Act. xvii, 29. Genus ergo cum simus Dei
également se composer de trois personnes, le Père, le Verbe et le Saint-Esprit1.
Aimons cette hardiesse des Saints, qui les fait pénétrer jusque dans les entrailles du cœur de Dieu, converser avec lui, comme avec un ami, s’extasier sur son amour et se jeter avec confiance dans ses bras, comme l’enfant se jette dans ceux de son père, parce qu’il sait que là il trouve un cœur semblable au sien, un cœur qui puisse le comprendre et l’aimer... et c’est là ce qui est la vraie vie.
§ 24. Que Dieu ainsi compris doit être l’objet de notre
admiration.
Admirable mystère des choses qui répond aux rêves et aux aspirations les plus élevées de notre cœur, et aux objections les plus orgueilleuses de notre intelligence. Dieu, l’Etre qui est, qui a toujours été, YEns a se , Y absolu des philosophes, cet Etre nécessaire, qu’il faut forcément reconnaître, sous peine de renier la raison, n’est pas un Être impassible et immuable , se complaisant dans sa toute-puissance, et gouvernant le monde du haut de sa grandeur, sans que nos malheurs puissent l’atteindre et troubler sa sérénité... Il est, au contraire, un cœur, ou plutôt trois cœurs ou trois Personnes unies par la plus profonde des affections, se devant tout l’une à l’autre, s’oubliant chacune pour les deux
1. S. Hilaire. D. Min. iv. Per hoc quod homo dicitur ad imaginera Dei factus, ostendit pluralitatem divinarum personarum.
LA TRÈS SAINTE TRINITÉ
autres, et trouvant toutes trois leur bonheur dans l’éternelle et réciproque effusion de leur amour.
En un mot, Dieu est famille, la Famille éternelle, si toutefois il est permis de se servir de cette expression, en parlant de la Majesté infinie \ 11 est cette admirable société ou Unité formée par trois êtres ou cœurs vivant l’un pour l’autre, et de la vie les uns des autres, ayant chacun leur personnalité, tout en n’ayant cependant qu’un nom, qu’une nature, qu’une demeure, qu’une puissance, qu’un cœur, qu’une volonté, confondant ainsi leurs trois existences en une seule, et s’aimant d’un tel amour qu’on a pu dire que la Très Sainte Trinité était comme un père, une mère et un fils qui s’aimeraient tellement que par amour ils se feraient tous trois crucifier l’un pour l’autre!... N’est-ce pas, au reste, ce qui est apparu un jour, au monde, dans la Personne du Verbe, se faisant homme et mourant dans les supplices, pour révéler aux créatures égarées l’immensité de l’amour et de la miséricorde de Dieu son Père.
Aussi, résumant en un mot toutes les perfections infinies, saint Thomas d’Aquin a-t-il dit que Dieu est un acte pur cl'amour , c’est-à-dire que la vie divine est un pur élan de cœur et de dévouement, élan toujours le même, toujours infini, embrassant tout, ne laissant rien à aimer, rien à bénir. Éclair continu de
1. La Trinité n’est que la famille Divine, famille, dont l’éternelle union a toujours reposé sur l’éternelle affection, de la puissance, qui est le Père, de la sagesse, qui est le Verbe, et de l’amour, qui est le Saint-Esprit. Blanc Saint-Bonnet. (Unité spirituelle.)
bonté, illuminant et vivifiant le monde des âmes et des cœurs. « L'amour est fort comme la mort et ses lampes sont clés lampes de feu et de flammes , et les grandes eaux des tribulations n ont pu éteindre sa charité », est-il dit au Cantique des cantiques et- l’on sent que les mots manquaient à l’écrivain sacré pour exprimer ce qu’il sentait de Dieu.
§ 25. Que l’orgueil humain est obligé de se taire et de s’incliner devant une telle conception de Dieu.
Après une telle explication, on se demande vraiment quelles objections peuvent être faites à l’existence d’un Dieu éternel et à l’existence de sa Providence paternelle, car si la raison la plus orgueilleuse et la plus jalouse se révolte contre cette supériorité infinie qui semble l’écraser, Dieu peut lui répondre : « C’est vrai, j’existe par moi-même et je suis le seul Éternel, le seul Infini, le seul Tout-Puissant; mais ce n’est pas pour moi, car ma nature et ma perfection sont de répandre la vie et le bonheur ; ma Puissance infinie ne s’exerce que pour le bien ; ma Gloire est d’être bon et de faire des heureux, et si vous, que j’ai créés à mon image, vous voulez être bons vous-mêmes , et devenir ainsi semblables à moi, votre Dieu et Créateur, vous partagerez ma vie, ma puissance et mon bonheur; vous entrerez dans la vie divine et serez assis à ma droite1.»
1. S. Jean, xiv, 23. Si quis diligit me, sermonem meum servabit, et ad eum veniemus et mansionem apud eum faciemus. — Id. , xv, 10. Si præcepta mea servaveritis,manebitis in dilectione mea sicut et ego Patris mei præcepta servavi, et maneo in ejus dilectione*
LA TRÈS SAINTE TRINITÉ
Oui, Dieu est toute Bonté, c’est pour cela que les Saints oublient tout pour Lui, tombent en extase à la seule pensée de cette immense bonté... « 0 Bonitas, Bonitas, » répétait sans cesse saint Bruno, errant à travers les solitudes de la Chartreuse. « 0 Déité, inneffable Déité, s’écriait de son côté sainte Catherine de Sienne... Bonté Suprême, Amour incompréhensible, qui par amour seulement, nous avez fait à votre image et ressemblance, vous m’appelez votre fdle, et moi je puis vous dire : « Mon Père,... ô « Abîme de charité, c’est surtout par l’effusion « de votre sang, que nous avons vu votre puis-
« sance... »
Il ne nous reste donc, sur la terre, qu’à adorer profondément et à aimer de tout notre cœur cette divine Trinité du Ciel, abîme de toutes les perfections et de toutes les vertus, source de tout bien, de tout bonheur, et vivant les yeux tournés vers Elle, nous écouterons l’admirable concert d’amour formé par les élans infinis de bonté, de tendresse et de vertus qui sont sa vie. Nous sentirons s’échapper d’Elle, comme des rayons ardents qui nous échaufferont, nous éclaireront et nous donneront la pensée, le goût et la force de nous plaire dans les choses élevées, dans le bien.
Et quand nous prierons, nous mettant en esprit aux pieds des Trois Personnes Divines, nous aimerons à aller de Lune à l’autre, comme dans une famille on va du père à la mère, de la mère au fils. Nous irons au Père comme à la Grandeur, à la Majesté, à la Toute-Puissance. Au Verbe comme à la
Bonté, à la Miséricorde, à l’Amour. Au Saint-Esprit comme à la Lumière et à la Force.
Et nous, pourrions-nous terminer ce long et trop aride exposé de la vie intime de Dieu, sans élever aussi notre cœur vers Lui, et sans Lui demander peut-être pardon d’oser ainsi écrire sur ses grandeurs et sur ses perfections infinies; car, ô mon Dieu, c’est avec des chants et des harmonies qu’il faudrait raconter vos œuvres, votre amour et vos miséricordes. Mais la pensée se perd, comme dans un océan sans rivages, dès qu’elle cherche à vous concevoir... Elle entrevoit des choses merveilleuses qu’elle ne peut exprimer, des choses comme celles que se murmurent dans le silence les âmes qui s’aiment, des choses douces comme la tendresse de nos mères et le regard de nos sœurs, aimables comme le cœur de l’ami... Mais si nous ne pouvons que bégayer en parlant de Vous, vous sourirez encore à ce bégayement comme la mère sourit au bégayement de son enfant.
DE LA CRÉATION
26. Que Dieu peut créer ou qu’il est facile de résoudre les objections contre la Création.
De toute éternité était donc cet Etre éternel, infini et nécessaire, que tous les peuples appellent du nom sacré de Dieu et adorent avec amour ou tremblement selon qu’ils le connaissent tel qu’il est, ou tel que leurs passions se le représentent.
Quant à nous, parfaitement éclairés sur la nature de ce Dieu très bon, nous nous plaisons à l’appeler surtout du nom béni de Père, et nous savons que c’est Lui, et Lui seul qui a créé toutes les choses visibles et invisibles, qu’il en est le Seigneur, la Providence et la vie, et que tout ce qui existe n’existe que par sa volonté toujours active, toujours vivante 1 .
Cependant, comme à toutes les époques, la raison humaine a élevé de grandes difficultés contre la croyance à la Création directe du monde par Dieu ; nous avons d’abord à résoudre ces difficultés.
Comment admettre, a-t-on dit, que Dieu parfait de
1. Tout est causé, dit M. Nicolas (Êt.phil.). Dieu seul est cause de tout, Dieu seul est, tout le reste existe, or exister veut dire être par un autre, du mot, ex-sisterc, sistere-ex. Les mots disent beaucoup, car ils résument la sagesse des siècles et la science des origines.
toute éternité, et jouissant delà plénitude delà vie et du bonheur, a tout à coup changé? Qu’est-ce que cette apparition du temps à travers l’immuabilité de l’éternité? Quand ce temps a-t-il commencé ?... Qu’est-ce que cet espace créé dans le rien, dans le néant?... Pourquoi Dieu a-t-il attendu si longtemps pour créer? Peut-il ainsi se modifier, croître ou diminuer?
Il y a quinze siècles, saint Augustin se posait déjà ces questions ; ce sont encore elles qui tourmentent notre époque et c’est devant elles que viennent échouer un grand nombre d’esprits qui, ne pouvant comprendre ce changement subit dans l’Infini, adoptent facilement l’éternité de la matière ou se contentent de vivre sans savoir ni pourquoi ni comment1.
§ 27. Que la raison nous dit qu’il y a des choses vraies et que cependant nous ne pouvons comprendre.
Avant d’aller plus loin, il faut d’abord nous résigner à reconnaître deux choses ; la première que les notions d 'infini etd’c7c;vic/écbappent nécessairement à notre compréhension ou entendement, et il est facile de nous en convaincre. Imaginons une ligne ou une route très longue : nous est-il possible de nous représenter cette route sans un point où elle commence et un point où elle finisse? Pas le moins du monde. Notre esprit se perd de suite, il sent qu’il
d. Cité de Dieu, xn, 4. Sed qui placuit Deo æterno tune facere cœlum et terram, quæ autem non fecisset... etc...
DE LA CRÉATION
est comme dans le vide, il ne saisit plus rien.
Il en est de même pour l'espace... l’espace, c’està-dire ce milieu dans lequel se meuvent les corps célestes, est-il fini ou infini ? La raison nous dit vaguement que ce qui est matériel ne peut être infini et cependant, d’un autre côté, nous ne comprenons pas comment l’espace serait fini. Qu’y a-t-il apres les étoiles ? de nouveaux espaces, dira-t-on. C’est bien, mais après ces espaces ?... S’il y a toujours de nouveaux espaces, alors l’espace est infini... Mais on dit qu’il ne l’est pas, or, s’il ne l’est pas, nous ne comprenons pas du tout comment il n’y aurait pas d’espaces après les dernières étoiles, pas plus que nous 11e comprendrions un mur de clôture derrière lequel il n’y aurait pas un autre terrain... Le même raisonnement s’applique à la notion d 'éternel.
La seconde chose que nous ne pouvons comprendre, c’est le comment des choses, et il est facile de le reconnaître. Qui a jamais su comment le pain se changeait en notre sang, en notre chair, en nos os ; comment il donne la croissance et la force à notre corps? Qui a jamais su et saura jamais comment le mélange de certaines substances inertes produit des explosifs plus ou moins terribles ? Qui a jamais su pourquoi le thé et le café empêchent de dormir, tandis que l’opium fait tout le contraire?... Le savant reculera la difficulté, expliquera que ces substances agissent de telle ou telle manière sur les nerfs... Mais comment agissent-elles ainsi, tandis que d’autres agissentautrement?... Impossible à qui que ce soit de le dire... Et il en est ainsi de tout ce qui
se passe autour de nous, cle tout ce que nous appelons la nature . Comment le fumier fait-il pousser dans le même terrain mille végétaux et fleurs de parfums et de couleurs variés ?... Comment un grand arbre peut-il pousser d’un germe imperceptible contenu dans sa graine ?...
Et c’est contre cette prétention de l’homme à savoir le comment des choses que Dieu s’élève avec tant de magnificence, dans la réponse qu’il fait à Job: Allons , lève-toi , je f interrogerai et tu me répondras. Pourrais-tu me dire où tu étais quand je jetais les fondements de la terre? Connais- tu sa mesure et sur quelles bases elle repose ? As-tu pénétré dans les abîmes de la mer ? Sais-tu d'où viennent la neige et la grêle , la chaleur et le froid?... Et Dieu continue ainsi pendant plus de cent versets, et non sans un certain air de dérision bienveillante, semblable à un père qui plaisanterait son fils de six à sept ans venant sérieusement l’interroger sur ses affaires, sur ses spéculations, sur les moyens par lesquels il pourvoit aux dépenses de sa famille, etc.
§ 28. Que si nous ne pouvons savoir le comment des choses, nous pouvons en savoir le pourquoi.
Si nous ne pouvons savoir le comment du moindre des phénomènes qui se passent continuellement sous nos yeux, nous ne pouvons donc pas demander commenté monde a été créé de rien, comment le temps a commencé, comment l’espace est apparu... Mais si nous ne savons pas le comment des choses, nous
DE LA CRÉATION
savons sur elles quelque chose de mieux, nous savons leur pourquoi, c’est-à-dire leur raison d'être , le motif pour lequel elles existent ou ont été créées, ce qui est certes bien plus important et plus intéressant que le comment , car le pourquoi touche aux choses du cœur, aux choses morales... C’est des pourquoi que dépendent les sentiments d’amour, de reconnaissance, d’admiration... etc.
Peu m’importe de savoir comment mon père peut faire tel travail, mais il m’importe beaucoup de savoir pourquoi il le fait, et si je sais qu’il le fait afin de pouvoir me tenir plus longtemps à l’école, ou payer les frais de ma dernière maladie, oh ! alors, je sens que je l’aime davantage et que je dois faire tout ce que je puis pour lui être agréable. Et il en est de même pour tout. Je ne sais pas comment l’opium fait dormir, mais je sais qu’il fait dormir, probablement parce que Dieu a jugé bon qu’il y ait une substance qui calme au besoin les douleurs de l’homme et l’aide à se reposer... de même qu’il était bon qu’il pût trouver parfois un peu d’entrain dans le café, le thé, le vin, etc.
Ainsi en sera-t-il dans tout ce que nous allons étudier. Si nous ne savons pas comment Dieu a créé, nous savons pourquoi et cela doit nous suffire et pleinement contenter notre raison, et surtout notre cœur, et le cœur c’est tout l’homme, comme c’est tout Dieu : l’intelligence et toutes les autres facultés n’étant, on peut le dire, que les servantes du cœur, ou les instruments dont il se sert pour arriver à discerner ce qu’il doit faire ou ne pas faire, aimer ou ne pas aimer.
§ 29. Qu’on ne peut discuter sur l’époque de la Création.
Ce qu’il faut d’abord bien comprendre, c’est que dans ce qui est éternel il n’y a ni avant, ni après, ni tôt, ni tard, car il est bien évident qu’on ne peut mesurer un temps qui n’a pas de commencement, pas plus qu’on ne pourrait mesurer un fil dont on ne tiendrait pas le bout.
On ne peut donc demander pourquoi Dieu a attendu pour créer. Il aurait créé le monde cent millions d’années avant le moment où il l’a créé, que ce n’eût pas été le créer plus tôt , c’est-à-dire à un moment plus rapproché du commencement de l’Éternité, puisque l’Éternité n’a point de commencement. Du moment où l’on touche à l’infini, il ne peut plus être question de quantité ni de diminution ou d’augmentation; c’est ainsi qu’en mathématique toutes les opérations sont suspendues ou nulles dès qu’on élève les nombres ou les puissances à l’infini. Que l’on multiplie par l’infini les nombres 20 ou 100 000, on aura toujours pour produit l’infini. Que l’on divise l’infini par 3 ou par 100,1e quotient sera le même et enfin l’on ne peut additionner des infinis, puisqu’il n’y a nécessairement qu’un infini, et l’on ne peut pas non plus rien enlever à l’infini, ou plutôt ce qu’on lui enlèverait ne le diminuerait pas, puisqu’il est l’infini.
Dira-t-on que l’Eternité est un simple rêve de notre imagination et que c’est le temps qui existe et non l’Éternité? Mais alors, si on admet que le temps
DE LA CREATION
a commencé, on peut demander ce qu’il y avait avant le temps. D’autres temps, dira-t-on. Mais avant ces temps, il fallait nécessairement qu’il y eût encore d’autres temps, car s’il n’y avait rien eu avant le temps, alors le temps n’aurait pas pu commencer, car le rien ne peut rien faire ni rien devenir , comme nous l’avons vu plus haut ; or des temps ayant toujours succédé à d’autres temps sont l’Éternité.
On le voit, la pensée se perd aussi bien dès qu’elle touche à la notion de temps , que lorsqu’elle touche
h la notion d’ Eternité. Est-ce une raison pour qu’il n’y ait ni temps ni éternité ? Pas le moins du monde, car alors il faudrait dire aussi qu’il n’y a rien, et tomber dans le scepticisme le plus absurde, douter de sa propre existence, croire que tout est un rêve, et encore y aurait-il une chose dont nous ne pourrions douter, c’est que nous doutons ; or pour douter il faut exister, donc nous ne pouvons douter de notre existence.
Mais nous ne pouvons exister que dans le temps ; la certitude de mon existence me donne donc également la certitude de l’existence du temps, et du même coup la certitude de l’Éternité, puisque le temps qui se mesure n’aurait pas pu commencer à être s’il n’avait pas été précédé de l’Eternité qui ne se mesure pas.
La liaison, sous peine de se renier elle-même, doit donc adopter le temps et l’éternité, avec tous leurs mystères. Au reste, notons-le une fois pour toutes, si la raison veut être de bonne foi et être vraiment la raison, elle doit reconnaître qu’il est
nécessairement des choses qu’elle ne peut comprendre, et qui cependant existent... Or, entre ces choses, sont au premier rang les idées d’infini, d’éternel, de temps, d’espace, qui, tout en étant des réalités , échappent cependant complètement à notre appréhension. Comme le dit saint Augustin « c’est un grand effort et bien rare de s’élever, par la puissance de la raison, au-dessus de toutes les créatures dont l’observation a reconnu la mutabilité, jusqu’à l’immuable substance de Dieu et d’apprendre, de lui -même, que toute la nature qui n’est pas lui , n’a pour auteur que lui seul 1 » .
Mais nous, sachant nous servir de notre raison, dans les limites et selon les lois de sa nature, nous ferons cet effort, et, laissant de côté les difficultés insolubles, nous admettrons pleinement la possibilité de la Création. Et si nous ne savons pas et ne pouvons pas savoir comment le temps a commencé, et comment Dieu est tout à coup sorti de son repos éternel pour créer, nous savons pourquoi , et c’est ce pourquoi qui va nous éclairer dans toute la suite de cette étude.
§ 30. Que la bonté de Dieu explique la Création et en est la raison ou le pourquoi.
Dieu, nous l’avons démontré plus haut, est infiniment bon, et c’est sa bonté qui surpasse tous ses autres attributs. Or être bon, qu’est-ce, si ce n’est