‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 30 sur 185 · CHAP. II. LES PREM. COL. — NEW-PLYMOCTH · texte numérisé non relu

CHAP. II. LES PREM. COL. — NEW-PLYMOCTH

les plus favorables. « Celte affaire vient de Dieu, » ditelle aux futurs colons, et là-dessus elle leur fit une concession fort étendue, mais qui, en résultat, ne leur fut d'aucun usage. Un de ses membres, jaloux de seconder l'entreprise , leur prêta, sans intérêt et pour trois ans, une somme de 300 livres slerlings qui lui fut remboursée par la suite. Cette avance venait fort à propos, car ils durent passer par de rudes conditions pour obtenir de quelques entrepreneurs de Londres le surplus de l'argent qu'il leur fallait. Enfin ils firent accord avec deux navires, le Speedwell de soixante tonneaux et le Mayflower de cent quatre-vingts, qui devaient prendre autant de monde qu'ils en pourraient contenir.

On enrôla d'abord ceux qui s'offrirent volontairement. Brewsler dut être leur guide spirituel. Ils avaient d'ailleurs à leur tête John Carver, William Bradford, Miles Standish et Edouard Winslow. M. Robinson et la majeure partie du troupeau demeurèrent en Europe , prêts à joindre leurs frères plus tard, si telle était la volonté de Dieu. Tous célébrèrent un jeûne solennel. Après quoi leur bien-aimé pasteur prononça un discours d'adieu, production vraiment remarquable pour ce temps-là. *

' Voici dans quels termes Edouard Winslow le rapporte : « 11 nous parla de notre si'^paration et de Tincertitude où nous étions de nous revoir jamais. Mais soit que nous dussions nous revoir ou non, il nous invita fortement, devant Dieu et ses anges élus, à ne le prendre pour modèle que dans les choses où lui-même il avait suivi l'exemple de Christ; nous disant que, si Dieu jugeait bon de

86 LA HELIGION EN AMÉRIOFE. LIV. II

Les prAparalifs achevés, nos érnigrants furent « traités » par leurs (VAres restants. C'était « dans la maison du pasteur, parce qu'elle élait vaste. » «Ils chantèrent des psaumes pour sécher leurs larmes;» puis ils gagnèrent Delft où les vaisseaux les attendaient. Là, ils furent de nouveau w régalés » par leurs amis qui, ayant joint leurs prières à celles des voyageurs, les accompagnèrent à bord. «Mais, dit l'historien dans son style naïf, ils ne pouvaient se parler, tant était grande la tristesse du départ. » Le vent était favorable, et bientôt on les perdit de vue.

Ce fut le 22 juillet 1620 qu'ils s'éloignèrent de la Hollande, emportant l'estime du peuple hospitalier

nous révéler sa volonté par d'autres que par lui, nous fussions toujours prêts à les écouter comme nous l'avions écouté lui-même, car il avait la conviction que le Seigneur nous tenait en réserve de nouvelles lumières dans sa Parole. Et à ce propos, il déplora l'état des Eglises réformées, qui avaient mis comme un point d'arrêt à leur développement religieux, refusant d'aller plus loin que ceux qui furent les instruments de leur réformation. Ainsi les luthériens, qui, se cramponnant à Luther, aimeraient mieux mourir que d'embrasser quelques-unes des vues de Calvin, sans même examiner si peut-être en effet le Seigneur ne lui aurait pas révélé plus clairement une portion de sa vérité. Les calvinistes aussi, vous les voyez se fixer à la place où Calvin les a laissés; aveuglement déplorable! car, pour grandes qu'aient été les lumières des réformateurs et de leurs contemporains, il n'est pas dit qu'il n'y eût plus en eux d'obscurité; et certainement que, s'ils vivaient encore, on les verrait aussi empressés à recevoir de nouvelles clartés, qu'ils le furent à saluer le jour naissant. Puis il nous rappela notre alliance (covenant), cet article surtout où nous avons promis d'accueillir toute vérité qui se peut démontrer par la Parole de Dieu, dans les Écritures; nous exhortant d'ailleurs à

Page 1