‹ La religionChapitre 14 sur 30 · Lév. xxyi ; Deul. xxx · texte numérisé non relu

Lév. xxyi ; Deul. xxx

LE PEUPLE HÉBREU

successivement à chaque groupe ; de même que dans une armée les ordres du général arrivent jusqu’aux simples soldats en suivant toute la hiérarchie militaire.

Et après la lecture de chaque loi, tous les Hébreux durent lever la main vers le ciel, prendre ainsi Dieu à témoin de la promesse qu’ils faisaient d’observer cette loi, et dire Anathème à celui qui la violerait. Anathème , c’est-à-dire, malédiction ou malheur à celui qui n’obéit pas à des lois si sages et si nécessaires, que leur violation entraîne à sa suite la ruine et la perte éternelle...

Dieu employait évidemment tous ces moyens extérieurs pour frapper l’imagination des Hébreux et rien ne pouvait y être plus propre qu’une telle cérémonie. C’est ainsi que les choses se passent, au reste, dans la remise des drapeaux aux armées, ou dans la promulgation des constitutions , qui ne sont en réalité autre chose que les lois principales ou premières, sur lesquelles est basée l’existence de l’État.

§ 145. Que Dieu donna des lois nombreuses pour régler le culte qui lui était dû, et établit un Sacerdoce particulier pour le peuple juif.

Cependant les Tables de la Loi ne contenaient que les lois générales, celles qu’on peut considérer comme les lois naturelles, c’est-à-dire comme les conditions mêmes de l’existence de l’humanité, mais Dieu en donna encore une multitude d’autres à son

peuple, les unes pouvant s’appliquer à tout jamais aux sociétés humaines, les autres ayant pour but de conserver le peuple israélite pur et saint au milieu des nations païennes.

D’abord Dieu régla ce qui regardait son culte, il donna le plan exact du temple magnifique qu’il voulait que son peuple lui construisît lorsqu’il serait complètement établi dans la Terre Promise ; ce temple devait être unique, afin de rester comme le symbole visible de l’unité de Dieu, de l’unité de son peuple et enfin de l’unité de la future Église catholique.

En attendant qu’il pût être construit, Dieu ordonna de lui faire, en bois précieux, une espèce de petit temple portatif, recouvert de lames d’or, surmonté de deux chérubins... On l’appela Y Arche cV alliance, parce qu’il était un signe ou un mémorial de l’alliance de Dieu avec son peuple ; les Tables de la Loi et un vase plein de manne y furent déposés.

Mais des lois ne seraient pas observées si un homme ou des hommes constitués en dignité et possédant une autorité et une force suffisantes n’étaient pas là pour les rappeler d’abord et ensuite pour contraindre les récalcitrants. Or, nous l’avons vu plus haut, Dieu avait, dès le commencement, établi un Sacerdoce, c’est-à-dire une réunion ou Corps d’hommes séparés du peuple, entièrement consacrés à l’enseignement de la Religion, et chargés d’offrir les sacrifices... Mais ce Sacerdoce premier devait durer jusqu’à la fin du monde, puisque nous verrons le Sauveur établi prêtre

LE PEUPLE HÉBREU. 295

selon P ordre de Melchisédech. Or, le penple juif ne devait durer que jusqu’à la venue du Messie, il fallait donc un nouveau Sacerdoce destiné à disparaître dès que Jésus-Christ viendrait rétablir le Sacerdoce éternel. Dieu choisit pour cette fonction Aaron, un frère de Moïse, et la tribu entière de Lévi fut chargée du culte, à l’exclusion de toute autre personne.

La tribu de Lévi, avec le Grand prêtre à sa tête,

formait une véritable société ou Eglise enseignante, figure vivante de l’Église actuelle, et afin de rendre ses prêtres plus indépendants, Dieu assura leur existence par un impôt que chaque tribu était obligée de leur payer1.

Les quatre livres de l’Ecriture Sainte qu’on appelle l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome sont pleins des règlements détaillés que Dieu donne à Moïse sur les fonctions sacrées des lévites et sur les Sacrifices ; et si l’on veut les étudier avec intelligence, on y retrouve facilement les germes ou les figures de toutes nos cérémonies religieuses actuelles et de nos fêtes principales.

Nos Pâques se font à peu près à la même époque que celle des Juifs; notre fête de la Pentecôte était, chez eux, la fête des Tabernacles ou Tentes , appelée ainsi, parce que chaque année, pendant huit jours, les Israélites quittaient les villes et allaient habiter sous des tentes, pour perpétuer le souvenir de leur

délivrance de l’Egypte2. Nous avons surtout à

Page 1