‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 122 sur 185 · CONSTRUCTION D'ÉGLISES DANS LES VILLES · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION D'ÉGLISES DANS LES VILLES

Comment vous y prenez-vous quand il s'afçil de bâtir une nouvelle église, m'a-l-on souvent demandé en Europe? La réponse varie suivant les localités. Je parlerai donc premièrement de ce qui se passe dans les villes.

Là, de nouvelles églises se forment souvent par voie de colonisation, terme qu'on est convenu d'appliquer à ce procédé. Quand une congrégation devient lelleraent nombreuse que le lieu des réunions ne peut plus la contenir, le pasteur et les autres conducteurs de l'église, après en avoir conféré avec toute la malu^ rite convenable, proposent à un certa'n nombre de familles de se détacher du troupeau pour former le noyau d'une nouvelle association, qu'on aidera de ses prières, de ses conseils et, s'il le faut, de sa bourse. Sur quoi tous ceux qui ont à cœur cette bonne œuvre, vont et travaillent à la réaliser. Quelquefois il arrive que des familles et des individus, appartenant à plu-

tout on accordant que les commencements seraient difficiles. Mais à qui la faute, ou plutôt à quel système? Supposez un pays où le gouvernement assistât suffisamment tous les pauvres, n'est-il pas vrai qu'il ne resterait plus rien à faire pour la bienfaisance individuelle et que l'esprit aumônier disparaîtrait?

{Trad.)

CHAP. m. CONSTRDCTION DES ÉGLISES DE VILLES. 3Ô5

sieurs églises de mémedénomination, s'entendent pour en former ainsi une nouvelle.

La fondation des églises de villes se fait encore d'une autre manière. Ce seront quelques personnes qui, s'intéressant à la religion, bien que peut-être elles n'appartiennent proprement à aucune église , se décident à construire un temple dans un quartier de la ville où l'accroissement de la population semble le demander. Chacune d'elles souscrit pour une certaine somme et recueille également des souscriptions auprès des gens aisés. Dès qu'on a de quoi commencer, l'on nomme un comité qui se charge d'acquérir le terrain et de diriger la construction de l'édifice. Quand il est prêt à être ouvert au public, on appelle un pasteur et alors on loue au plus offrant les bancs fermés, bancs assez vastes pour qu'une famille entière y ait des places en suffisance. C'est par ce moyen que se complète la somme qu'on a dépensée pour la construction de l'église. On a vu môme celle vente à l'enchère produire de quoi rembourser immédiatement les souscriptions.

Il est à remarquer, d'ailleurs, que ceux qui louent les bancs fermés (pews) s'engagent à payer régulièrement une rétribution annuelle pour l'entretien du pasteur et pour les autres frais du culte, faule de quoi leurs places sont louées à d'autres. Mais en payant ponctuellement sa redevance, on a sur sofi banc les vrais droits d'un propriétaire, en sorte qu'on peut le vendre ou le donner par testament, comme toute autre propriété.

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QiieNiiiorois, au lieu de vendre les hanrs eu lie!" absolu, l'ou se borne sinipleuieul ù les louer d'année en année. C'esl ce qui a lieu surloul dans les moindres villes el dans les villages. En pareil cas, il faut que les souscriptions aient suffi aux frais de premier établissement. Si la souscription primilive a élé trop faible, on eiî fait une seconde, puis une aulre quelque temps après; cela va de soi-même.

Dans quelques és:lises , même au sein de nos cités, les bancs sont ouverts à tout le monde. Il en est ainsi de toutes les salles oîi se rassemblent les quakers et de la plupart des lieux de réunion ap|)artenanl aux méthodistes. Ce système a l'immense avantage de faciliter la fréquentation du culte aux étrangers el aux personnesqui n'ont pas le moyen de payer des places; mais il a bien aussi ses inconvénients. Ceux qui fréquentent assidûment les assemblées et qui ont les moyens de concourir aux frais du culte , ne sont pas sûrs de trouver des places oij ils puissent réunir tous les membres de leur famille , et , en cas de relard involontaire , il se peut même que la place leur manque tout à fait. Aussi les églises méthodistes adoplent-elles de plus en plus à cet égard l'usage de nos villes. Là où elles ne le font pas, comme aussi dans les assemblées des quakers, les hommes occupent en général la moitié de la salle et les femmes l'autre moitié. Il est clair, au surplus, que les églises oiî toutes les places sont libres ne peuvent être construites que par souscription.

Voici d'ailleurs ce qui a communément lieu. Les

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