‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 27 sur 185 · CHAP. II. LES PREM. COL. — NEW-PLYMOUTH · texte numérisé non relu

CHAP. II. LES PREM. COL. — NEW-PLYMOUTH

lande ne devait être que le commencement de ses migrations. Son établissement à Leyde ne fut à proprement parler qu'une halle. « S'envisageant comme des Pèlerins (nom qui leur est demeuré), ils arrêtaient à peine leurs regards sur les choses visibles, mais ils les portaient vers le ciel, leur chère patrie, et c'est ainsi que leurs cœurs se tranquillisaient. La Hollande leur montrait beaucoup de grandes villes, belles et fortes, entourées de bons remparts etgardéespardes troupes expérimentées. Ils entendaient parier une langue qui avait pour eux quelque chose de rude et d'étrange; les mœurs et les coutumes du pays, les vêtements et les usages de ses habitants, tout leur était nouveau . Quelle différence avec les simples villages qui les avaient nourris ! Il leur semblait un autre monde. Mais ils n'avaient pas le temps d'admirer tout cela. L'indigence venait sur eux comme un homme armé, auquel il n'y avait pas moyen d'échapper en tournant le dos. Mais soutenus par la patience et par la foi, s'ils furent momentanément abattus, le Seigneur ne laissa pas de leur donner la victoire. »*

Arrivés à Leyde, ils ne purent se livrer aux travaux de l'agriculture, les seuls qu'ils connussent dès leur enfance. Il fallut donc apprendre des métiers. Brewster, homme de quelque distinction, auquel ils avaient confié la charge d'ancien , devint imprimeur. Bradford, plus tard leur gouverneur en Amérique et leur historien, acquit l'art de teindre la soie. Ainsi des au-

1 Bradford's History of Plymoulh Colony.

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très. Tout cela ne se fit pas sans peine, on peut bien le croire. Néanmoins, au bout de deux ou trois ans de travaux et de grandes difficultés, « ils se virent dans une certaine aisance, jouissant des douceurs de l'association chrétienne, el enrichis des faveurs de Dieu, sous le ministère deRobinson et de Brewster, son digne collaborateur. Kï\ sorte qu'ils croissaient dans la grâce et dans la connaissance du Seigneur par l'esprit de Dieu; et comme ou accourait à eux de divers lieux d'Angleterre, leur congrégation devint assez considérable. ' »

Quant à Robinson en particulier, il nous est dit que son troupeau lui portait une affection singulière, el que lui, de son côté, «plein d'amour pour les siens, il se dévouait entièrement à leur bien temporel et spirituel. Outre la connaissance des choses divines, où il excellait, il était en mesure de donner les plus sages directions dans les affaires civiles, par la sagacité avec laquelle il prévoyait les dangers et les obstacles. Si bien qu'il était en toutes choses comme le père de sa congrégation. » Il y a plus encore : non content des ouvrages assez nombreux qu'il écrivit et des trois prédications par semaine qu'il faisait à son église, Robinson prit une vive part à la controverse qui troubla Leyde pendant le temps qu'il y séjourna. Souvent il disputa contre Episcopius et les autres champions de l'arminianisme.

1 Bradford's History of New England. On a calculé, par diverses données, que l'église de M. Robinson devait avoir 300 communiants, avant le départ pour TAmérique.

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