P. Lacordaire, 32° conf
JESUS-CHRIST
route... Etonnée, elle dit au patricien, qui était de ses parents : « Vous ayez cru sans doute que cet esclave était quelque dieu caché sous la figure d’un mendiant pour éprouver le cœur des mortels? — Non, répond le jeune Romain, f ai cru que c était un homme 1. » L’on verra bientôt ces riches patriciennes, qui ne marchaient qu’appuyées nonchalamment sur les épaules de leurs esclaves, se lever dès le grand matin, s’agenouiller humblement dans les églises, rechercher les pauvres dans leurs masures, les servir dans les hôpitaux, panser leurs plaies, et le plus beau titre sera celui de servante des pauvres. Et ce n’est pas étonnant, puisque Jésus-Christ a dit qu’il considérerait comme fait à lui-même, tout ce qui serait fait pour le moindre des hommes. — Quand est-ce que nous vous avons nourri , logé , consolé , visité , ô Seigneur ? En vérité , je vous le dis , toutes les fois que vous avez fait ces choses pour le plus petit d’entre vous , vous les avez faites à moi-même .
En résumé, le chrétien devra se croire le véritable enfant d’un Dieu ou Père infiniment bon, et tous ses efforts devront tendre à se rendre semblable à ce Père Très-Saint qui, Lui-même, l’y invite et l’aide en lui prodiguant tout ce qu’il possède, tout ce qu’il est... Et tous les actes de Religion, toutes les dévotions, toutes les privations ou pénitences, toutes les cérémonies du culte, ne devront pas avoir d’autre but, que d’élever le cœur de l’homme et de le détacher de plus en plus de lui-même, de ses désirs, de ses