‹ La religion aux États-Unis d'Amérique (volume 2)Chapitre 56 sur 167 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

EGLISE METHODISTE EPISCOPALE.

Ce corps nombreux et puissant professe les doctrines des méthodistes wesleyens d'Angleterre, et sur tous les points importants il suit leur système ecclésiastique. Son origine remonte à l'an 1766, qu'un M. Philip Embury, après avoir prêché quelque temps l'Evangile au milieu des wesleyens du nord de l'Irlande, vint en Amérique avec quelques personnes de sa société, et ouvrit à New-York, dans sa propre maison, des réunions d'exhortations et de prières. Cette ville, à ce qu'il paraît, comptait alors bien peu de chrétiens vivants et zélés; mais avant qu'il fût longtemps, l'association méthodiste y avait fait de notables progrès. Au bout de quelques mois il fallut

' On l'a aussi débarrassée de lonctions judiciaires qui s'exercent toujours mal par un corps trop nombreux, « t encore plus mal si ce corps cumule avec le pouvoir judiciaire, le pouvoir législatif.

( Traducteur ) .

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louer une vaste salle pour le culte, et la congrégation s'accrut encore par les prédications d'un capitaine Webb, converti en Angleterre, qui, se trouvant alors en garnison à Albany, faisait de fréquentes visites au petit troupeau de New-York.

Bientôt il y eut de semblables réunions en divers lieux de Long-lsland, à Philadelphie et ailleurs. En 1768, on bâtit à New-York un vasle édifice destiné à ces assemblées; ce fut la première église méthodiste que vit l'Amérique. L'année d'après, sur la demande qu'on en tit à Wesley, il envoya deux de ses prédicateurs, MM. Richard Boardman et Joseph Pillmore, qui se fixèrent à New-York. Dans le même temps, un autre prédicateur méthodiste, qui avait, comme Embury, fait ses premières armes en Irlande, débarque au Maryland, s'établit dans le comté de Frederick, où il tient des réunions, soit chez lui, soit chez des personnes pieuses du voisinage.

Répondant à de nouvelles instances , Wesley fit encore partir d'Angleterre, en 1771, MM. Francis Ashbury et Richard Wright. Par les travaux de ces deux hommes, du premier surtout, le méthodisme ne cessa de gagner du terrain jusqu'au commencement de la révolution. Cet événement retarda sa marche, au moins en quelques lieux, non-seulement par un effet même des circonstances, mais encore parce que la qualité d'anglais , et d'anglais nouvellement débarqués, excita contre Ashbury et les siens la méfiance des révolutionnaires.

Mais, au retour de la paix, une grande porte s'ou-

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vrit devant eux, et ils surent en profiter. Jusqu'à ce moment ils avaient borné leurs efforts à ranimer la piété dans le sein de l'église épiscopale, et rien n'était plus éloigné de leur esprit que de sortir de sa communion. Cependant, à mesure que la piété se ranimait chez les laïques, on sentait tout ce qu'il manquait à celle du clergé ; sans compter d'ailleurs que, soit avant la révolution, soit pendant la guerre, le nombre des pasteurs était de plus en plus insuffisant. Aussi écrivit-on à Wesley afin qu'il envoyât en Amérique des ministres consacrés, qui pussent administrer les sacrements à ses disciples. 11 se montra d'abord fort contraire à cette idée; mais, lorsque la révolution eut achevé son cours, ilcrut pouvoir faire pour nos contrées ce qu'il eût envisagé comme illégal tant qu'elles étaient sous la dépendance de la métropole. Il fît donc partir, en qualité de surintendant des églises méthodistes d'Amérique, le doct. Coke, ministre régulièrement consacré dans l'église anglicane, en lui adjoignant MM. Richard Whatcoat et Thomas Vasey, que le doct. Coke lui-même, assisté du Rév. M. Creighton, avait ordonnés prêtres au moment même de leur départ commun, en septembre 1784. Ces trois frères étaient porteurs d'une lettre de Wesley aux prédicateurs et aux sociétés méthodistes d'Amérique, lettre dans laquelle il exposait les motifs qui lui avaient permis de déférer enfin à leur demande, les informant d'ailleurs qu'il avait donné au doct. Coke et à M. Ashbury la charge de surintendants de toutes les sociétés d'Amérique qui suivaient ses institutions , et à

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MM. Wli.ilcoal et Vasey celle (rtinciens, avec autorité d'adniiiiislrer le haplôme et la Cène du Seigneur.

Les députés de Wesley ne furent pas plus tôt arrivés, que l'on convoqua à Baltimore une conférence des prédicateurs méthodistes. Elle s'ouvrit le 25 décembre 1784, et se composa de soixante membres présents ; il y eut une vingtaine de prédicateurs qui ne purent s'y rencontrer. Un de leurs premiers actes fut de confirmer , par une élection unanime, les deux surintendants nommés par Wesley; puis le doct. Coke et ses deux collègues, qui avaient reçu en Angleterre l'ordre de la prêtrise, ordonnèrent M. Ashbury, d'abord comme diacre, ensuite comme prêtre, après quoi ils le consacrèrent en qualité de surintendant. Cela fait, les deux surintendants ou évêques, nom qu'ils ne tardèrent pas à prendre et qui leur est demeuré, ainsi qu'à leurs successeurs; les deux évêques, dis-je, consacrèrent douze des prédicateurs présents à la conférence.

C'est ainsi que l'église méthodiste épiscopale des Étals-Unis jeta les bases de son organisation , il y a soixante-deux ans, et qu'elle se sépara définitivement de l'église dans la communion de laquelle elle était demeurée jusqu'à cette époque. Dès lors , ce fut une société indépendante, qui devait bientôt acquérir une valeur numérique bien supérieure à celle de l'église d'où elle est sortie. Au jour de ses petits commencements elle comptait 86 ministres et 14,986 membres.

Les actes de la conférence de 1784 furent d'une haute importance. L'église naissante adopta vingt-

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cinq articles qui devaient constituer sa confession de foi. Voici quels eu sont les titres :

<r De la foi en la Sainte-Trinité ; de la Parole ou du Fils de Dieu, qui a été vrai homme; de la résurrection de Christ; du Saint-Esprit; que la Sainte-Ecriture renferme tout ce qu'il faut pour le salut ; de l'Ancien- Testament; du péché originel ; du libre arbitre; de la justification de l'homme; des bonnes œuvres; des œuvres de surrérogatiou ; des péchés commis après la justification; de l'église; du purgatoire; qu'il faut parler dans l'assemblée une langue entendue du peuple; des sacrements; du baptême; delà Sainte-Cène ; qu'il faut distribuer au peuple les deux éléments de la Cène ; que Christ a offert un seul sacrifice pleinement accompli sur la croix ; du mariage des ministres ; des rites et cérémonies des églises; du gouvernement politique aux Etats-Unis ; de l'emploi que les chrétiens doivent faire de leurs biens; du serment. »

Sur presque tous les points, ces articles expriment les doctrines que reçoivent les protestants éclairés. Ce n'est au fond qu'un extrait des trente-neuf articles de l'église anglicane, avec quelques modifications. Les omissions toutefois n'y sont pas sans importance. Ainsi l'on n'y saurait trouver le dix-septième article, sur la prédestination et l'élection, et c'est tout simple, puisque les méthodistes wesleyens n'admettent pas cette doctrine. Par la même raison, il n'y est point parlé de la persévérance des saints. Mais dans tout ce qui tient d'ailleurs aux doctrines essentielles, on ne peut rien trouver de plus clair que ces articles, ni de plus

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