéliques. Après le désir d'être compris , ils n'en ont pas de plus grand que

1 «r Je pense, » dit M. de Tocqueville, «qu'il n'y a pas, dans le » monde civilisé, de pays où l'on s'occupe moins de philosophie » qu'aux Etats-Unis. Les Américains n'ont point d'école philoso- » phique qui leur soit propre, et ils s'inquiètent fort peu de toutes » qelles qui divisent l'Europe ; ils en savent à peine les noms. Il est » facile de voir cependant que presque tous les habitants des » Etats-Unis dirigent leur esprit de la même manière, et le condui- » sent d'après les mêmes règles, c'est-à-dire qu'ils possèdent, sans )j qu'ils se soient jamais donné la peine d'en définir les règles, une » certaine méthode philosophique qui leur est commune à tous» ( De la Démocratie en Amérique, seconde partie, ch. I). Il est vrai que nous n'avons pas aux Etats-Unis de grands professeurs qui, passant leur vie à philosopher, puissent rivaliser avec les Kant, les Hegel et les Schelling. Il n'est pas même probable que nous en possédions jamais. Le caractère anglo-saxon ne se plairait pas à des spéculations si stériles en pratique, et les intérêts de la vie publique ne nous permettraient pas Uiieux de nous y livrer. Mais s'il s'agit de la philosophie de l'esprit humain, telle qu'on l'étudié généralement en Europe, et dont on ne saurait nier la grande utilité, il s'en faut de beaucoup qu'elle soit négligée au milieu de nous. Il n'est pas un de nos collèges protestants où l'on ne lise Locke, Reid, Dugald Stewart, Brown, etc., et tout ce que nous avons d'hommes influents ont passé dans ces collèges. Voilà peut-être comment s'expliquerait ce qui semble étonner M. de Tocqueville, l'esprit philosophique des habitants de l'Amérique du Nord ; mais il ne faut pas, comme lui, s'imaginer qu'ils fassent de la philosophie absolument sans le savoir.

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