CHAPITRE II
EGLISE PROTESTANTE EPISCOPALE.
L'église prolestanle épiscopale des Etals-Unis tire son origine de l'église anglicane. Non-seulement elle en est la fille, mais encore «elle lui doit, après Dieu, sa première éducation elles soins qui protégèrent son enfance. » ^ Elles professent en conséquence l'une et l'autre la même doctrine. Leur rituel et leurs formulaires sont les mêmes, sauf quelques changements que l'église d'Amérique a cru devoir y introduire après notre révolution. Je n'ai pas besoin d'ajouter qu'à la différence de la mère-église, l'épiscopat, aux Etats- Unis, n'est point établi ni salarié par la loi, et qu'il ne jouit d'aucun pouvoir politique ni d'aucun privilège
Voici les points sur lesquels les épiscopaux d'Amérique ont fait subir quelques changements à la liturgie anglicane : l"* il est permis d'abréger la formule de l'absolution, bien qu'en général on la conserve telle quelle dans la pratique ; 2° on a supprimé le symbole d'Athanase ; 3° dans l'adminislration du baptême, le ministre est autorisé à retrancher le signe de la croix si les parents le demandent; 4° l'on a considérable-
* Préface de la Liturgie américaine {Book of Common Frayer).
CHAP. II. ÉGLISE PROTESTANTIi ÉPISCOPALE. 121
ment abrégé le service pour la célébration du mariage ; 5" on a modifié, dans le service mortuaire, les expressions qui prêtaient à de fâcheuses interprétations; 6° l'on permet de supprimer dans le service de la communion la prière intitulée Ohlaiion et l'Invocation ; 7" il est également permis de substituer à ces mots du Symbole des 4pôtres : « Il est descendu aux enfers, » ceux-ci, ou d'autres équivalents : « Il est descendu dans le monde des décédés ; » 8° enfin , l'on a naturellement changé la prière pour les princes et les magistrats. — Ce n'est pas tout sans doute; mais le reste ne vaut pas la peine d'être relevé. *
Ce qui caractérise l'église épiscopale aux Etats- Unis, comme en Angleterre, c'est qu'elle admet trois ordres de ministres : les évêques , les prêtres et les diacres; distinction qu'elle estime être d'instilulion apostolique. Les évêques seuls ont le droit de consacrer les minisires. Les églises nomment chacune leurs pasteurs, mais l'installation ne peut se faire que du consentement de l'évêque diocésain.^ Les intérêts temporels de la paroisse sont régis par un conseil
' C'est un desbeauxfruitsdelalibertédeséglises, qu'elles puissent améliorer ce qu'il y a de défectueux dans leurs institutions. Quand celles-ci ont la sanction des lois, le remède aux maux partiels est presque impossible ; et, quand le mal est venu à son comble, l'Eglise elle-même ne veut plus du remède qui pourrait seul la guérir : je veux dire la liberté. ( Traducteur. )
2 Si révêque ne peut faire la présentation, ou si le diocèse n'a pas d'évêque, le soin en est remis à un collège de prêtres du voisinage. Dans le premier cas, c'est l'évêque qui nomme ce collège; dans le second, il se forme spontanément.
122 i.A uiii.KiioN i:n A.UlKHiyi E. I.IV. VI
d'iui(;ieiis ou inaii^iiilliers (churcli-wardeiis); mais la (lircclion spirituello en appaiiioiil exclusivement au pasleur, ou, comme on l'appelle plus ordinairement, au recteur. *
A raison des développements considérables qu'elle a pris, cette église s'est subdivisée en autant de diocèses que l'oi] compte d'Elats en Amérique; et môme dans les Etals oili elle fleurit particulièrement, on a formé deux diocèses, ou bien l'on donne à l'évèque un coadjuteur. C'est le cas des Etals de New-York et de Virginie. Ici, toutefois, c'est plutôt par un effet de la vaste étendue du territoire.
Les affaires du diocèse se traitent dans une assemblée qui porle le nom de Convention et qui se réunil chaque année. Elle se compose du clergé de tout le diocèse et d'un ou deux laïques délégués de chaque église. Ils sont nommés ou par le peuple, ou par le conseil de paroisse, suivant la localité. Le clergé et les laïques forment un seul corps, mais ils votent séparément lorsque quelque membre en fait la demande. La présidence appartient à l'évèque; en son absence la convention nomme elle-même son prési-
' Dans le système épiscopal, l'évèque est proprement le pasteur de tout le diocèse; les conducteurs des paroisses n'y sont envisagés que comme régisseurs ou recteurs. On les appelle aussi vicaires, parce qu'ils sont en quelque sorte les substituts de l'évèque.- Enfin celui qui remplace dans une paroisse le vicaire, ou recteur, reçoit le nom de curale, curateur, suflfragant. D'où il est facile de voir que c'est bien souvent le curale qui est le véritable pasteur du troupeau, au moins en An{iletcrre. ( Traducleur. ]
CUAP. 11. ÉGLISE PROÏESTANTK ÉPISCOPALE. 123
dent. Pour qu'une décision prenne lorce , il laul qu'elle soit adoptée par les deux ordres.
Tous les trois ans, il se tient une convention générale dans le lieu que, avant de se séparer, la convention précédente a choisi pour sa prochaine réunion. Ce corps se compose aussi de deux chambres, celle des évêques et celle des délégués. Celle-ci , comme son nom l'indique, est une délégation mi-partie ecclésiastique et laïque des conventions diocésaines. Les règlements adoptés par les deux chambres constituent le droit canonique de l'église épiscopale. Ils déterminent tout ce qui concerne l'élection des évêques, les qualités requises pour recevoir les ordres de diacre et de prêtre, les études qu'on doit avoir faites, les examens à subir, el l'âge avant lequel on ne peut exercer le ministère.
Pour être ordonné diacre, il faut avoir vingt-un ans; vingt-quatre ans, pour recevoir la prêtrise, et trente ans accomplis pour être nommé évêque.
Les candidats à l'ordination n'ont pas, comme dans l'église anglicane, à souscrire les trente-neuf articles; on se borne à la déclaration suivante : « Je crois que les saintes écritures du Vieux et du Nouveau-Testament sont la parole de Dieu , qu'elles renferment tout ce qui est nécessaire au salut, et je promets solennellement de me conformer aux doctrines et au culte de l'église protestante épiscopale telle qu'elle existe aux États-Unis. » 11 est d'ailleurs entendu que ces doctrines sont exposées dans les articles de foi qui accompagnent la liturgie, et dans les prières même