ÉPILOGUE
nos faiblesses, toutes nos misères; Il a été jusqu’à mélanger son sang divin à notre sang, sa vie divine à notre vie en se donnant en nourriture à nous dans la sainte Eucharistie, et enfin, comme désespéré et ne sachant plus que faire pour émouvoir notre cœur et nous attacher à Lui, Il est mort dans les humiliations et les tourments. Telle est en deux mots l’histoire de la vraie vie, de la vie infinie.
De ce fait immense qui tient aux entrailles de l’humanité et se lie avec la trame des événements du monde, il ressort que la Religion est tout entière une question d’amour, de bonté, de générosité, de reconnaissance, de vie, de mort, d’honneur en quelque sorte, et que, par conséquent, loin de la considérer comme un épisode de l’histoire, un moyen plus ou moins efficace de civilisation, quelque chose d’accidentel et de secondaire que l’on peut reléguer au second plan, il faut au contraire la con sidérer comme l’âme et l’essence de la vie, comme la chose sacrée , B es sacra , sans laquelle rien ne s’explique, rien ne vaut, rien n’arrive à une conclusion.
Nous ne sommes donc pas plus libres de laisser de côté la Religion, que l’homme d’État n’est libre de laisser de côté un événement public, ou plutôt qu’un fils, arrivé à sa majorité, n’est libre de laisser de côté son père et sa mère, en leur disant avec un affreux sourire: « Moi, que vous dois-je? je ne vous ai pas demandé la vie, vous me l’avez donnée; peu importe ! Allons chacun de notre côté!... » Ainsi en est-il entre Dieu et nous. Dieu a fait le
premier pas, Il est là, c’est Jésus-CHRisT. Nous savons son Nom... N’oublions pas que pour le cœur l’indifférence est pire que la haine.
Nous élevant au-dessus des choses qui passent et embrassant par l’espérance les siècles infinis de l’avenir, sachons terminer par l’humble prière qui se récitera un jour sur notre tombe... « Souvenezvous, ô Jésus, que je suis la cause de tous vos travaux, de toutes vos souffrances; je vous fuyais, vous êtes tombé de fatigue en me poursuivant, et vous vous êtes laissé crucifier pour me sauver.
« Je vous en conjure, Seigneur, mon Dieu, que tant de peines et d’amour ne soient pas perdus, et quand mon dernier jour sera venu, ne me séparez pas de vous, ne me laissez pas périr. »
Recordare, Jesu pie,
Quod sum causa tuæ viæ ;
Ne me perdas illà die.
Quærens me, sedisti lassus;
Redemisti, crucem passus :
Tantus labor non sit cassus.