‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 130 sur 185 · CHAP. VI. NOMINATION DES PASTEURS · texte numérisé non relu

CHAP. VI. NOMINATION DES PASTEURS

communément sous le nom de consociation , ou alliance; chez les presbytériens, ils le sont par un presbytère , ou conseil d'anciens; chez les épiscopaux, par un évêque.

Nomination des pasteurs. — Partout , aux Etats- Unis, sauf parmi les méthodistes et les catholiques romains, c'est le troupeau lui-même qui nomme son pasteur. Chez les méthodistes, c'est la conférence annuelle : mais elle ne le fait qu'après avoir entendu les vœux de la congrégation. Quant aux prêtres catholiques, leur nomination dépend entièrement de l'évêque.

A cela près, quand une église est vacante, on commence par jeter les yeux sur quelque ministre non placé, ou sur un pasteur qu'on présume disposé à changer de paroisse. On l'invite à prêcher quelquefois, et s'il est agréé par le troupeau, l'on procède à son élection suivant les règles générales de l'église dont on fait partie. Ainsi , dans l'église presbytérienne, une congrégation ne peut adresser d'appel à un ministre sans le consentement du presbytère auquel ressortit la chaire vacante, et sans le consentement aussi du presbytère auquel ressortit le ministre que la paroisse désire.

Dans les églises congrégationalistes de la Nouvelle- Angleterre, l'église proprement dite, ou l'ensemble des communiants, adresse une vocation au nouveau pasteur, vocation qui doit être accompagnée de celle de la congrégation tout entière, c'est-à-dire, des

hommes qui conlribucnt aux frais du cuUe; et c'est dans ce second document qu'est exprimée la quotité du salaire. Quant aux presbytériens et à la plupart des autres, ils admettent à voter, pour l'élection du pasteur, tout propriétaire de banc, ou tout chef de famille et tout individu qui souscrit annuellement à l'entretien du culte. C'est la pratique la plus ordinaire, quoiqu'il y ait des églises presbytériennes où les communiants seuls élisent le pasteur.

Si l'on veut être juste, il semble eiîectivement qu'il ne serait guère possible de refuser ce droit à des hommes qui, bien que ne communiant pas , concourent aux frais du culte autant et plus encore peutêtre que bon nombre de communiants. Quand une Eglise et une congrégation ont été nourries de la vérité, il est rare que cette extension du droit électoral ait de fâcheuses conséquences. Les hommes mêmes qui ne sont pas convertis , habitués qu'ils sont à entendre la saine doctrine, se joignent volontiers aux fidèles pour appeler un pasteur non-seulement orthodoxe, mais encore fervent et décidé dans son zèle. Ils ont assez de discernement pour comprendre que s'ils doivent jamais devenir des hommes religieux, et ils en entretiennent l'espérance, ce n'est qu'un pasteur vigilant et actif qui pourra les mettre sur la voie : c'est ce qu'on leur entend dire quelquefois à eux-mêmes. Tout comme ils sentent parfaitement qu'un ministre léger et mondain, qui leur prêchera froidement l'Evangile, ne saurait être d'aucune bénédiction pour eux, ni pour leur famille.

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Mais si l'Eglise et la congrégation avaient longtemps entendu « un autre Evangile , » qu'elles se fussent comme incorporées avec l'erreur, saturées d'hérésies vénéneuses, il serait absurde en vérité de supposer que cette assemblée de pécheurs inconvertis ira préférer sur tous les autres un ministre fidèle. Il ne faut pas permettre qu'un pareil étal de choses se forme nulle part. Or , c'est un des avantages de la forme presbytérienne adoptée par beaucoup de nos églises. Grâce à leur direction centrale, elles parviennent à empêcher que des ministres indignes ne s'introduisent au sein de leurs congrégations.

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