‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 31 sur 185 · CHAP. II. LES PREM. COL. — NEW-PLYMODTH · texte numérisé non relu

CHAP. II. LES PREM. COL. — NEW-PLYMODTH

au milieu duquel ils avaient séjourné. Winslow nous raconte que les Hollandais, en apprenant l'intention qu'ils avaient d'émigrer, les avaient beaucoup pressés de s'établir plutôt dans la Zélande, ou, s'ils voulaient absolument l'Amérique, de choisir sur l'Hudson quelque portion du territoire découvert par le navigateur de ce nom, lorsqu'il était au service de la Hollande. Mais on eut beau les tenter par les offres les plus séduisantes, rien ne put les faire renoncer à leur doux projet de rentrer sous le gouvernement de leur patrie.

Peu de jours les transportèrent sains et saufs à Southampton, en Angleterre, Là, ils s'aperçurent que

ne pas y procéder à la légère, mais à comparer une idée nouvelle avec les vérités dont la certitude nous fut acquise précédemment. Car, dit-il, il est impossible, ni que le monde chrétien ait tout entier vécu jusqu'à ce jour dans la profonde noirceur des ténèbres, ni que la connaissance éclate tout d'un coup dans son entière perfection.

» Une autre chose qu'il nous recommanda, c'est de repousser de toutes nos forces le nom de Brownistes, par lequel le monde vilipende notre foi et ceux qui la profanent. Et pour cela, dit-il, je serais d'avis que vous prissiez un autre ministre que moi, à supposer même que je doive vous rejoindre; et soyez sûrs qu'une fois hors du royaume, tout pasteur non-conformiste (ce qui ne disait pas encore dissident) se trouvera d'accord avec vous, autant que je puis l'être moi-même. Voilà comment il nous exhortait à nous rattacher le plus possible à la portion vivante de l'Église établie, c'est-à-dire pour autant que nous le pourrions sans péché ; car ce qu'il voulait, c'était l'union des fidèles et non leur séparation. — Il nous dit aussi de ne pas tarder à nous donner un second pasteur, attendu qu'un troupeau qui a deux bergers n'en est que mieux gardé. « (Edward Winslow's Brief Narrative.)

88 LA RELIGION EN AMÉIUQUE. UV. II

lecapitainedii ^/^eerftce// répugnai liiconliuuer le voyage avec son petit vaisseau, lis rel)roussèrent donc à Darmouth, puis à Plymoulh, d'oii ils durent envoyer le Speedwell à Londres avec une partie des leurs. Ce fut seulement le 6 septembre que le Mayflower mit k la voile pour l'Atlantique, avec cent passagers. La traversée fut longue et difficile. Un des pèlerins mourut en route, et il naquit un petit enfant ; de sorte qu'ils arrivèrent au même nombre qu'ils étaient partis. Le 9 novembre, ils entrèrent dans le havre du cap Cod, et après avoir mis tout un mois k choisir l'emplacement le plus convenable, ils se déterminèrent pour celui qui porte maintenant le nom de la ville d'Angleterre oi!i ils avaient reçu pour la dernière fois l'hospitalité. Ils prirent terre le 11 décembre, vieux style, ou le 22, suivant la manière actuelle de compter. On montre aux étrangers le roc sur lequel ils posèrent les pieds, monument précieux de leur arrivée. C'est là que commença la colonisation de la Nouvelle-Angleterre.

Le jour avant l'entrée du Mayflower dans le havre du cap Cod, tous les chefs de famille que portait le navire signèrent le document que voici :

« Au nom de Dieu, amen. Nous, soussignés, loyaux sujets de notre redouté souverain seigneur le roi Jacques, par la grâce de Dieu, roi de la Grande- Bretagne, de France et d'Irlande, défenseur de la foi, etc., ayant entrepris pour la gloire de Dieu, pour la propagation de la foi chrétienne, comme pour l'honneur de notre roi et de notre pays, un voyage dans la Virginie-Nord, afin d'y fonder une première

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