‹ La religion aux États-Unis d'Amérique (volume 2)Chapitre 38 sur 167 · CHAP. III. ÉGLISES CONGRÉGATIONNEI.LES · texte numérisé non relu

CHAP. III. ÉGLISES CONGRÉGATIONNEI.LES

récemment dans celle dernière église, on a vu s'augmenter le nombre des congrégations qui ne veulent entendre à aucun rapprochement.

On compte environ quinze cents églises congrégationnelles aux Etals-Unis. De ces quinze cents, il en est bien mille qui appartiennent à la Nouvelle- Angleterre. Elles sont desservies par environ treize cent cinquante ministres, et leurs membres, c'est-à-dire, ceux qui y communient, sont au nombre de cent quatrevingt mille. Ces chiffres ne comprennent pas les églises d'origine congrégationnelle qui ont rejeté les doctrines de la réformation, et qu'on désigne sous le nom d'églises unitaires. A l'exception du Maine, où il en existe quelques-unes, du New-Hampshire, de Vermont et de Rhode-Island, dans chacun desquels on en trouve deux ou trois , c'est le Massachusets qui renferme loutce qu'il y a de congrégations unitaires en Amérique. Il faut y ajouter cependant, hors de la Nouvelle-Angleterre, une dizaine d'églises au plus qui, pour le fond et pour la forme, ressemblent beaucoup aux églises unitaires de la Grande-Bretagne.

Ceux que, dans l'origine, on désignait sous le nom de pèlerins, cette petite bande d'exilés qui, après avoir fui en Hollande, én]igrèrenl en Amérique, l'an 1620, et fondèrent à Plymouth la première colonie de la Nouvelle-Angleterre, ces pèlerins, dis-je, dont j'ai raconté l'histoire dans mon deuxième livre, étaient de véritables séparatistes, relativement à l'église anglicane. Coupables du crime d'avoir voulu instituer leur culte en dehors de la loi, ils durent abandonner leur

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pays luilal , s'eriibaninor claiidesliiiemenl et de nuit, comme l'eussent fail des gens sans aveu. Mais la masse d'cmigranls, tout à la fois plus nombreuse et mieux pourvue, qui, dès l'an 1628 et plus lard, fonda Salem et Boston, Hartford et New-Haven, ces puritains, qui furent, par le fait, la souche du peuple anglo-américain et lui imprimèrent leurs opinions et leurs mœurs, s'envisagèrent comme faisant partie de l'église anglicane, jusqu'au moment où, par leur retraite dans les déserts de l'Amérique, les liens qui les unissaient à la mère-église eurent été rompus. Il est vrai qu'en Angleterre on les flétrissait du nom de puritains; mais ces puritains formaient un parti dans l'église, et non point une église à pari. Les ministres qui accompagnèrent leur émigration, ou plutôt qui la dirigèrent et qui furent les premiers pasteurs des églises de la Nouvelle-Angleterre, étaient presque tous des ministres de l'église anglicane. Elevés dans ses universités, ordonnés par ses évoques , ils y avaient occupé des places de pasteurs. Comme ils se refusaient à porter la robe blanche du prêtre, a faire le signe de la croix dans le baptême des enfants, sans compter encore d'autres cérémonies qu'ils estimaient superstitieuses, on pouvait à bon droit les appeler non-conformistes, mais cela n'empêchait pas d'ailleurs qu'ils ne s'acquittassent de leurs saintes fonctions, du mieux qu'il leur était possible au sein des mille difficultés qu'on leur suscitait. Ainsi donc, pour citer seulement quelques noms, Cotlon et Wilson de Boston, Hooker et Slone de Harlforl, Davenporl et

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