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CHAP. XVII. SOCIÉTÉS EN FAVEUR DE L'ÉDUCATION

63,113 dollars, et la dépense, de 56,049. La somme des remboursements effectués, durant la même période, par d'anciens pensionnaires, fut de 6,633 dollars. Les profits obtenus par les jeunes gens, essentiellement au moyen deleçonsdonnées durant les vacances, se sont montés à la somme étonnante de 21 ,739 dollars.

Les bourses qu'accorde la Société varient de quarante-huit à soixante-quinze dollars. Ses moyens se sont beaucoup augmentés par les legs que lui ont faits de respectables chrétiens, qui, l'ayant aimée durant leur vie, ne l'ont pas oubliée à leur mort. Son premier président lui donna 6,000 dollars, dont 5,000 par testament. Le docteur Porter, qui enseigna longtemps avec distinction dans le séminaire théologique d'Andover, légua 15,000 dollars à la Société, bien qu'il ne fût pas fort riche. C'est grâce à la générosité de ses patrons qu'elle a pu faciliter les études d'un grand nombre de nos meilleurs pasteurs et d'au moins soixante des missionnaires que le Conseil-général des Missions entrelient à l'étranger.

Cependant, le nombre des jeunes gens qu'elle soutient a considérablement diminué ces dernières années, soit à cause des circonstances difficiles par où le pays a passé, soit parce qu'on devient de plus en plus exigeant relativement aux études préparatoires, soit enfin par la raison que , chacune dans son intérêt particulier, la plupart des communions évangéliques possèdent actuellement des sociétés de ce genre. C'est ainsi que les presbytériens de l'ancienne école ont, sous la direction de leur assemblée générale, un con-

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seil d'éducalion qui poursuit son œuvre avec sagesse et succès. Il a eu trois cents boursiers pendant l'année expirée le l''' mai 1842, et il a aidé mille sept cent quarante jeunes gens en tout. Ses receltes se sont élevées à 2(),G28 dollars et ses dépenses à 23,725.'

Un certain nombre d'ecclésiastiques et de laïques pieux se trouvant réunis à Georgetown, district de Columbia, pour y jeter les fondements d'une église épiscopale, la conversation tomba sur l'importance ^'il y aurait à favoriser les études des jeunes gens qui se vouaient au saint ministère. Cet entretien eut pour résultai la fondation, en 1818, d'une société d'éducalion de l'église protestante épiscopale. Elle a été en grande bénédiction à l'église et au monde. C'est d'elle qu'est née l'école de théologie des épiscopaux près d'Alexandrie. La dixième partie des membres de leur clergé a profilé de ses secours. Dans l'OLio, un pasteur sur six, en Pensylvanie un sur huit, en Maryland un sur cinq, et beaucoup de ceux de Virginie, lui ont des

* Il y a longtemps que les églises d'Amérique sentent le besoin qu'elles ont de ministres nombreux et réellement propres à leur office. Les amis de la Société Américaine en faveur de l'éducation consacrent chaque année le dernier jeudi de février à des prières spéciales pour les collèges, les académies et autres institutions analogues, afin qu'il plaise à Dieu de répandre sur elles son Saint- Esprit, d'amener beaucoup d'étudiants à sa connaissance et de mettre dans leur cœur le désir de se consacrer à la prédication de l'Evangile. — L'assemblée générale de l'église presbytérienne de l'ancienne école a recommandé l'an dernier à toutes les congrégations de son ressort, de consacrer à cet objet chaque premier dimanche de Novembre.

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obligations pareilles. Elle aide maintenant la septième partie des étudiants qui fréquentent les diverses écoles théologiques de l'église épiscopaleen Amérique.* Je n'en sais pas le nombre exact, mais il doit aller audessus de quatre-vingts.

Il existe aussi chez les. baptistes plusieurs sociétés analogues qui ont secouru un plus grand nombre encore d'étudiants.- Celle des réformés hollandais en soutenait vingt-quatre l'année dernière. Une société méthodiste s'est aussi formée à Boston dans le même but.

Cet aperçu peut suffire pour donner une idée de ces associations. Quoique d'origine récente, elles exercent une influence considérable. On peut bien estimer à 1,600 le nombre des jeunes gens dont elles facilitent les études, et il eu est parmi eux deux cents qui terminent annuellement leur carrière académique pour se mettre à la prédication de l'Evangile.

* D'' Hawk's hislory of Ihe episcopal churchin Virginia, p. 261.

* En particulier, The Nolhern BapHsl Educalion Society et The liaplist Education Society of New-York. La première fut instituée on 18H et a Boston pour centre de ses opérations. De 1831 à 1839 elle a aidé 279 étudiants, et dans la seule année 1840, 134. C'est essentiellement par son influence qu'on a fondé le séminaire baptiste de théologie à Newton, l'an 1827. La seconde de ces sociétés, fondée en 1817, a entretenu grand nombre d'étudiants à l'institut théologique et littéraire de Hamilton qui existe depuis 1820.

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SÉMINAIKlsS DE THÉOLOGIE.

Aulrcfois, ({uand des jeunes gens désiraient exercer le ministère au sein des églises qui exigent de leurs pasteurs le développement qu'on acquiert dans les collèges et dans les facultés de théologie , ils n'avaient d'autres ressources que la maison de quelque ecclésiastique distingué. Ils se plaçaient six ou huit sous sa direction, logeant chez lui ou dans son voisinage. Ils profitaient de sa bibliothèque et recevaient de lui leurs principales leçons.

Tout cela, certainement, laissait beaucoup à désirer. Il y avait peu de pasteurs qui pussent donner à leurs élèves le temps nécessaire ; il y en avait moins encore qui possédassent les connaissances requises pour remplir convenablement une telle tâche.

C'est au rév. docteur John Mason de New- York, un des plus éminents théologiens de l'Amérique, que nous devons la première école de théologie vraiment digne de ce nom. Il recueillit en Europe une bibliothèque considérable, et au commencement de ce siècle il ouvrit un cours d'études sur les diverses branches de la théologie. Durant plusieurs années, il poursuivit son plan sans recevoir presque nuls secours étrangers, et beaucoup d'étudiants profitèrent des excellentes leçons qu'il était si bien en état de leur donner.

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Ce fut en 1808 que l'on fonda le séminaire thôologique d'Andover, et comme c'est la plus célèbre de nos institutions scientifiques, je dois m'y arrêter quelque peu.

Les bâtiments du collège occupent un emplacement magnifique, sur une éminence près du village d'Andover, à vingt milles environ de Boston. Ils consistent en deux vastes édifices oii résident les étudiants ; le centre est occupé par la chapelle, la bibli(i'hèque, les auditoires, etc. A quelque dislance en arrière, se trouvent le réfectoire et la maison du concierge. Les terrasses sur le devant sont arrangées avec goût. Des arbres de haute futaie en décorent les promenades et les avenues. Vis-k-vis du séminaire, et formant tout un côté d'une rue le long des terrasses, on voit une ligne de maisons qu'habitent les professeurs. Tout cet ensemble est vaste , bien aéré et d'un style fort convenable.

Ainsi que je l'ai dit ailleurs, ce séminaire est en quelque sorte une annexe de l'académie de Philipps. Celle-ci est tout à côté. Le seul lien cependant qu'il y ait entre les deux institutions , c'est d'être sous une même curatelle. L'histoire du séminaire d'Andover peut se raconter en peu de mots. Il naquit du besoin vivement senti d'améliorer l'instruction du clergé, et de faire concurrence à l'université de Harward qui avait renié la foi. Ce furent quatre ou cinq négociants riches et entreprenants, que le Seigneur choisit pour réaliser le vœu des chrétiens.

L'un d'eux était le vieux Samuel Abbot d'Andover.

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Il avait déjà stipulé dans son testament un legs considérable en faveur de l'université de Harward, lorsque Dieu permit qu'il vécût assez pour voir le nouvel esprit qui s'y manircslail. Il lui parut évident qu'on s'était permis de détourner de leur destination les fonds (iiie celte université devaità la bienfaisance de M. Hollis,* chrétien zélé qui avait expressément entendu soutenir l'orthodoxie, et il comprit le mal qu'il ferait en augmentant le tr!''sor de l'Université. S'étant donc abouché avec la veuve de Samuel Philipps et avec son fils, ils arrêtèrent le projet d'annexer à l'académie existante une école de théologie, pour laquelle ils formèrent des fonds et dont ils commencèrent par élever l'édifice à leurs frais.

Dans ce même temps , le révérend Samuel Spring, docteur en théologie , et le révérend Léonard Woods, aussi docteur en théologie et maintenant prolesseur à Andover, formaient de leur côté le plan d'un séminaire ; et les fonds pour sa dotation leur étaient assurés par MM. Barllett et Brown , l'un et l'autre paroissiens du docteur Spring, et par M. Norris de Salem. C'était le docteur Spring qui avait conçu l'entreprise et qui l'avait menée jusque-là. Cependant, l'établissement devait se fonder dans la paroisse de M. Woods; c'est lui qui y auraiteu la place de professeur, et on lui

1 Né en Angleterre, l'an 1659 et mort en 1731, Thomas Hollis, négociant, fut un chrétien très-estimé. Ce fut lui qui fonda dans l'université de Harward les chaires de théologie et de mathématiques. H lui donna aussi un cabinet de physique et beaucoup de livres.

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eûl donné un collègue pour le décharger d'une partie de ses fonctions pastorales.

On agissait ainsi des deux parts, non-seulement sans s'être concertés, mais encore sans s'être ouverts les uns aux autres, quoique ces Messieurs vécussent à des distances peu éloignées et que plusieurs d'entre eux se vissent assez souvent. Ce fut pourtant le moyen par lequel cette bonne Providence qui tient en sa main les anneaux dont se forme la chaîne des faits , réunit en un même cœur les congrégationalistes orthodoxes de la Nouvelle-Angleterre, jusqu'alors divisés en deux camps, et qu'elle leur fit adopter pour le séminaire une confession de foi bien meilleure qu'elle ne l'eût été sans cela.

Ces deux camps étaient , les calvinistes modérés , comme on les nommait (modérés en pratique et en théorie), et les hopkinsiens, hommes à vues subtiles, actifs, fervents, passablement tranchants, et en quelque sorte les ultra de l'époque. Si chacun de ces partis eût possédé sa propre école de théologie, ce qui les distinguait eût produit une complète séparation ; tandis que l'établissement d'un seul séminaire, en faisant faire aux uns et aux autres un progrès dans la saine doctrine, doubla leurs forces contre Tunitarianisme, leur ennemi commun. Et peut-être fallait-il que, des deux côtés, on arrivât si près de l'exécution. Ce fut alors seulement qu'on vit avec évidence le mal qu'il y aurait à ces institutions rivales; et encore ne fut-ce qu'après deux ans environ de débats animés, qu'on parvint à fondre les deux projets. Plus d'une fois

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môme les négociations se trouvèrent interrompues. <r Personne, tlil le docteur Woods, ne peut se faire une juste idée des difficultés innombrables qu'on eut à vaincre , ni des accidents qui menacèrent de tout renverser. » *

Le grand embarras était de rédiger le symbole que les professeurs du séminaire auraient à signer. Les fondateurs de l'académie de Pbilipps avaient déjà, pour cet objet, le petit cathéchisme de l'assemblée de Westminster. Le docteur Spring , de concert avec son ami le révérend docteur Emmons , ne voulait pas entendre parler de ce formulaire , soit parce qu'il renfermait certains articles qu'il ne pouvait admettre, dans le sens du moins qu'on leur attribuait généralement, soit parce qu'il eût désiré que d'autres points y fussent plus clairement définis et plus développés. Spring et ses amis demandaient qu'on prît d'autres précautions encore contre l'invasion de l'hérésie , et par exemple, que le séminaire fût sous la surveillance d'un conseil d'inspecteurs professant la même foi, et nantis de pouvoirs suffisants pour réprimer l'erreur à sa naissance. On créa ce conseil. Une commission mixte dut rédiger une nouvelle confession de foi, calquée sur le cathéchisme de Westminster , mais avec quelques retranchements et quelques additions, et la chose se termina de la sorte. Avant d'entrer dans l'exercice de leurs fonctions , les professeurs et les

* Tout ceci est tiré d'une histoire manuscrite du séminaire théologique d'Andover.

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