LE JUDAÏSME CHINOIS
II y eut aussi, et môme il y a encore, des juifs en Chine, sans parler des juifs européens amenés par le commerce dans les ports ouverts aux étrangers. Du moins il existe encore une petite colonie juive, d'environ deux cents membres à Kaé-foung-fou sur le Hoang-Ho (Fleuve jaune) dans la province du Honan. Us doivent avoir été plus nombreux autrefois, bien que leur chiffre n'ait jamais dû être bien élevé. Ils prétendent que leurs ancêtres sont venus s'établir en Chine sous les Han de l'an 200 avant notre ère à Tan 220 après J.-C, et qu'ils furent renforcés par des émigrants sortis de la Perse. Ces dates paraissent très mal établies; ce qui est certain, c'est que le sol chinois ne leur a pas été favorable, et ils n'ont pas non plus échappé à l'action transformatrice de l'esprit chinois. Ils s'appellent eux-mêmes les a Circoncis », Tiou'Kirt'Kiou^ et portent un turban bleu. Ilspossè-
dent des exemplaires du Pentateuque et ils font profession d'un grand respect pour la Loi et Tinstitution du Sabbat. Mais ce respect est théorique plus que marqué dans leur vie. L'hébreu parmi eux est complètement oublié. Le dernier qui sût encore le lire est mort il y a plus d'un siècle. Pour désigner Dieu, ils se servent du mot chinois Tien, « le Ciel », et pas plus que les Chinois ils ne se préoccupent d'établir une distinction claire entre le Ciel visible et le Dieu créateur. Leur morale est toute imprégnée d'idées chinoises, et ils ont à peu près perdu les traditions juives relatives à la vie future et au règne du Messie (1).
APPENDICE m