‹ La religion aux États-Unis d'Amérique (volume 2)Chapitre 54 sur 167 · LA RELIGION EN AMÉUIQUE. LIV. VI · texte numérisé non relu

LA RELIGION EN AMÉUIQUE. LIV. VI

soit aussi parce que les frères de la nouvelle école craignaient que, ceux-ci condamnés, ils ne pussent euxniômes échapper aux censures de l'Eglise. Quels qu'aient élé leurs motifs au fond , il est sûr que les hommes de leur bord empochèrent constamment qu'on ne prononçât une sentence de désapprobation sur les doctrines en question. Or, on conçoit que cela dut accroître le mécontentement du parti de l'ancienne école et lui donner des craintes sérieuses quant à l'avenir de la foi dans leur église.

A ces causes de mésintelligence vint s'ajouter un grave dissentiment sur la manière dont on devait diriger certaines œuvres chrétiennes, telles que les missions et les séminaires théologiques. Dans l'ancienne école on pensait généralement que c'était à l'église de les prendre en main , au moyen de ses corps constitués et de conseils nommés par elle ; dans la nouvelle école, au contraire , on voulait qu'elles se fissent par des associations libres qui pussent réunir les chrétiens des diverses églises évangéliques. Il semblait à première vue que c'était un point sur lequel les membres de l'église pouvaient différer sans inconvénient et sans collision. Mais on ne tarda pas à reconnaître que ces associations exercent sur l'église une action indirecte fort considérable, si même elles ne finissent par la maîtriser. Quel n'est pas en effet le pouvoir d'une société, par exemple, qui dirige les éludes du saint ministère , et qui distribue chaque année dans le pays des centaines d'évangélistes? Sous ce rapport on dut nécessairement envisager la question comme

d'uue importance pratique des plus étendues. * Ce fut au milieu de ces préoccupations, ou dirai-je de cette irritation des esprits, que l'assemblée générale se réunit en 1837. Les deux partis avaient acquis la conviction qu'il fallait se séparer; mais comment la séparation s'effectuerait-elle , c'est là que résidait la difficulté. Dans le but d'y couper court, l'assemblée générale commença par abolir le système d'union adopté en 1801; puis elle vota plusieurs actes dont l'effet était d'empêcher que, à l'avenir, une église congrégationnelle pût avoir ses mandataires dans un des corps administratifs de l'église presbytérienne, en sorte qu'un presbylère ou un synode qui compterait parmi ses membres des congrégationalistes, fût ipso facto retranché de la communauté générale. En prenant ces résolutions, l'assemblée prélendit ne point outrepasser ses pouvoirs, puisqu'il ne s'agissait que d'une mesure d'exécution. En effet, la constitution de l'église n'exige-t-elle pas, disait-on, que les corps qui la gouvernent se conforment à ses dispositifs?

Si les synodes et les presbytères que ces résolutions

' On conçoit en effet que, dans un pays où l'Eglise est nettement séparée du monde, et où d'ailleurs elle jouit d'une pleine liberté d'action , il convienne mieux peut-être que bien des œuvres chrétiennes se fassent par elle et non par des sociétés. Mais dans les lieux où la position de l'Eglise est précisément l'inverse, ce sont, à bien dire, les sociétés religieuses qui constituent l'église active. En se faisant par des sociétés libres, ces œuvres se font bien plus réellement par l'Eglise, que si elles étaient sous la direc tion des corps ecclésiastiques, sous le contrôle du pouvoir civil.

( Traducteur).

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