Ï I.A «KI.KJION EN AMI>UIQLIU. LIV. VI
de celle liUiri^ie (|iii sont censées les reproduire. Lu chute de l'homme, la Irinilé en Dieu, la divinité personnelle et l'humanité du Sauveur, l'expiation par ses soufîrancos et sa mort, la régénération et la sanctification œuvre du Saint-Esprit, le jugement dernier, le bonheur éternel des justes et la misère éternelle des méchants; en un mot, les doctrines de la Réformation , voilà ce que proclament les formulaires de l'église protestante épiscopale d'Amérique et ce que professent réellement ceux qui souscrivent la déclaration précédente.
Cette église fut la première église protestante qui se transplanta sur le sol américain, et nos lecteurs se souviennent des faveurs qui lui furent prodiguées en Virginie, depuis la naissance de la colonie jusqu'à la révolution. Ils se souviennent aussi comment elle devint l'église officielle du Maryland, de New-York et des deux Carolines. Mais ils savent d'un autre côté combien peu toutes ces faveurs lui profilèrent. En 1775, elle ne comptait pas plus de quatre-vingts ministres dans les colonies au nord et à l'est du Maryland, et encore plusieurs d'entre eux étaient-ils soutenus par la Société anglaise pour la propagation de l'évangile à l'étranger. Dans la Virginie et le Maryland, elle en avait environ cent cinquante, nombre de beaucoup supérieur à celui du clergé anglican de toutes les autres colonies prises ensemble.
Nous avons dit les principales causes du peu de progrès que fil celle église, el de la décadence où la
trouva notre révolu lion; ' mais après cet événement et au retour de la paix, en 1783, on la vil bientôt se relever de ses ruines. Pour première mesure , il y eut à Philadelphie, l'an 1785 , une convention spéciale du clergé épiscopal , dans le but de se donner une constitution ecclésiastique, par laquelle toutes les églises de celle dénomination pussent ne former qu'un seul corps. Puis il fallut songer à se procurer des évêques américains pour ne plus dépendre de l'Angleterre. A cet effet, la convention ouvrit, auprès des archevêques de Cantorbéry el de York, des négociations en suite desquelles le parlement britannique autorisa les prélats anglais à consacrer des évêques destinés aux Etats-Unis^. En conséquence, les révérends docteurs White de Philadelphie , et Pro— voost de New-York, partirent pour l'Europe et reçurent la consécration épiscopale des mains de l'archevêque de Cantorbéry el de celui de York, assistés des évêques de Bath et de Pelerborough. De retour chez eux, ils prirent immédiatement la direction des diocèses qui les avaient envoyés en Angleterre.
Peu de temps avant la consécration des évêques White et Provoost, le révérend Samuel Seabury,
1 Livres U et III.
*Nous connaissons peu de faits qui montrent plus que celui-ci dans quelle abjection peut tomber une église, quand elle se place sous la tutelle de l'Etat. Les évêques anglicans s'estiment les successeurs légitimes des apôtres du Seigneur, et il leur faut un acte du Parlement pour oser exercer une fonction qu'ils envisagent comme apostolique entre toutes ! ( Traducteur. )