CHAP. V. TRAITEMENT DES PASTEURS
Mais il n'esl ici question que de villes comme Providence, Porlland , Salem , Hartford, Newhaven, etc. ; car dans nos grandes cités les salaires sont bien plus élevés, sans qu'ils procurent cependant plus d'aisance, vu la cherté de la vie.* Ici nous avons pour minimum 1,800 à 2,000 dollars, et cela va jusqu'à 4,000. L'église presbytérienne de la Nouvelle-Orléans donne à son pasteur 5,000 dollars, et l'un des évoques de l'Eglise épiscopale en reçoit 6,000.^
Il est des églises qui possèdent des capitaux au moyen desquels on fait une portion du traitement des pasteurs. La corporation des quatre églises réformées hollandaises dont j'ai parlé, est même assez riche pour n'avoir pas besoin d'autres ressources. Celle de l'Eglise épiscopale de la Trinité possède une très-grande fortune , ce qui a facilité l'érection de bien des temples dans l'Etat de New-York. Trois des églises presbytériennes de Newark , Etal de New-Jersey , entre-
* On attend des pasteurs qu'ils donnent l'exemple de l'hospitalité et de la bienfaisance. Aussi leur maison est-elle toujours ouverte, et les visites y abondent; à quoi je puis ajouter que, proportionnellement à leurs moyens , il n'est personne qui soit plus généreux envers les sociétés religieuses et philantropiques.
2 Je veux parler de l'évêque de New-York. Son traitement n'est pas trop élevé si l'on réflécbit qu'il doit avoir besoin d'un vicaire pour le seconder dans le service de l'église dont il est pasteur, et de plus qu'il est appelé à parcourir fréquemment son diocèse. Tous ses frais prélevés, il n'a sûrement pas beaucoup au-delà de ce qu'il faut pour entretenir à New-York une famille quelque peu considérable. — Quant à la Nouvelle-Orléans, c'est de toute l'Union la ville où il fait le plus cher vivre. Cinq mille dollars n'y valent pas plus que deux mille cinq cents à Philadelphie.
liennenl égalenjcnl leurs pasteurs sur les capitaux dont elles jouissent.
Mais , en j^t'^néral , nous envisageons la possession de capitaux comme plus nuisible qu'avantageuse aux églises. Pourvu qu'elles n'aient point de dettes, c'est tout ce qu'il en faut; elles trouveront toujours dans le cœur des fidèles de quoi suffire aux dépenses courantes. Je dis ceci relativement aux églises des anciens territoires; quant aux autres, nous verrons plus tard les mesures qu'on emploie pour les soutenir.
Du reste, si les ministres ne sont pas toujours convenablement rétribués, la faute en estsouventàeuxet aux corps ecclésiastiques dont ils dépendent. On devrait en toute simplicité rappeler plus fréquemment aux troupeaux le devoir que l'Evangile leur impose de faire part à leurs pasteurs de leurs biens temporels.*
Quoi qu'il en soit, je répète qu'ils ont tous de quoi vivre, avec plus ou moins d'économie, et nulle part on ne laissera mourir de faim un fidèle ministre de Jésus-Christ.
Après tout, il n'est pas de pays au monde où les ministres de l'Evangile soient plus universellement respectés. Un grand nombre d'entre eux sont des hommes cultivés, et presque tous se distinguent par leurs manières. Il en est beaucoup qui sortent de nos meilleures familles;^ et comme ils peuvent donner
1 Epitre aux Galates, chap. VI, vers. 6.
2 J'en pourrais citer de nombreux exemples. Il me suffira de nommer entre autres un fils du général Van Renselaer d'Albany, qui exerce le ministère évangélique dans le New-Jersey ; et l'un