‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 67 sur 185 · CHAP. XII. LES PRKM. COL. —FRANÇAIS · texte numérisé non relu

CHAP. XII. LES PRKM. COL. —FRANÇAIS

d'asile aux Huguenots. Même avant que la Hollande cédât celle province à l'Angleterre, nommément en 1656, les protestants français y étaient si nombreux que les actes de la colonie se publiaient en français et en anglais. * Smith, l'historien de cette province, nous ditqu'en 1706 ils formaient, après les Hollandais, la partie la plus considérable et la plus riche de la population de New-York. L'existence de l'église française qu'on y voit encore remonte à une époque fort reculée. C'est assez anciennement aussi qu'elle s'est rattachée à l'église épiscopale, et toutefois le service continue de s'y faire en français.

Ce furent exclusivement des réfugiés de La Rochelle qui fondèrent la ville de ce nom à seize milles au-dessus de New- York, sur la rivière de l'Est. Après la révolution d'Amérique, ils y parlaient encore communém.ent la langue de leurs ancêtres. Le docteur Miller, professeur d'histoire ecclésiastique dans l'école de théologie de Princeton ( New-Jersey ), cite quelques traits intéressants sur les fondateurs de la Nouvelle- Rochelle. Les huguenots de cette contrée avaient, dit-il, leur église à New-York. Il fallait tout leur travail, avec celui de leurs femmes et de leurs enfants, pour tirer parti de leurs terres. Après donc qu'ils avaient poussé leurs travaux jusqu'au samedi soir, ils s'acheminaient de nuit et à pied vers la ville, et quand ils avaient assisté à deux services, ils regagnaient leurs demeures dans la nuit du dimanche, pour se re-

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mettre à l'ouvrage le lundi malin. Heureux de leur position, pourtant si péni])le, ils ne cessaient d'écrire en France combien ils étaient reconnaissants des grâces que Dieu leur avait faites. *

En 1679, Charles II fit partir, sur deux vaisseaux et à ses frais , une troupe de huguenots destinés à la Caroline du Sud, afin d'y cultiver la vigne et l'olivier. Sous le règne de Jacques II, on ordonna des collectes en leur faveur. Le parlement leur vota d'une seule fois un secours de 15,000 livres sterling. L'an 1690, Guillaume III envoya dans la Virginie une colonie nombreuse de réfugiés, que suivirent neuf ans plus tard trois cents familles, puis deux cents et peu après cent autres. En 1782, il n'y eut pas moins de ^eize mille prolestants étrangers qui s'établirent dans la Caroline du Sud; la plupart étaient français.

L'année 1733 , Jean-Pierre Pury, de Neuchàtel , conduisit dans celte même province trois cent soixante-dix familles protestantes suisses, le gouvernement britannique leur ayant accordé 4-0,000 acres de terre et 4 livres sterling, pour chaque émigrant adulte.

Dans quelques-unes des provinces, la législature exempta les protestants français de concourir aux frais du culte établi par la loi. C'est ainsi qu'en 1700 la colonie de Virginie promulgua la loi suivante : « Attendu qu'un nombre considérable de réfugiés français étant arrivés dernièrement dans les colonies et

» Hislory oflhe Evangelical Chnrches of New-York.

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