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suadé, dillerév. Samuel Davies, * qu'on n'eût vu que peu de dissidents en Virginie. Leur opposition ne se dirigea point, au premier moment, contre les rites de cette église, encore moins contre sa confession de foi, mais ils se plaignaient delà prédication qui était assez généralement contraire à la doctrine officielle. En sorte qu'à proprement parler, les dissidents ne s'éloignaient pas delà constitution primitive de l'église anglicane; ils en étaient au contraire les partisans les plus zélés : ils se séparaient seulement de ceux qui étaient infidèles à la foi que tous avaient jurée. »
Avant 1740 il n'y avait, paraît-il, qu'une seule congrégation presbytérienne dans la Virginie orientale, mais il en existait sûrement plusieurs dans la Vallée,où beaucoup d'Ecossais et d'Irlandais avaient émigré depuis la Pensylvanie. On devait y rencontrer aussi des quakers en petit nom-bre, quelques communautés allemandes et des églises baptistes passablement. Celles-ci, bien que jteu considérables et assez dispersées, présentaient peut-être à elles seules une population égale à celle des autres sectes réunies.
Ce fut environ dans ce même temps qu'un laïque,
* « Narrative on the State Religion among dissenters in Virginia.» Le révérend Davies fit un bien immense en Virginie, et ce fut, selon toute apparence, le prédicateur le plus éloquent de son époque.
* Ce qu'on appelle la Vallée, dans la Virginie, est une charmante contrée qui se trouve à l'ouest du premier rang de montagnes dont se compose la chaîne des AUeghanys. Elle traverse presque tout le territoire de l'Etat, du nord-est au sud-ouest, et en se prolongeant dans le Maryland, elle y forme la vallée de Cumberland. C'est la partie la plus fertile du pays.
nommù Samuel Morris , amené à la connaissance du salul par les écrils de Fiavel, de Luther et par l'épîlre de saint Paul aux Galates, offrit à ses voisins, ignorants des choses de Dieu comme il l'avait été luimôme, de se réunir dans sa maison pour entendre la lecture de ses livres favoris. Telle fut bientôt la foule, qu'il fallut bâtir un édifice capable de la contenir. A Fiavel et à Luther, ils ajoutèrent un volume des sermons de Whitfield , nourriture excellente pour ces âmes affamées. En 1743, ils eurent la visite du révérend M. Robinson. C'était un ministre presbytérien que les fidèles de New-Jersey avaient envoyé comme missionnaire dans le Sud. Sa prédication fut d'une grande utilité à nos lecteurs, comme on les appelait. * Il leur apprit à diriger leurs services dans la forme presbytérienne, et plusieurs ministres de cette communion vinrent successivement les édifier. Souvent mis à l'amende, parce qu'ils abandonnaient les assemblées publiques, ces braves gens n'en continuèrent pas moins leurs simples réunions. En 1747, le révérend Davies, dont nous citions tout à l'heure quelques paroles, leur futenvoyé par le presbytère de Newcastle, dans le Delaware. Il résida chez eux jusqu'en 1759, qu'on l'appela à la présidence du collège de New-
* Il se passe maintenant quelque chose de semblable en Suède et en Norwége, où beaucoup de personnes, attirées vers la vérité, se réunissent chaque dimanche par groupes plus ou moins nombreux , afin de lire ensemble la Parole de Dieu et quelques bons livres; supplément nécessaire, hélas! à la pauvre nourriture que les pasteurs leur distribuent.
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Jersey. Pendant ces douze années , et par son influence, il se construisit sept églises dans la Virginie orientale , et dès ce moment le presbytérianisme y fit de considérables progrès. Lorsque la guerre de la Révolution commença, le presbytère de Hanovre formait en Virginie un corps nombreux qui s'honorait de plusieurs prédicateurs vraiment distingués.
A cette même époque , les presbytériens écossais et irlandais avaient vu croître leur nombre dans la Virginie occidentale ; les baptistes encore plus qu'eux : et pourtant les dissidents n'échappaient qu'avec peine aux vexations de l'autorité civile. L'acte de tolérance, promulgué en Angleterre le 28 juin 1687, s'étendait incontestablement aux colonies ; il n'en est pas moins vrai que les non-conformistes ne cessèrent d'y rencontrer l'opposition des magistratures coloniales , presque jusqu'au moment où s'ouvrit le grand drame de la Révolution de 1775.
Les baptistes et les presbytériens en épousèrent unanimement les intérêts; ceux-là surtout. Leurs prédicateurs avaient eu beaucoup à souffrir , et , à tort ou à raison, ils en attribuaient la cause au clergé de l'Eglise dominante. Ils espéraient que la révolution amènerait la chute d'une institution qui leur répugnait, ou plutôt qu'ils avaient en horreur. L'on pouvait donc conjecturer que, sans attendre même la fin de la crise politique , ils ne manqueraient pas de battre en brèche l'église nationale. C'est ce qu'ils firent, et leurs efforts furent couronnés du succès.
On se figure généralement en Angleterre, et peut-
ôlre ailleurs, que l'enliôre séparation de l'Etal et de l'Eglise, en Amérique, fut l'œuvre de Jefferson , le troisième président des Etals-Unis, cet homme qui prit une si grande pari à la lutte , et qui rédigea la déclaration d'indépendance à laquelle se rattachèrent ses concitoyens. Les plus chauds admirateurs de Jefferson ne nous accuseront pas de le calomnier, si nous disons que, dans sa haine violente pour le christianisme, il eût voulu non-seulement retirer à l'église épiscopale l'appui qu'elle recevait de l'Etat, mais encore détruire tout ce qui, dans le pays, ressemblait à une Eglise. Il n'en est pas moins vrai que ce ne fut point lui qui décida l'Etal de Virginie à prononcer la rupture : on le dut aux pétitions et à l'activité des presbytériens et des baptistes.
A peine la guerre fut-elle déclarée, que le synode de New-York et de Philadelphie, alors la plus haute Cour ecclésiastique des presbytériens, adressa aux églises de son ressort une lettre pleine à la fois de prudence et de patriotisme. Les membres du synode y protestaient de leur attachement au gouvernement anglais, tout en manifestant leur sympathie pour une contestation dans laquelle leurs droits les plus chers se trouvaient intéressés. Peu de personnes imaginaient, à cette époque, la manière dont se terminerait ce différend. Mais quand, Tannée suivante, le Congrès publia sa déclaration d'indépendance , les affaires avaient bien changé de face , et les ministres de l'Evangile durent partout se prononcer. Reconnaîtraient-ils l'acte du congrès, ou soutiendraient-ils la
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souveraineté de la métropole? Ce fut alors que le presbytère de Hanovre, enViriçinie, marchant à la tête de tout le clergé américain, se rattacha franchement à la révolution e( s'unit de cœur et d'àrae à la cause de la liberté. Dès sa première session, après la déclaration d'indépendance, ce corps, passablement nombreux et très-influent, fit déposer sur le bureau de la chambre des représentants de la Virginie le mémoire que nous allons transcrire à raison de son importance.
A l'honorable assemblée GÉNÉRALE DE LA VIRGINIE.
Humble adresse du presbytère de Hanovre.
« Les soussignés, mus par les mêmes sentiments qui animent les Etats-Unis d'Amérique, sont décidés à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour assurer le succès de la cause commune. Ils représentent à l'assemblée que, dissidents de l'église anglicane et bien qu'ils se soient toujours efforcés de remplir leurs devoirs de citoyens, ils ont eu jusqu'ici, dans la sphère ecclésiastique, une position qui ne saurait se concilier avec la liberté et l'égalité. Mais aujourd'hui que tant d'actes oppressifs ont mis les colonies dans la nécessité de secouer le joug de la tyrannie, et de se constituer en gouvernements indépendants sur les bases de la justice et de la liberté, nous nous flattons d'être bientôt affranchis des entraves dont l'esprit de domination, les préjugés et le bigotisme avaient embarrassé la machine politique. Nous l'espérons d'autant plus fortement après la déclaration d'indépeni. 18
dance qui, d'un Ion digne, ferme et précis, proclame et garantit les privilèges sociaux et les droits de l'homme. Nous la saluons comme la grande Charte de notre république, et nous sommes persuadés qu'on ne saurait la violer sans compromettre l'existence de tout l'édifice. Nous référant donc à cette déclaration et nous confiant aux sentiments de justice qui vous dirigent, nous demandons de pouvoir librement exercer notre religion, suivant nos consciences. Nous croirions d'ailleurs manquer à ce que nous nous devons à nous-mêmes, comme à ce que nous devons à nos nombreuses congrégations, si nous négligions de mettre sous vos yeux un exposé de nos griefs, afin qu'ils ne se perpétuent pas avec le nouvel ordre de choses.'
i> Il e:5t bien connu que, dans les comtés frontières, lesquels renferment assurément la cinquième partie des citoyens de l'Etat, les dissidents ont eu à porter de pesants fardeaux. Ils ont dû, presque à eux seuls, acheter les domaines destinés aux cures des pasteurs anglicans, leur bâtir des églises et fournir k leurs salaires; car il n'y a là que peu d'épiscopaux pour partager des dépenses qui, après cela, ne profilent'qu'au petit nombre. Ce mal s'étend dans une certaine mesure à tout le pays. Bon nombre de citoyens paient chaque année des impôts considérables pour l'entretien d'un culte dont leurs principes les obligent de s'abstenir. Ne sont-ce pas des violations manifestes de nos droits naturels, et, par une conséquence immédiate, n'est-ce pas une entrave qu'on met à la li-