‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 104 sur 185 · CHAP. XI. ESPRIT RELIG. DD GODVERN. CENTR · texte numérisé non relu

CHAP. XI. ESPRIT RELIG. DD GODVERN. CENTR

prière, et, tous les dimanches, à midi, ils prêchent alternativement dans la salle des représentants, devant les deux chambres réunies.

Je ne crains pas de dire , après cela, que la politique générale des Étals-Unis porte le cachet du christianisme. Nous avons toujours préféré la paix à la guerre; et nous avons constamment fait effort pour mettre, dans nos relations avec les autres peuples, de l'intégrité et de la bonne foi , sans astuces diplomatiques. A peu d'exceptions près, le pouvoir a fait ce qu'il devait relativement aux Indiens des frontières, et dans les occasions oii il s'est attiré le blâme, il n'est pas aisé de dire qu'il eût pu se conduire autrement. Une ou deux fois peut-être , pour éviter la guerre civile , il ne les a pas protégés avec toute l'activité désirable contrôleurs impitoyables oppresseurs; mais, en général, on peut affirmer qu'il les a traités avec douceur et bienveillance. Depuis le temps de Washington jusqu'à ce jour, le gouvernement n'a cessé de vouloir la civilisation des Indiens; il a fait pour cela des dépenses considérables, et il seconde nos sociétés de missions par des moyens qui, pour être indirects, n'en sont pas moins efficaces. Mais j'aurai à revenir silr ce sujet, comme sur celui de l'esclavage.

Si de la politique générale je passe à l'ordre judiciaire, je rencontre quelques inslilulions qui dénolent hautement un esprit religieux. Ainsi, tout homme qui professe l'athéisme n'est pas admis à prêter serment. Pour que le témoignage d'un individu soit valable , il faut qu'il déclare sa foi en une vie à venir de

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récompenses et de chàlimeiils, et le serment se soleniiise en posant la main sur la Bible.

Enfin , je ferai remarquer l'empressement avec lequel le congrus a concédé de vastes terrains en faveur d'académies, d'asiles pour les sourds-muets et d'hôpitaux, bien qu'il sût que ces établissements seraient sous la direction de chrétiens prononcés, et qu'il ne pût pas douter que ces chrétiens n'y fissent, autant que possible, prévaloir leurs convictions religieuses.

Voilà suffisamment de faits, je pense, pour prouver que, si la constitution fédérale remet aux Étals particuliers le soin exclusif des choses de la religion, le gouvernement central ne s'y montre toutefois ni hostile, ni indifférent; et c'est ainsi qu'il en sera aussi longtemps qu'un certain nombre de nos hommes publics auront pour la religion le respect qu'ils lui témoignent maintenant. Or, ce respect est d'autant plus remarquable qu'il découle nécessairement du cœur. Ce n'est pas par intérêt pour une église nationale que nos magistrats montrent quelque zèle. Du reste, la religion , chez nous , n'a d'appui qu'en elle-même , et il ne lui en faut pas d'autres. Ce n'est point inutilement qu'elle sollicite le respect et l'affection. Il est bon nombre de législateurs de la nation qui appartiennent à nos églises , ou qui, sans en être membres actifs, les défendent chaudement. Je pense d'ailleurs qu'il en est peu qui rejettent décidément le christianisme ou qui n'entrent jamais dans le sanctuaire du Très-Haut, le jour du sabbat.*

^ En absorbant l'idée de religion dans celle d'église, et à son todr

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