‹ La religion chinoiseChapitre 29 sur 47 · APPENDICES · texte numérisé non relu

APPENDICES

Nous ajouterons quelques renseignements sur l'état des sociétés religieuses existant en Chine en dehors de la religion nationale et qui n'y ont pas encor.; acquis leurs lettres de grande naturalisation.

APPENDICE I l'islamisme chinois

Il y a des musulmans en Chine, et l'islamisme, de toutes les religions non chinoises, est celle qui, après le bouddhisme, s'est propagée avec le plus de succès. Du XI' au xvii* siècle de notre ère, il y eut des immigrations musulmanes assez considérables, venues de la Perse et de la Tartarie, chassées par la guerre ou la proscription, et qui s'établirent dans les provinces du nord-ouest. Sous les Tang le gouvernement impérial recourut à leurs services et à ceux di; leurs coreligionnaires de Mongolie pour dompter dos rebellions. Leur nombre s'accrut depuis lors au point que, dans cette région du nord-ouest, ils forment souvent le tiers de la population. Ce ne sont pas les sujets les plus paisibles de l'empire. Ils sem-

blent avoir gardé de l'orthodoxie musulmane la conviction que le pouvoir temporel n'est légitime que s'il est aux mains des vrais croyants. Ils sont donc aisément poussés à la révolte, et peu s'en est fallu, il y a un certain nombre d'années, qu'ils détachassent des provinces entières de l'empire pour en faire im royaume musulman.

Us se sont répandus dans le centre et dans le sud de la Chine (1), où ils ont fait, paraît-il, de nom* breuses conversions. Toutefois le gros des Chinois persiste à les considérer comme des étrangers et refuse de s'allier à eux par le mariage. Ils se distinguent par leur aversion contre la chair de porc et contre l'idolâtrie. Ils appellent leurs mosquées « temples purs et vrais », tsing-chin-Ssa. Le nom de Dieu qu'ils préfèrent est C/iou, « Seigneur » ou Chin Chou, « vrai Seigneur ». Ils sont circoncis. Mais tous les témoignages concordent aies représenter comme les moins rigides des musulmans. Ils négligent pour la plupart les prières quotidiennes. Il est très rare qu'il s'imposent le pèlerinage à la Mecque. Ceux d'entre eux qui parviennent à des fonctions publiques se soumettent sans scrupule aux rites foncièrement païens de la religion de l'Etat (2). N'est-ce

(1) n existe un nombre considérable de musulmans dans la région limitrophe de nos nouYelles possessions d'Indo-Ghine, et c^est an fait que nos négociateurs ne doiyent pas perdre de vue. Si le musulman croit & son droit divin de dominer, il sait faire une distinction très nette entre les pouvoirs infidèles qui méprisent ou persécutent sa foi et ceux qui la respectent et la protègent.

(2) Comp. Thomson, Land and People of China, p. 206, — Bdkins, Religion in China (texte anglais), pp. 178-180.

pas là une preuve nouvelle de cette ténacité de l'esprit chinois qui ne manque jamais de modifier à la longue, dans un sens conforme à ses tendances particulières, les éléments les plus réfractaires ? Le fait est qu'il s'impose ainsi à la moins malléable des religions et que le musulman chinois serait presque toujours un sujet de scandale pour ses coreligionnaires du Caire, de Bagdad ou du Maroc.

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