‹ La religion aux États-Unis d'Amérique (volume 2)Chapitre 25 sur 167 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

OBSERVA'rlO^S SUPPLEMENTAIRES SUR LES REVEILS RELIGIEUX,

Qu'il me soit permis d'ajouter quelques mots pour compléter ce sujet.

On aura remarqué que la dissertation contenue dans les chapitres précédents ne se rapporte en dernière analyse qu'aux réveils de la Nouvelle-Angleterre, ceux que l'auteur a pu le mieux étudier. Mais comme j'ai eu des relations avec diverses communions évangéliques dans tout le territoire américain, en ma qualité d'agent de sociétés philanthropiques et religieuses, je

' Comme on l'a pu voir dans la préface de l'auteur, en tête du premier volume, ces trois chapitres sur les réveils religieux sont du révérend docteur Goodrich, qui professa longtemps la théologie avec distinction dans le collège de Yale, à New-Hawen, au Connecticut. ( Traducteur. )

puis donner le résultat de mes observaliatis personnelles.

Je dirai donc que toutes les églises évaniçéliques des Etats-Unis ont re-cueilli des réveils religieux, les mêmes bienfaits que les églises et les collèges de la Nouvelle-Angleterre, si ce n'est même de plus grands. J'ai été témoin de réveils dans presque tous les Etats, et je les ai toujours vus rsvêtus de caractères au fond parfaitement semblat>los.

Il est vrai que, sous la direction de ministres régulièrement établis et doués d'une instruction solide, les réveils sont en général |Ùus francs de tout alliage, plus à l'abri de circonstances fâcheuses , et particulièrement de cette excitation physique qui se manifeste par des sanglots, par des cris, ou par des efforts infructueux pour garder soiv maintien. Cependant, i! n'est pas toujours au pouvoir <Jes prédicateurs de modérerle mouvement. Gela dépend beaucoupdel'espècede gens avec lesquels ils ont à faire. Au milieu d'hommes grossiers, qui ont l'habitude de donner un libre cours à la véhémence de leurs impressions, il y aura toujours une animation plus bruyante et plus irrésistible, qu'avec ceux dont l'art de l'éducateur a raffiné les manières.

Je ne saurais comprendre que des ministres judicieux ne fissent pas (oui ce qui dépend d'eux pour comprimer des manifestations, dont le moindre inconvénient est d'interrompre le service et de distraire les auditeurs paisibles. Mais est-il bien é'onnanl, après tout, que des hommes, dont la vie n'a été

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qu'une longue révolte contre Dieu et un entier oubli de leur âme, ne puissent sortir de leur sommeil, ni voir leur affreux péril, sans crier à haule voix comme Saul deTarse : «Seigneur, que veux-lu que je fasse?» Personne n'est plus ami de l'ordre que moi, cependant j'ai vu de ces émotions violentes excitées par la simple prédication de la Parole; et comme c'étaient des gens sans culture qui les éprouvaient, il n'y avait pas moyen de maintenir parmi -eux le calme que des hommes bien élevés conservent si bien, malgré le trouble tout aussi grand de leur, conscience.

Que, parmi les prédica'eiirs dont le ministère a été le plus utile , il y en ait eu qui n'aient pas mis assez d'attention à réprimer ces élans, c'est ce qu'on ne saurait nier; et il s'en est trouvé dans toutes les églises. On en voit même qui ont assez peu de prudence pour les encourager. Mais, à ne' considérer que l'action de l'homme, est-il raisonnable d'attendre d'un clergé si nombreux, si inégalement instruit, si divers d'opinion à beaucoup d'égards, un parfait accord sur les meilleurs moyens de conduire un réveil ?

Il n'en est pas moins réjouissant de penser que, chaque année , et sur une échelle plus ou moins vaste, la religion se ranime dans nos Etats, au sein de toutes les communions évangéliques ; et, bien que cela ne se fasse pas toujours comme i! serait à désirer, surtout dans les nouveaux établissements, il n'est pas douteux que les églises et la société n'en aient ressenti l'heureuse influence.

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