‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 123 sur 185 · CHAP. III. CONSTRUCTION DKS ÉGLISES DE VILLES · texte numérisé non relu

CHAP. III. CONSTRUCTION DKS ÉGLISES DE VILLES

personnes qui sont lombées d'accord au sujet d'une nouvelle église k former, se procurent, pour les premiers temps, un local quelconque, où l'on commence un service régulier, chaque dimanche, aux heures accoutumées. ^ Après avoir annoncé publiquement leurs intentions, ils avisent à organiser une église ou un corps de fidèles, suivant les règles de la communion à laquelle ils appartiennent. S'il s'agit de presbytériens, le presbytère lui-môme, collège de pasteurs et d'anciens d'un certain arrondissement, nomme un comité pour organiser l'église naissante d'après le livre de discipline. Cela se fait en établissant et en consacrant des anciens, par lesquels l'Eglise se rattache dès ce moment au presbytère. Puis le pasteur est nommé et régulièrement installé. Pendant ce temps, la congrégation n'a cessé de s'accroître , et bientôt elle doit remplacer par une église le local qu'elle occupait provisoirement. C'est ainsi que, chaque année,

'■ Il existe à Philadelphie un édifice qu'on avait construit pour les assemblées de Whitfieid; on Pappelle l'Académie. L'étage supérieur est maintenant divisé en doux salles, pouvant contenir chacune de quatre cents à cinq cents personnes. L'une des deux est constamment occupée par les méthodistes. L'autre l'est très-souvent par des églises en formation. C'est là que se réunit la colonie, comme on dit, et de ce local elle passe dans l'église qu'elle s'est bâtie. On assure que cette salle a, de la sorte, servi de berceau à plus de vingt églises. Elle appartient à une corporation de qui on la loue. L'étage inférieur est occupé par des écoles.

La chapelle de l'université de New-York sert à des usages tout semblables. Il arrive aussi qu'au besoin l'on célèbre le culte dans les salles des tribunaux et même dans celles où s'assemblent les législatures des divers Etats.

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quelques essaims sortent de la ruche, pour faire, à la gloire du Seiîi;ricur, leur travail particulier.

Les temples de nos principales villes sont en général des édifices vastes et solidement construits. Ceux des faubourgs le cèdent aux autres sous tous les rapports; mais il faut dire que la population y fait tellement de progrés , que ces constructions sont en général envisagées comme provisoires. Dans la vallée du Missi.ssipi, ainsi que sur les bords de l'Atlantique, les églises des grandes villes sont presque universellement bâties en briques; au moins neuf sur dix; il n'en est que très-peu en pierres. Dans les villes et bourgs de second et de troisième rang de la Nouvelle- Angleterre, elles sont, pour la plupart, simplement en bois.

Quant au coût de ces constructions , il est difficile de dire quelque chose de précis ; il ne peut que varier beaucoup sur un territoire aussi étendu que le nôtre. Dans les faubourgs des grandes villes que baigne l'Océan , depuis Porlland jusqu'à la Nouvelle-Orléans, il en est qui ne doivent pas avoir coûté au-delà de 5 à 10,000 dollars; tandis qu'à l'intérieur de ces villes la dépense s'élève ordinairement à plus de 20,000 dollars. Nous en avons qui ont coûté de 60,000 à 80,000 dollars, quelques-unes 100,000 dollars au moins ; * sans parler de l'église de la Trinité à

* L'église de New-York où prêchait l'éloquent D^ Mason a coûté, je pense, plus de dix mille dollars. C'est un édifice en briques, excellent, vaste, solide et construit avec goût; cependant cette

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New-York qui appartient aux épiscopaux, ou de la cathédiale catholique romaine de Baltimore. Les sommes employées à la construction de ces élégants édifice* ont bien dépassé 300,000 dollars.* Il se peut qu'en certains cas on ait mis trop d'argent à. la décoration intérieure de quelques temples; mais, à tout prendre, les églises mômes de nos plus grandes villes, forlsifîiples extérieurement, ne sont que confortables à l'intérieur.

Les églises des villages de la Nouvelle-Angleterre se construisent pour la plupart au moyen de poutres liées entre elles et recouvertes de planches. Mais comme elles sont ordinairement peintes en blanc et surmontées de clochers, elles font un très-bel effet. Chaque dimanche , de nombreuses cloches portent leurs voix sonores et harmonieuses tout au travers des collines et des vallées de cette intéressante contrée. Dans les autres parties des Etals atlanti(]ues , les églises de villages sont le plus souvent en briques ou en pierres ; quand on les fait en bois, on laisse à celui-ci sa couleur naturelle.

Pour revenir aux églises de nos villes, et s'il faut en dire le nombre, je me bornerai à remarquer que,

église et quelques autres de la partie basse de la ville vont être démolies et remplacées par des boutiques et des comptoirs, parce que le mouvement des afTaires cbasse plus loin les personnes qui s'y réunissaient. Voilà commentles choses se passent danfsnofre Xorirfrey. * L'églisode la Trinité n'est pas encore achevée. Ce sera un beau monument d'architecture gothique; et d'après ce qu'on m'a dit, le coût pourra bien s'en élever à 50(),()00 dollars.

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SOUS ce ra[)|)orl, nous pouvons hardiment soutenir la ooniparaison avec les villes d'Iùirope. Par exemple, Boston comptait en 18iO cinquante-huit églises pour une population de 88,000 âmes, et beaucoup de ces églises peuvent contenir de 1,000 à 1,500 personnes. New-York en avait, pour environ 310,000 habitants, 159; savoir, quarante et une aux presbytériens, quatorze aux réformés hollandais, vingt-sept auxépiscopaux, dix-huit aux méthodistes, autant aux baplistes, huit aux catholiques romains, neuf aux africains, cinq aux amis ou quakers, trois aux luthériens, trois aux moraves, trois synagogues (il y en a maintenant cinq ou six), deux aux unitaires, trois aux universalistes, outre quatre églises galloises et autres, et deux pour les marins. Relativement à leur nombre, les communions protestantes sont mieux pourvues que les catholiques : il est vrai que le culte romain souffre volontiers l'entassement dans les temples.

Philadelphie est encore plus riche en églises que New-York. Les principales sectes s'y sont considérablement accrues dans ces derniers temps. C'est ainsi que, depuis quinze ans, les méthodistes ont bâti dans la ville et dans ses faubourgs au-delà de vingt églises, dont la plupart sont Irès-vastes. Mais les villes de second et de troisième rang dépassent de beaucoup tout cela, comme le montre le tableau suivant :

Salem (Massachusets), pour une populat. de 16,0()0 âmes, a 15 églis. New-Haven, id. id. 14,000 id. 13 id.

Poughkeepsie (sur l'iludson), p' une pop. de 9,00() Troy, id. •25,0()0

Newark (N.-Jersey), id. 30,000

Rochester, id. 22,000

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