‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 178 sur 185 · EXEMPLES DE LIBÉUALITÉ CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

EXEMPLES DE LIBÉUALITÉ CHRÉTIENNE

vie, tant il y mettait de secret ; mais par un mémorandum qu'il tint pendant trois ou quatre ans avant sa mort, « afin, dit- il, qu'on ne croie pas que j'aie donné plus que je ne l'ai fait , » on voit qu'il observa résolument ce qu'il s'était promis devant Dieu. Il résulte aussi d'un chiffon de papier, trouvé dans la poche de son gilet, qu'aux seules réunions mensuelles en faveur des missions il donnait 30 dollars chaque fois, soit oGO dollars par an. » Il se montra généreusement lorsqu'il fut question d'élever une église dans une portion de la ville qui en était dépourvue. Puis il faut remarquer que c'était avec un grand discernement qu'il donnait. Il avait à cœur d'encourager l'activité de ceux qu'il aidait, et non de les dispenser de tout effort; car il estimait que pour les choses de celte vie, comme pour celles de l'âme, nul ne doit faire à la place des autres ce qu'ils sont appelés à faire eux-mêmes.

» Il était dans son intérieur d'une sévère économie , et il se refusaità lui-même tout ce qui n'étaitpas delà plus stricte nécessité. Il possédait une maison de bonne apparence, mais dont la valeur ne dépassait pas ce qui était convenable pour un homme de sa position. Trouvant néanmoins que c'était trop encore, il se résolut à la vendre, et en attendant il la mit à la disposition du Seigneur, en y recevant ses serviteurs ^ et en la consacrant à des assemblées religieuses.

«D'un caractère doux et aimable. Normand Smith n'était point libéral par tempérament. Quand il se mit aux affaires, c'était bien avec le désir, le seul désir de devenir riche. Mais la grâce de Dieu lui ouvrit le cœur ; elle lui apprit la véritable valeur de l'argent , et le jour du jugement pourra seul révéler tout le bien qui s'est lait par le travail et les économies de ce respectable sellier de Hartford. »

A côté de M. Smith nous pouvons nommer M. Nathaniel

1 Nulle part aux États-Unis une famille chrétienne ne permet à des ministres de l'Evangile de loger dans une auberge; partout on se fait un devoir et un plaisir de les accueillir clie/ soi. — Les réunions d'édification en maison particulière y sont aussi fort communes.

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llipley Cobl), de IJaslou , qui mourut dans la môme année. M. C(tl)l) , meinbn; d'une éi!;lise baplislc , lit, à Vh'^G do dixneuf ans , une profession [)ul)li(]ue de sa foi en Clirisl , se dévouant au service de J)ieu dans la sphère d'activité où l'avait placé la Providence. 11 était marchand, et il pensait que la |)rati(iue des ailaircs est un talent (lu'on doit consacrer auSeigneur, aussi bien (jue les capacités et les connaissances qu'exige la charge de ministre de l'Evangile.

A l'Age de vingt-trois ans, il écrivit et signa ce papier remarquable :

« Par la grûce de Dieu , je ne veux pas que ma fortune dépasse jamais 50,000 dollars.

» Par la grâce de Dieu, je consacrerai à des usages charitables et religieux le quatt de mes prolits nets.

» Si je suis jamais riclie de 20,000 dollars , je donnerai la moitié de mes proiits ; si de 30,000 , les trois quarts ; et si je viens à mes 50,000 dollars, je donnerai mes profits tout entiers. Qu'ainsi le Seigneur me soit en aide , ou qu'il donne ses biens à un dispensateur plus fidèle et qu'il me mette de côté. »

Cette résolution est datée de novembre 1821 , et il s'y conforma scrupuleusement. Un jour, sa fortune se trouvant dépasser 50,000 dollars, il. consacra de suite le surplus à fonder une nouvelle chaire dans l'Institut théologique de Newton ; la somme qu'il donna pour cela fut de 7,500 dollars. A son lit de mort , il disait à un ami qui lui parlait de ses nombreux, sacrifices : « Par la grâce de Dieu, et uniquemenl par la grâce de Dieu, j'ai pu, sous l'influence de la résolution que j'avais prise, donner plus de i0,000 dollars. Ah! combien le Seigneur a été bon envers moi ! »

M. Cobb (et tous ceux qui l'ont connu, comme moi, lui lui rendront ce témoignage), M. Cobb fut un chrétien actif, humble et dévoué, s'inté;cssa!)t à la prospérité des églises naissantes, secondant selon ses forces les associations charitables el religieuses de son temps, assidu aux assemblées chrétieimes et plein de prévenances auprès des pécheurs dont l'âme se ré-

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