G I.A llKl.KilON lîN AMIIHIOUK. LIV. M
iloclour (Ml tli(M)lo!:!;i(\ élail alh'; ii Londres (l(3inan(l(3r lOi'diiialion ùpiscopale. Comme il vit qu'il n'y avait aucun espoir qu'on lui accordât sa demande, il passa en Ecosse où il fut consacré par trois des évoques de l'église dissidcnle épiscopale de celle portion du royaume. A son retour, il obtint des églises du Conneclicul la présidence de leur diocèse.
Dans la convention générale de 1789, il fut question d'ordonner un an!re évéque , et l'on invita les évêques White el Provoost à s'adjoindre pour celte cérémonie l'évoque Seabury ; car il est établi qu'il faut le concours de trois évoques pour en instituer un nouveau. Mais l'évoque White s'en faisait des scrupules, parce qu'il croyait avoir promis aux prélats anglais de ne procéder à l'ordination d'aucun évêque, jusqu'à ce qu'il eût deux collègues consacrés de la manière qu'il l'avait été lui-même. Pour couper court à celte difficulté, l'on envoya le révérend docteur James Madison se faire consacrer à Londres ; et, lors de l'assemblée triennale qui suivit (l'an 1792), les quatre évêques White, Provoost, Madison el Seabury, ordonnèrent le révérend docteur Thomas John Clagget, pour exercer la charge d'évêque dans le Maryland.
C'est l'époque, je crois, qu'on peut envisager comme celle où l'église épiscopale, après être descendue bien bas, remonta peu k peu pour atteindre enfin la prospérité remarquable dont elle jouit maintenant. Je n'ai pas les moyens d'évaluer au juste le nombre de ses minisires en 1792; mais je suis sûr
qu'il ne dépassait pas deux cents, et, comme on vient de le voir, elle ne possédait alors'que quatre évêques. Quarante ans après, suivant les procès-verbaux de la convention générale de 1832, le nombre des évêques était de quinze, et celui des ministres de cinq cent qualre-vingt-trois. Douze ans plus tard, en l'année 1844, nous avons pour cette église vingttrois évêques, onze cent soixante-seize ministres,* et sûrement plus de douze cents congrégalions ou paroisses. '^
La prospérité spirituelle de cette église ne le cède point à ses progrès matériels. Il y a, dans l'ensemble des congrégalions dont elle se compose, une vie et une activité qu'elle ne connut à aucune époque de la période coloniale. Elle a eu de beaux réveils religieux, et tout en elle rappelle l'arbre planté le long des eaux courantes. Nulle part elle n'est plus florissante que dans ces Etats do Virginie et du Maryland où son déclin fut le plus grand. A l'instant même, un jeune ministre épiscopal , pasteur d'une paroisse de la Virginie, m'informe que les églises de cet Etat ont été richement bénies d'En-Haut durant l'hiver et le printemps de cette année. A Norfolk, il y a eu
' Swords' Pocket Almanac for 18M.
^C'est-à-dire que, depuis 1792,1e nombre des ministres de cette église a presque sextuplé; et comme durant ce temps la population des Etats-Unis n'a guère que quadruplé, l'on voit que l'église épiscopale y a pris un développement proportionnel considérable. Il n'est donc pas vrai que la liberté ne profite qu'aux petites églUes.
[ Traducteur. )
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plus (le t'ciil personnes ajoulées à r«''^lisc épiscopale; un nombre à peu pn>s égal dans la ville de Pélersbourg; et à Kicliemond/ Tétat des esprits présentait un tel intérêt, que les recteurs des trois ou quatre congrégations de celte ville ne crurent pas devoir quitter leur poste pour se rendre à la convention du diocèse.
J'ai déjà mentionné les sociétés de l'église épiscopale qui ont pour objets les missions domestiques, les écoles du dimanche , les études des candidats au saint ministère, et la publication de traités et de livres religieux. -
J'ai aussi donné le tableau des écoles de théologie ou séminaires qui appartiennent à cette église. Il en est une à New-York, une seconde dans le comté de Fairfax, Virginie, à quelques milles d'Alexandrie, district de Columbia; une troisième à Gambier, Ohio; celle-ci se rattachant au collège Kenyon. L'on peut évaluer de cent quarante à cent cinquante le nombre des jeunes gens qui y font leurs études, sous les soins de professeurs habiles.
Dans l'église épiscopale d'Amérique comme dans celle d'Angleterre, il est une portion du clergé que l'on qualifie de « haute église » par opposition au bas clergé. Quelquefois ce dernier parti reçoit exclusivement le nom de parti évangélique; mais c'est mal à propos , car ils ne sont pas rares ceux qui , ap-
* Norfolk, Pétersboiirg et Richemond sont les trois plus grandes villes de cet Etat.
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partenant à la haute église, c'est-à-dire, qui, exagérant jusqu'à l'extravagance la valeur des formes épiscopales, prêchent toutefois une doctrine purement évangélique. Du reste, ce qu'on peut reprocher aux pasteurs de la haute église, c'est moins ce qu'ils prêchent que ce qu'ils ne prêchent pas. Ils attachent aux formes et aux cérémonies une importance que l'Evangile ne leur donne nullement. Ils n'insistent pas assez sur la misère des pécheurs et sur les maux qu'ils se préparent; par cela même, ils ne présentent pas le salut de Christ dans toute sa gloire , ni la justification par la foi dans toute sa plénitude. D'où il suit que leur prédication n'atteint pas les consciences comme le fuit celle de leurs frères évangéliques, et que les membres de leurs églises demeurent attachés «r au monde et à ses pompes , » bien au-delà de ce qu'il faudrait. Toutefois, il serait injuste de les confondre avec le clergé de certains pays; on ne les voit en aucune manière passer leur temps à la chasse, ni se permettre les divertissements du théâtre, du bal ou des cartes.
J'ignore quel est précisément le rapport des minislres évangéliques à ceux qui ne le sont pas. Si j'en juge d'après ce qu'en a dit le révérend docteur Tyng* devant la Société des Missions épiscopales de Londres, en 1842, il paraît être comme deux à un. Des vingt-trois évêques , il en est quatorze ou quinze
' M. Tyng est un des ministres épiscopaux les plus distingués des Etats-Unis.