‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 158 sur 185 · CHAP. XX. TRAITÉS ET LIVRES RELIGIEDX · texte numérisé non relu

CHAP. XX. TRAITÉS ET LIVRES RELIGIEDX

à cause du bien qu'elles promettent à l'Amérique , soit parce qu'il me paraît facile de les imiter ailleurs. La première est la publication d'ouvrages universellement approuvés, tels que le Voyage du clirélien de Bunyan, elles Commencements et progrès de la vraie piété par Doddridge. Il s'agit d'introduire dans toutes les maisons, si possible, l'un de ces ouvrages au moins ; et Tonne s'en tient pasàceux qui n'ontqu'un seul volume, car on aspire à placer de cette manière la Bibliothèque évangélique des familles , par exemple , ou la Bibliothèque chrétienne. Pour atteindre ce but, on emploie comme agents des hommes capables, et généralement des ministres de l'Evangile. Ces agents visitent les bourgs et les villes, prêchant dans les temples, recueillant des dons en faveur de l'œuvre, formant des comités dont les membres doivent faire la tournée de toutes les maisons, offrant enfin des livres à ceux qui les peuvent payer, et les engageant à aider de leurs bourses les personnes trop pauvres pour les acquérir. Outre ces agents, il en est de plus ordinaires, mais sensés, pieux et zélés dont les humbles travaux sont inappréciables. Ce sont les colporteurs qui, parcourant les Etats le plus à l'ouest , fournissent de livres ce peuple des frontières, dont toute l'occupation est de défricher les forêts qui arrêtent son élan vers l'océan Pacifique. Tout ceci est un essai qui date seulement de quelques années, et déjà l'on a placé 1,800,000 volumes dans des familles comprenant au moins quatre millions d'individus. Qui calculera tout le bien qu'une telle

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œuvre peut produire, moyennant la bénédiction divine?

Il n'est peut-être pas sans intérêt de mentionner ici, qu'à la différence de ce qui se fait généralement en Europe, on met à ces impressions un très-grand soin, soit pour le papier, soit aussi pour les caractères et les couvertures. On ne regarde pas comme une dépense mal entendue ce qui peut donner quelque attrait et quelque durée à des écrits qui doivent intéresser, instruire et sauver des hommes, pour la plupart indifférents en matière religieuse.

Outre ses publications ordinaires, la Société répand un grand nombre de traités en français , en allemandet en d'autres langues. Ils sont destinés aux nouveaux colons que reçoivent sans cesse les Etats-Unis.

La seconde mesure dont je veux. parler, c'est la distribution systématique et périodique des traités, dans les villes et dans les campagnes , au moyen des nombreuses associations qui se rattachent à cette œuvre. Il s'agit de placer, chaque mois au moins, un traité dans toutes les familles qui consentent à le recevoir, don qu'on accompagne de quelques bons propos , là surtout où l'on rencontre des âmes affligées, ou des personnes qui ignorent complètement l'Evangile. Pour atteindre ce but , on divise en un certain nombre d'arrondissements la ville ou le village en question. Chaque arrondissement doit renfermer assez de personnes zélées et discrètes, pour faire à toutes les familles une visite mensuelle, en y laissant un traité nouveau, choisi avec discernement. Il es,t des maisons qui demandent

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elles-mêmes qu'on les voie plus souvent encore, mais il en est d'autres qui refusent obstinément et visites et traités; quanta celles-ci, il faut bien finir par les laisser dans leur triste repos.

Partout oiî l'on a suivi celte marche avec régularité, l'on en a vu d'excellents effets. C'est ainsi qu'on fait connaissance avec des pauvres et des malades, que les visiteurs signalent aux associations et aux personnes qui s'occupent spécialement de cet o-bjet. On utilise également ces visites pour attirer au culte public des individus qui n'y mettaient pas les pieds : on leur indique les diverses églises de leur voisinage, en les exhortant à se rendre dans celle qui leur inspire le plus de confiance.

Il y a cinq ou six ans que les choses se passent de la sorte, notamment à New-York. Celle ville de 320,000 habitants est divisée en quartiers municipaux. La Société des Traités a, dans chaque quartier, un surintendant, ministre de l'Evangile pour l'ordinaire et jeune encore, qui se dévoue tout entier à cette œuvre. Les surintendants subdivisent leur quartier en arrondissements et se pourvoient, dans chacun de ces arrondissements, de deux distributeurs, un homme et une femme. Réunissant fréquemment les distributeurs de leurs quartiers, ils les munissent de traités, reçoivent leurs rapports dont ils extraient un rapport mensuel pour les assemblées générales de la Société des Traités de New-York, sous les auspices de laquelle se fait tout ce travail. Outre cela, les surintendants tiennent des réunions de prières presque tous les soirs, et ils lâchent I. 30

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(le trouver d'aiilrcs personnes capables d'en présider aussi de leur c()lù. Les fondions des distributeurs sont gratuites. Les surintendants reçoivent un salaire qui est généralement de six cents dollars. Quant k la manière dont celle œuvre chemine aclueliemcnt , je l'ignore ; mais je sais qu'il y a peu d'années, seize surintendants vivaient ainsi aux frais d'un nombre égal de négociants de New-York, heureux de faire, par le moyen de leurs commis, de si bomies opérations.

Yoici entin un échantillon des tableaux qui se publient à New-York tous les six mois , sur les travaux du semestre. Celui-ci est du 20 juin 1842; je l'extrais du NeiC'York Observer du 2 juillet.

Nombre moyen des visiteurs ou distributeurs. . . I,0i7.

Traités distribués 309,871.

Bibles données à des pauvres GOi.

Nouveaux-Testaments 505.

Prêts de volumes appartenant aux Bibliothèques de

quartiers 2,096.

Enfans recueillis dans les écoles du dimanche. . . 1,079.

ditto dans les écoles publiques. . . . 335.

Individus amenés aux classes bibliques 131.

ditto engagés à fréquenter l'église 622.

ditto gagnés à la cause de la tempérance. . . 835.

Réunions de prière 633.

Relaps regagnés 15.

Individus qu'on a tout lieu de croire convertis. . . 218. Convertis qui se sont affiliés à quelque église évari-

gélique 155.

Tels sont, durant six mois, les fruits recueillis par une seule Société, dans une seule ville, la plus grande il est vrai de l'Union !

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Outre la Société Américaine des traités religieux, qu'on peut regarder comme le grand réservoir des vérités communes, ou des doctrines sur lesquelles toutes les églises évangéliques sont d'accord, il en est d'autres qui publient aussi des traités et des livres. De ce nombre, est l'église méthodiste épiscopale. Tous les quatre ans, dans sa conférence générale, elle établit un comité central, dont le siège est à New-York, et qui dirige avec une grande activité ce qu'ils appellent « l'affaire des livres. » Ils ont deux agents principaux, hommes tort capables, qui font régulièrement rapport aux évoques et à la conférence générale. Il ne faut pas croire cependant que toutes leurs publicalioais portent le cachet des doctrines particulières au méthodisme ; il en est un assez grand nombre que la Société Américaine eût également adoptés ; ainsi le « Repos des saints. » La vente de ces livres ne se fait pas seulement à New-York, elle est régulièrement organisée dans plusieurs autres places de commerce. Et puis, les ministres itinérants qui appartiennent à cette vaste église méthodiste, ont tous avec eux de ces livres à vendre, et c'est ainsi qu'on les introduit dans les cabanes les plus reculées de l'Ouest. Ah! que de bien n'y ont pas fait leurs biographies et leurs expositions de doctrine! Qui dira tout ce que l'Esprit de Dieu a dompté de passions par ces lectures, amolli de cœurs impénitents, réveillé d'espérance dans les âmes abattues, excité et nourri de saintes résolutions !

Les presbytériens de l'ancienne école ont aussi un bureau de publications qui a mis au jour un nombre

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considérable de Imités où leurs doctrines disliuclives sont exposées et défendues avec force et talent. Mais ils ont beaucoup de livres d'un intérêt plus général, qui sonlacoueillisavccempressenienlpar tous les chrétiens évangéliques réformés, ou autrement calvinistes. Les baptistes aussi possèdent leur société particulière de traités et de livres , et c'est avec une grande activité que, s' adressant aux convertis et aux nonconvertis, ils satisfont, de cette manière, les membres de leurs églises. J'en dis autant des épiscopaux , des quakers, des luthériens, des méthodistes protestants. Tous s'aident à enfler les eaux du fleuve qui doit verser dans tout le pays ses eaux bienfaisantes. La vente générale de livres et de traités qui se fait par ces nombreux moyens dépasse bien certainement 150,000 dollars par année. Plaise à Dieu que les elTorts de ces sociétés aillent toujours croissant, et que bientôt chaque famille des Etals-Unis possède une bonne bibliothèque de livres solidement religieux l

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