DERNIÈRES OBSERTATIONS SUR L'ÉGLISE ET LA CHAIRE EN AMÉRIQUE
Un étranger qui visiterait à fond nos églises évangéliques de loutes dénominations serait frappé, je m'assure, de l'ordre parfait qui y règne. Ceci s'applique aussi bien aux plus petites réunions de prières, dans toute paroisse ou congrégation qui a quelque vie, qu'aux grandes assemblées du culte public. Quoiqu'on ne me l'ait guère dit ouvertement, j'ai pu m'apercevoir qu'en Europe on n'imagine parmi nous que désordre et résistance aux lois, et l'on suppose que nos communautés religieuses ne doivent pas être moins victimes de l'insubordination que la société civile. Ces deux opinions ne sont pas plus fondées l'une que l'autre. De ce qu'il y a eu quelques troubles excités dans un petit nombre de lieux à l'occasion de l'esclavage , et de ce que la populace s'est exaspérée quelque part contre une bande de joueurs, il ne s'ensuit pas que le pays tout entier présente le spectacle d'une émeute en permanence.il n'est pas de contrée au monde où il y ait eu depuis soixante ans moins de sang versé dans des mouvements populaires. Sans doute que le crime agite aussi parmi nous ses mains ensanglantées; mais, après tout, l'on y a la vie en sûreté.
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loul autant que daiis aucun des pays que j'aie visités, et j'ai parcouru la plupart de ceux qu'on vante pour leur civilisation.
Quant à l'église en particulier, 'e respect des institutions y est aussi grand que nulle part. Il ne s'y fait aucune confusion des droits du ministre et de ceux (lu peuple. Partout on comprend Irès-bien les devoirs de chacun. La plu[>art des églises oui un gouvernement ecclésiastique qui possède une autorité réelle. C'est vrai surtout des églises presbytériennes et des églises épiscopales dans toutes leurs ramifications. Les congrégationalisles eux-mêmes, bien que constitués démocratiquement, ont, au centre, un pouvoir dont l'action n'est guère moindre. Combien il est rare d'entendre parler de désordres au sein des petites réunions qui se tiennent enJre chrétiens pour prier et lire la Parole, réunions si multipliées et presque toujours présidées par des laïques pieux! Qu'il est rare encore de voir de simples membres d'une église empiéter d'aucune manière sur les prérogatives qui appartiennent d'une commune voix aux officiers ecclésiastiques! Il n'est, dans le fait, aucun point sur lequel nous soyons plus d'accord enlre nous, que sur la nécessité de maintenir un ordre convenable et une juste subordination. Le ministère possède toute l'influence qu'il a le droit de réclamer. Jamais que je sache, dans nos réunions destinées au culte public, la chaire ne fut confiée à un homme qui n'avait pas sa licence de prédicateur. S'il est, en d'autres contrées, des îiiveleurs (jui professent une doctrine tendant à