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CUAP. XIII. UNIVERSITÉS, FACULTÉS, COLLÈGES

faut beaucoup d'argent, on le conçoit, et c'est admirable avec quelle promptitude on le recueille dans les Etats même de l'Ouest; ce qui ne veut pas dire, il s'en faut bien, que les chrétiens de l'Est ne leur viennent pas en aide.

Des cent trois collèges actuellement existants, il en es! soixante-un qui se sont ouverts dans les dernières vingt-cinq années. Abstraction faite des subsides accordés parles Etats, il n'est pas probable qu'aucun d'eux ait coûté moins de 10,000 dollars à leurs fondateurs. Pour plusieurs, la dépense a dû s'élever à 50,000 dollars, si ce n'est plus/ et dans le même temps où l'on fondait ces nouveaux établissements, on dépensait des sommes considérables pour agrandir les anciens collèges de Yale, de New-Jersey, de Rutgers, de Williams, de Hamilton , et, somme toute , je pense qu'on peut sans exagération estimer à 2,000,000 de dollars, ou au moins à 1,500,000 le produit des souscriptions volontaires qu'on a faites depuis 1816 pour l'érection et la dotation des collèges.

Je ne sache pas qu'à l'exception des universités de Virginie, d'Alabama, de Michigan , de celles d'Ohio et de Miami, l'une et l'autre dans l'Etat d'Ohio, des collèges de Jefferson, au Mississipi et à la Louisiane, il y

• Ainsi le collège de Pensylvanie à Getlysburg ; le collège central à Danville (Kentuchy) ; le collège d'Illinois à Jacksonville ; le collège Western Reserve (Ohio) ; pour ne rien dire de quelques collèges catholiques dont les frais de construction doivent avoir été considérables. Le bâtiment de l'Université de New-York a certainement coûté deux ou trois fois cette somme.

en ait aucun autre dont la dotation soit entic^remcnt due à ri^tat. 11 se peut aussi que les universités de la Caroline du Nord et de Géorgie , puis le collège de Columbia dans la Caroline du Sud, reçoivent de leurs Etats respectifs des secours considérables, mais il n'est pas probable que ce soit dans une mesure suffisante. Le congrès lui-môme a de temps en temps voté des fonds pour le collège de Columbia, qui, situé près de la ville de Whashinglon, rentre sous la juridiction du gouvernement central ; mais encore avec ces fonds n'a-t-on jamais pu se passer de souscriptions volontaires.

Il n'existe pas plus de six ou sept collèges ou universités sur lesquels le pouvoir civil exerce une surveillance directe; et il est bien qu'il en soit ainsi. Ni les législatures particulières, ni le congrès lui-même, ne sont bien placés pour régir des institutions de cette nature. Partout où l'autorité s'est réservé ce droit et où elle l'a exercé , l'on a vu se flétrir sous ses mains inhabiles l'arbre qu'elle avait planté. La politique n'a rien à faire avec l'école. C'est un principe si généralement compris maintenant , que les législatures des Etats n'hésitent pas à donner la sanction des lois aux collèges que fonde toute association de citoyens connus et recommandables. Elle nomme en qualité de curateurs ou directeurs, les individus que la pétition leur recommande, en les autorisant à pourvoir euxmêmes aux vacances éventuelles. Après quoi , les curateurs prêtent serment de ne rien entreprendre contre les lois et la constitution ni de la république entière,

CHAP. XIII. CNIVERSITÉS, FACULTÉS, COLLÈGES. Hi

ni de l'Etat auxquels ils appartiennent ; et revêtus ainsi d'une charge en quelque sorte publique , on leur reconnaît le droit d'administrer comme ils l'entendent le collège en projet. Aussi longtemps qu'ils restent fidèles à leur serment, dans les limites de la charte de fondation, celle-ci demeure parfaitement inviolable. C'est un principe qu'un arrêt de la cour suprême des Etats-Unis a solennellement proclamé.

J'ai dit que nos collèges ont presque tous une origine religieuse. Pour faire sentir combien cela est vrai, il me suffira d'indiquer le fait suivant : c'est que , des cent trois collèges actuels, il en est douze qui sont sous l'influence de l'église protestante épiscopale, onze sous celle des méthodistes, douze sous celle des baptistes, quarante-un sous celle des presbytériens et des congrègalionalistes ; il en est un qui est luthérien, un autre réformé allemand, deux réformés hollandais, deux presbytériens du Cumberland ; onze d'entre eux appartiennent aux catholiques romains , un aux unitaires, un enfin aux universalistes: il n'en est que sept dont je ne connaisse pas la couleur religieuse. Pour faire ce calcul , j'ai rattaché chaque collège à l'église qui lui adonné son président, ou directeur. Je ne pouvais prendre une meilleure base, et si ma règle souffre des exceptions, ces exceptions ne sauraient être nombreuses. Dans tous les cas, elle nous fournit des données certaines sur le caractère particulier de la foi qui anime chacun de ces établissements.

Il y a donc quatre-vingt-deux collèges et universités qu'on doit envisager comme soumis aux précieuses

influences de la foi orthodoxe et évangélique. Leurs présidents, et, je puis ajouter, beaucoup de leurs professeurs, sont connus par leurs principes religieux et la pureté de leur foi. A deux ou trois exceptions près, ce sont tous des ministres de l'Evangile et ils comptent parmi eux des hommes qui occupent un rang éminent dans l'église. Quant aux sept collèges dont j'ignore l'esprit religieux, il est probable que l'Evangile y exerce aussi une action bienfaisante ; quoi qu'il en soit, j'ai lieu de croire que six d'entre eux appartiennent aux protestants.

Je n'ai pas besoin de dire combien nous avons de grâces à rendre à Dieu de ce qu'un si grand nombre de nos jeunes gens, et ceux mêmes que distinguent leur position sociale et leurs talents, soient élevés en de tels collèges. Dans la plupart, les étudiants lisent la Bible chaque dimanche sous la direction de leurs professeurs. Tous les jours il y a un enseignement religieux et des réunions de prière. Aussi le Seigneur a-t-il souvent visité ces écoles des effusions de son Esprit.

Qu'on ne croie cependant pas que cette action religieuse qui s'exerce sur les étudiants, ait pour motif secret de les convertir d'une secte évangélique à une autre. Un père presbytérien peut en toute sûreté confier son fils à un collège épiscopal , méthodiste ou luthérien. Je parle ici d'après des faits à moi bien connus. Plusieurs des dignitaires les plus distingués de l'église épiscopale ont fait leurs éludes à Princelown (New-Jersey), université toute presbytérienne, fondée

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