CHAP. IX. LES PREM. COL. — PENSYLVANIE
plus grandes et des plus belles de l'Amérique, et le berceau de l'indépendance nationale. Rien de plus libéral non plus que la constitution qu'il rédigea. Se bornant à réserver son veto, en qualité de propriétaire, et les droits de suprématie qui appartenaient à la couronne, il remit au peuple lui-même le soin de nommer les membres du conseil et de l'assemblée, les juges et tous les magistrats inférieurs.
Les premiers émigrants que reçut la Pensylvanie furent en général des quakers ; mais comme il y régnait la tolérance la plus illimilée, on vit arriver des hommes de toutes les croyances, et même des individus qui ne croyaient à rien. Il en résulta que ceux pour qui Penn avait surtout fondé sa colonie ne tardèrent pas d'y être en minorité. La bonne harmonie et la tranquillité publique n'en furent toutefois point troublées. Aucune loi de persécution ne souilla jamais cet heureux pays. L'on y respecta généralement les droits des Indiens, et le meilleur accord régna presque sans interruption entre eux et les habitants de la colonie.
Celle-ci s'étendit insensiblement à l'intérieur, et il ne fallut qu'un siècle pour lui faire atteindre ses limites occidentales. Il va sans dire qu'on vit aussi pendant ce temps s'accroître le nombre des salles oii se réunissent les amis pour célébrer leur culte, tout comme celui des églises appartenant aux diverses communions chrétiennes.
Je ne m'arrêterai pas à faire l'éloge de la moralité bien connue des quakers. Penn fonda sa colonie sur
15^ LA RELItilUN IÎ.S AKlÈliH}VE. LIV. II
la Bible, et c'est à la religion de la Bible qu'elle dut inconleslablenient l'élonnanle prospérité dont elle a joui.
Ici se termine ce que j'avais à dire sur les colonies primitives ; j'entends celles qui, par leurs établissements sur les côtes de l'Atlantique, douncrent naissance à la nation, et posèrent les bases de ses institutions civiles et religieuses, ou , si l'on veut, celles qui eurent pour territoire colonial les pays concédés par les chartes royales. Ce fut, en quelque sorte, le fond du sol sur lequel de nouvelles couches de colonisation vinrent ensuite se superposer. Il me reste à parler des colonies plus récentes qui , réparties entre les premières, n'eurent pas de territoires déterminés. On verra l'influence considérable qu'elles exercèrent sur l'état religieux de l'ensemble, et comment elles furent le moyen dont Dieu se servit pour compléter ce qui, sous ce rapport, manquait à plusieurs des colonies primitives ou territoriales.