EXEMPLES DE LIBÉRALITÉ CHRÉTIENNE CHEZ DE SIMPLES PARTICULIERS
Je ne veux parler ici que de chrétiens appartenant aux classes moyennes de la société.
Normand Smith, de Hartford au Connecticut, naquit en 1800 dans une famille pieuse. Il avait douze ans, lorsqu'à l'époque d'un réveil son cœur se tourna décidémejit vers Dieu. Ayant appris l'état de sellier, dès l'âge de vingt-deux ans il travailla pour son propre compte, moyennant un faible capital que lui prêta son père. Ses premiers pas furent si heureux qu'il put bientôt liquider sa deUe. Cependant, son industrie était loin d'absorber tout son temps et toutes ses pensées. Il visitait fréquemment les pauvres pour les soulager, faisait les fonctions de répétiteur dans une école du dimanche, et fut pendant longtemps directeur d'une école semblable, destinée à l'instruction religieuse des Nègres. En un mot, on le voyait prendre part à tout ce qui est bon.
«Au commencement de 1829, dit l'auteur de sa biographie , il lui vint à l'esprit qu'il ferait bien peut-être de renoncer à son état, ou de restreindre du moins sa fabrication, afin d'avoir plus de temps à donner aux intérêts de son âme et à ceux du prochain , d'autant que sa fortune lui semblait maintenant assez considérable , et pour lui et pour sa famille. Il consulta là-dessus son pasteur, ' qui lui répondit à peu près en ces termes : Le Seigneur, me semble-t-il, vous montre clairement de quelle manière vous devez le glorifier. Il a fait prospérer votre industrie ; il vous a ouvert les canaux de la fortune ; elle coule vers vous à grands flots et vous auriez tort de vouloir
* Le révérend docteur Hawes, minislre congrégationalistc de Iliullnid, un des ecclésiastiques les plus dlstini^iiés d'Aniérifjue.
5H AITENDICE.
l'arrôfer. Laissez-la seulement rouler des eaux larges et profondes. Continuez votre travail dans le scntinnent du devoir, usez pour la i;loirc de Dieu de tout ce (ju'il vous donne, (nitcs-lc servir au bien de vos scmbiahios, et vous trouverez dans l'cruvre de vos mains, comme dans la lecture de la Bible et dans la sanctification du (limancbe, de ^Tandcs bénédictions pour votre ûme. Loin de mettre obstacle à votre développement spirituel , ce vous sera plutôt une aide et vous aurez chaque jour plus de moyens de vous rendre utile. — On ne sut pas tout de suite reflet qu'avait produit cette conversation ; mais on l'appntplus tard par ces mots qui se trouvèrent écrits dans le journal de Smith :
« Le Seigneur , y marque-t-il , m'a fait voir clairement la route que je dois suivre. Après une année d'incertitude, ma résolution est prise. Je continue mon travail, mais j'espère que ce n'est pas dans le désir de devenir riche. Ceux qui veillent s'enrichir tombent dans le piège , et je crois que le Seigneur me veut à mon industrie, non pour y amasser de l'argent, mais pour m'y procurer de quoi donner à ceux qui sont dans le besoin. C'est donc au service de Dieu que je vais poursuivre mes travaux et avec l'espoir de gagner pour donner. »
» Dès ce moment, chacun fut frappé de ses progrès rapides dans la piété. Il était manifeste que ses pensées et ses désirs étaient aux choses qui sont en haut. S'il les ramenait sur la terre, c'était pour y faire du bien et il en fit beaucoup. Sans parler de tout ce qu'il sut donner avant sa mort, il légua près de 30,000 dollars à diverses Sociétés de bienfaisance. Près de mourir, il disait à l'un de ses frères: Disposez de votre bien pendant que vous êtes en santé , car au fort de la maladie on n'a plus l'esprit assez libre pour savoir si, dans le choix qu'on fait de ses légataires, on place le mieux possible ses offrandes.
y Depuis qu'il eut pris sa résolution, il se prescrivit pour règle constante de consacrer à des usages de bienfaisance tout l'argent dont il n'avait réellement pas besoin pour faire marcher son industrie. On ne saurait dire tout ce qu'il donna durant sa