‹ La religionChapitre 26 sur 30 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Arrivé au terme de ce long travail dans lequel, tenant toujours fermement d’une main notre Foi, de l’autre notre raison, nous avons pour ainsi dire remué le ciel et la terre, et sondé tous les secrets de l’âme et du cœur, afin de nous pénétrer si fortement et si intellectuellement de la Vérité, que rien ne puisse jamais l’ébranler en nous, ni la voix de l’erreur, ni les préjugés, ni le souffle des passions, il semble que nous ne devons pas terminer sans jeter un coup d’œil sur le chemin parcouru et sur les choses que nous avons étudiées, afin d’en tracer un tableau que notre esprit embrassera plus facilement, et pourra avoir toujours présent à la pensée comme une espèce de vision intérieure qui sera sa lumière et son guide. C’est ainsi que l’enfant bien né, ne manque jamais à ses devoirs d’affection envers ses parents, parce qu’il a sans cesse présent à sa pensée tout ce qu’ils ont fait pour lui et tout ce qu’il leur doit.

En remontant jusqu’au principe des choses, nous avons d’abord reconnu que par delà toutes les idées de temps et d’espace, existait nécessairement Celui qui est; le Père, source de toute vie, c’est-à-dire I’Être en trois personnes, toutes trois souveraine-

ment parfaites et souverainement heureuses de l’affection qu’elles ont les unes pour les autres. Affection infinie qui est tout sacrifice, tout dévouement, toute charité, et par conséquent tout ce qui se peut concevoir de plus élevé, de plus grand, de plus magnifique, de plus beau et de meilleur...

Mais l’amour de charité est une flamme ardente qui va, s’élève, court sans se lasser, cherchant toujours à aimer davantage, à répandre autour d’elle un bonheur plus abondant. Dieu ou plutôt les Trois Personnes de la Trinité éternelle, unies dans la même pensée d’amour, voulurent donc partager leur bonheur avec de nouveaux êtres qu’elles tireraient du néant, et élèveraient jusqu’à elles, en leur communiquant tous les dons de la grâce.

Dieu est tout-puissant, et cependant il y avait une grande difficulté dans la Création. Pour que ces nouvelles créatures pussent trouver le bonheur vrai dans l’amour de reconnaissance et de charité, il fallait qu’elles fussent avant tout douées de cette liberté morale sans laquelle il n’y a pas d’affection possible. Mais des êtres libres peuvent s’éloigner de Dieu et du bien, et cela est le mal ; or, pour un être créé à l’image de Dieu et immortel, le mal est nécessairement le malheur, et le malheur éternel.

Alors l’amour infini a fait ce que fait tout amour, ce que fait sans cesse le double amour paternel et maternel. 11 s’est tout entier sacrifié pour nous ramener au bien et par le bien au bonheur. Dieu, le Verbe tout-puissant, s’est abaissé jusqu’à nous, sa créature ; Il s’est jeté dans nos bras, a partagé toutes

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