‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 44 sur 185 · CHAP. V. LES PREM. COL.— VIRGINIE · texte numérisé non relu

CHAP. V. LES PREM. COL.— VIRGINIE

consacrés au service de Dieu. A côté de l'église paroissiale on voyait la maison du pasteur, de laquelle dépendaient ordinairement deux cent cinquante acres de terrain et quelque peu de bétail. Au temps dont nous parlons, il n'y avait pas la moitié des paroisses qui fussent desservies par des ministres ; les fonctions du culte se faisaient dans les autres par des lecteurs laïques, ou par les ecclésiastiques les plus rapprochés. Mais quand la guerre de la révolution éclata , l'on comptait au moins cent ministres anglicans, dans les quatre-vingt-quinze paroisses de la Virginie.

Nous aurons à reparler de cette église nationale ; nous dirons l'influence qu'elle exerça sur les affaires religieuses et sur l'esprit môme du clergé durant la période coloniale ; je dois cependant exprimer dès ce moment que, si la plupart des ministres de cette époque paraissent n'avoir guère possédé les qualités de leur état, il y en eut quelques-uns au contraire qui l'honorèrent par leurs vertus. Je citerai entre autres les révérends Robert Hunt et Alexandre Whitaker. Hunt accompagna les plus anciens colons, et prêcha le premier sermon anglais que le continent américain ait entendu. Par ses conseils judicieux et calmes, par l'exemple de sa conduite irréprochable et par la fidélité de son ministère, il rendit les plus importants services à la colonie naissante. Quant à Whitaker, c'est avec raison qu'on l'a nommé l'Apôtre de la Virginie. — Plus tard, nous trouvons le révérend James Blair, que ses travaux infatigables, en religion et en éducation, placent au premier rang parmi les bienfaiteurs

de rAmérique. Il ne manqua pas non plus en Virginie (le laïques zélés pour la cause du Seigneur. Tel fut ce Morgan dont les nobles efforts pour le maintien de la piété eurent de si grands succès et auquel on doit l'érection de plusieurs églises. — Enfin , si nous nous rapprochons de nos temps, la Virginie nous fournit un grand nombre (rhomnies distingués, et dans la communion épiscopale, et dans presque toutes les autres communions chrétiennes.

Quant à l'intolérance, la législation de la Virginie égala celle du Massachusets, si même elle ne la surpassa. Il était ordonné, sous des peines sévères, de fréquenter le culle de la paroisse ; la loi rendait môme obligatoire la participation aux sacrements. Les dissidents, les quakers et les catholiques romains ne pouvaient former d'établissement dans la province. Tout individu d'origine non-chrétienne qui mettait les pieds dans la colonie se voyait réduit en servitude. Quelle révoltante barbarie, s'écrie-t-on avec justice! toutefois ces égartîments mêmes des convictions religieuses de ce peuple attestent ce qu'elles avaient de vivacité et de profondeur. Comme quelqu'un l'a dit, « s'ils ne possédaient pas toute la sagesse du chrétien, l'on ne pouvait du moins leur refuser un grand zèle pour la religion. »

Le Maryland, nous l'avons déjà vu, d'abord partie intégrante de la Virginie, fut fondé par le lord Baltimore, pour servir de refuge aux catholiques persécutés. Lorsque, sous la conduite de Léonard Calvert, fils de ce seigneur, les premiers colons débarquèrent

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